L’Atelier d’Ymen Ben Rhouma célèbre le déconfinement avec son exposition d’été intitulée «De Toute Pièce»

L’Atelier d’Ymen Ben Rhouma célèbre le déconfinement avec son exposition d’été intitulée «De Toute Pièce»

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Du 11 au 18 juin, de 11 heures à 19 heures, L’atelier «Y» a célèbré le retour de l’été et le déconfinement avec une exposition intitulée «De Toute Pièce».

Trois artistes Sana Chamekh, Younes Ben Slimane et Ymen Berhouma, se confient et dévoilent leurs œuvres créées ces derniers mois en s’interrogeant sur la place que l’art occupe dans nos vies et nos villes. L’on pourrait rajouter dans nos vies puisque nous venons de traverser une période inédite, ayant été confinés, comme le reste de la planète, pendant deux mois, pour cause d’épidémie de COVID-19.

Ymen Ben Rhouma (c) Edia Lesage

C’est durant cette période pour le moins particulière que l’on se réfugie dans des fondamentaux. Pour certains, le retour à la nature, à la terre. L’urgence d’assister au printemps et à la continuité du cycle des saisons. Pour d’autres le retour vers sa famille, afin de traverser cette période «ensemble» entourés de ceux que l’on aime. Ce n’est pas pour autant que nous avons consommé moins d’électricité : internet a très bien marché et les réseaux sociaux se sont remplis d’évènements en ligne, de visites de musées, d’expositions, de festivals …

Le vernissage de l’atelier «Y» était une excellente occasion de se retrouver «dans la vraie vie». Plus qu’une exposition, une communauté de personnes, éprise d’évasion s’est retrouvée dans le patio de cette petite maison, aux allures d’Agora miniature où l’on était heureux …de se retrouver. Voilà les habitués en train de faire des présentations. Certains sont encore «éblouis» comme sortant d’une léthargie imposée par le confinement. On se croise, on se décroise. On s’embrasse. On se présente encore.

Autour du patio de plus en plus bruyant, Ymen Berhouma montrait une série de tableaux, « la parenthèse fleurie », dans un petit salon cosy au fauteuil voltaire fatigué et à la commode d’époque. L’impression d’être dans un autre temps, dans une faille temporelle, avec ces natures mortes si vivantes aux couleurs passées ornées d’un bouquet de fleurs séchées.

Dans la pièce d’à côté, Younes ben Slimane, de noir et blanc vêtu, présente dans un espace immaculé des photographies intitulées «horizons»: une série de photos(…) où les paysages se détachent de leur réalité et les horizons se révèlent à peine .Attendre . Mais attendre quoi … L’avenir est incertain et ces photographies à la scénographie léchée en témoignent. Au centre, un bel écran noir.

C’est que «All come from dust» y tourne en boucle. Il est Tanit d’or aux JCC 2019 mais peu connu du public. Ce documentaire si court et si dense , du même artiste architecte et vidéaste, épris d’histoire et de philosophie raconte , à travers des images surannées et dans une atmosphère de fin du monde , le quotidien d’un briquetier de Tozeur . «Jaime à penser que dans cette apocalypse que l’homme provoquera, il y en aura toujours un pour se saisir de la terre pour en faire une brique et se mettre à reconstruire le monde» dit-il, persuadée qu’un lien organique nous lie à l’argile dont nous sommes fabriqués.

La pièce attenante, dans une lueur colorée montrait les œuvres de Sana Chammakh. «Ces œuvres représentent des sentiments que j’ai traversés afin de trouver ma guérison en tant que femme dans cette société qui essaie de me façonner dans ce qui fonctionne le mieux pour son image ». L’époque exacerbe les inégalités et accentue les stéréotypes.

En partant, l’on croise le regard enfantin d’une petite fille immortelle qui nous fixe de ses yeux rêveurs.

Adresse : atelier « Y ». La Marsa

 

 

 

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