Les palais beylicaux, un patrimoine à conserver

Les palais beylicaux, un patrimoine à conserver

ÉCRIT PAR Amine Rouissi

Mettant en lumière le patrimoine architectural tunisien tunisien, l'association célèbre le mois du patrimoine par un cycle de débats à distance. L'organisme créé en août 2015 mêlant la recherche scientifique et l’action citoyenne s'associe avec le Laboratoire d’archéologie et d’art Maghrébins de Mannouba LAAM pour organiser 'بنية و حكاية '. Une série de sessions passionnantes en perspective avec un premier focus sur le patrimoine beylical.

La célébration du mois du patrimoine présente pour Édifices & Mémoires une opportunité de penser le patrimoine architectural du pays. L’association a lancé le 5 mai la première session de con cycle de débats ‘بنية و حكاية’.

Le premier rendez-vous a porté spécifiquement sur le patrimoine beylical, délaissé et plongé dans l’oubli depuis des décennies sans aucune réflexion sur son avenir. Le projet de Loi intitulé « la loi des Immeubles Menaçant Ruine » en cours d’instruction actuellement justifie le choix de la thématique « Quel avenir pour le Patrimoine beylical dans un contexte économique, politique et juridique en mouvement ». 

Les intervenants étaient Beya Laabidi ,Docteure en Histoire Moderne – LAAM ; Abdessatar Amamou, Chercheur en patrimoine et Adnène Ben Nejma, Architecte spécialiste du patrimoine.

Autrice des ouvrages ‘Villégiatures des Beys husseinites aux environs de la ville de Tunis 1705-1956’ et ‘ Le Bardo, palais et jardins à l’époque husseinite 1705-1957’, Beya Laabidi est docteur en histoire moderne, spécialité sciences de patrimoine et Maître-assistant à La Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités (FLAH) àl’Université de la Manouba.

Au cours de son intervention dressant l’état des lieux, elle précise que les palais de la Médina de Tunis ont été recensés durant les années 70 au nombre de 62. Quant à ceux situés dans les banlieues de la Médina, elle en a personnellement comptabilisé 200 dont seuls 35 subsistent actuellement.

Regrettant la destruction de ce précieux patrimoine, elle rajoute que cette démarche destructrice est planifiée a commencé depuis la colonisation pour récupérer les matériaux de construction. Elle cite l’exemple édifiant de cette situation alarmante le site du Bardo qu’elle compare à une vraie cité.

En effet, il renfermait 22 palais, plusieurs casernes, des Hammem et un marché. Sa quasi totalité a été détruite ne conservant que le musée et l’édifice qui abrite actuellement l’assemblée du peuple et cela en vue d’aménager le port de la ville de Tunis et de garantir rapidement les matériaux de construction. D’autres palais notables à la Manouba ont été détruits pour servir de matériaux pour édifier les demeures de colons français.

Après l’indépendance, la politique de négligence et abandon a perduré d’une manière intentionnelle ou non en réaffectant les palais aux logements sociaux. Cette démarche est illustrée jusqu’à nos jours à Dar El Bey à Hammam-Lif qui reste occupé par plusieurs familles.

Plus d’infos sur Édifices et Mémoires par ICI

Le premier débat en intégralité par ICI

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