Metaxu, l’exposition qui porte un nouveau regard sur Gafsa

Metaxu, l’exposition qui porte un nouveau regard sur Gafsa

ÉCRIT PAR Khadija Djallouli

Présentée au B’Chira Art Center à partir du 29 septembre 2017, l’exposition "Metaxu, poé(li)tique du voisinage" fait suite à la troisième résidence organisée par le projet Under The Sand dans la région de Gafsa.

L’ambition du projet Under the Sand

Under the Sand est un projet de rencontres artistiques transdisciplinaires et internationales. Inscrit dans la durée, de 2016 à 2019 et porté par les artistes Souda Mani et Wilfried Nail, ce projet a pour ambition la valorisation du territoire de Gafsa situé aux portes du désert tunisien. Il crée des échanges entre artistes et curateurs tunisiens et français, au travers d’une suite de résidences et d’expositions en Tunisie et en France. Under The Sand porte un regard « archéo-artistique » sur le territoire du gouvernorat de Gafsa, et interroge ses paysages : historiques, politiques, écologiques et utopiques. Il engage une démarche archéologique de fouille, de déterrement, d’extraction, de filtrage et il révèle le non- visible de ce territoire. L’exposition Metaxu présentée au B’Chira Art Center fait suite à la troisième résidence organisée par le projet Under The Sand dans la région de Gafsa.

 

Metaxu ?

Le mode opératoire de la précédente exposition s’apparentait à la formation du cristal dont chaque couche structurée, nous rappelle Gilbert Simondon, sert de principe à la formation de la couche de cristal suivante. Au dispositif en feuilletage et plateaux, convoquant couches géologiques et temporelles diverses, se déploient désormais des ramifications moléculaires qui procèdent par tissage et métissage. À la cellule du nucléus et aux non-œuvres de la première exposition répond donc un deuxième niveau, ou plutôt, un état intermédiaire que les Grecs nommaient METAXU. Les noyaux matriciels s’animent d’une quasi-vie, en cela qu’ils se maintiennent dans le processus qui les fait croître, et fonctionnent par voisinages, connexions en résonnant entre eux, selon des embranchements multiples.

 

Metaxu, l’exposition

L’exposition Metaxu  prolonge les problématiques de la première exposition intitulée Nucléus qui s’est tenue en décembre 2016 à Nantes, lors du retour du premier volet de résidences. Performance, vidéo, installation, peinture ou encore dessin, un large éventail de pratiques est déplié à travers l’exposition, offrant un discours polyphonique où s’articulent histoire, anecdote, mythologies, gestes archaïques et intelligence artificielle. Pas de parcours spécifique mais une structure éclatée qui rend compte de la réalité hétérogène d’un territoire oscillant entre permanence et transformation, condensation et dissémination. Bien que pensées dans des approches différentes et développées en plusieurs temps et espaces, les œuvres de l’exposition dialoguent inexorablement et ouvrent sur une multitude de sujets et de questions éludés ou laissés en suspens. Elles introduisent de nouvelles dimensions, de nouveaux filtres de perception. Plus encore, elles restituent l’épaisseur du temps, de la matière et de la parole oubliée dans un territoire aussi large et complexe que celui de Gafsa.

 

 

Les artistes

Impactée depuis des années par l’exploitation minière et les mouvements sociaux, Gafsa se présente aujourd’hui comme une ville aux multiples facettes. Durant la résidence, les artistes ont pu arpenter ses quartiers résidentiels en chantier, ses montagnes d’ocre et de sable, ses oasis tentaculaires, son centre ville défraichi ou encore ses sites préhistoriques et romains, autant de paysages contrastés qui ont nourri leurs différents travaux. Ces derniers proposent de réifier la mémoire des hommes et des lieux (Farah Khelil, Amélie Labourdette, Wilfried Nail, Ali Tnani), de réactiver des croyances ancestrales (Imen Bahri, Haythem Zakaria), de capter l’empreinte de l’artiste dans le paysage (Souad Mani, Benoît Travers) ou encore d’invoquer des imaginaires inattendus par l’isolement ou la stylisation des motifs observés in situ (Minhee Kim, Pascale Rémita).

 

Les commissaires: Fatma Cheffi & Marion Zilio

www.under-the-sand.org

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