Jacques Marmey, le plus tunisien des architectes français

Jacques Marmey, le plus tunisien des architectes français

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

Pour ceux qui ne connaissent pas l’architecte Jacques Marmey, certains de ses bâtiments ne vous seront pas inconnus tel que le lycée de Carthage présidence. À l’occasion des 30 ans de sa disparation, ideo magazine vous fait découvrir cet amoureux de la Tunisie et de son architecture.

Les débuts de Jacques Marmey

Né à Marseille en 1906, Jacques Marmey étudie l’architecture à Lyon puis aux beaux-arts de Paris. Tombé très tôt amoureux de l’Afrique du Nord, il s’envole dans les années 1930 pour le Maroc où sous la direction d’Henri Terrasse, il est chargé de la restauration des biens des Habous de la médina de Fès. Il y réalise notamment l’extension de la madrasa (médersa) Seffarine-Mohammed V, aménage le quartier et l’université Qarawiyyin (Karaouine) et la place Seffarine.

Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) Pièces personnelles : vue du Roi du Maroc décorant Jacques Marmey, n.d. (cliché anonyme). (21-01. Doc. P-21-001-005). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»

Jacques Marmey, un des architectes de la reconstruction tunisienne

C’est en 1943, qu’il est appelé en Tunisie par l’architecte Bernard Zehrfuss, chargé de la reconstruction de la Tunisie et directeur du service de l’Architecture et de l’urbanisme en Tunisie. Il y construira jusqu’à sa mort en 1988. Se liant d’amitié avec les architectes Paul Herbé et Michael Patout, Jacques Marmey réalise avec eux de nombreux projets. Durant sa longue carrière en Tunisie, il construit plus d’une centaine de réalisations, dont notamment des bâtiments civils tels que le Lycée de Carthage Présidence (1949-1957), le lycée de Menzal Bourguiba, l’école de Porto- farina, le contrôle civil régional à Bizerte ou encore le Mémorial Americain à Carthage (1948-1957). Des œuvres architecturales encore en fonctionnement de nos jours.

Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) 1949-1957. Lycée, Carthage (Tunisie) : vue ext. (21-50. Doc. P-21-050-031). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»
Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) 1945. Ecole, Porto-Farina (Tunisie) : vue ext., n.d. (cliché anonyme). (21-43. Doc. P-21-043-008). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»

Jacques Marmey, architecte des villas tunisiennes

En 1947, à la dissolution du service de l’Architecture et de l’urbanisme, chargé de la Reconstruction, il installe son agence à Sidi Bou said et en devient même l’architecte conseil en 1963. C’est à partir de cette période que Jacques Marmey se lance dans la construction de nombreuses villas, qu’elles soient à Hammamet, à Tunis, à Sidi Bou Said, à Carthage ou à Gammarth, son style est particulièrement reconnaissable. Il en construira presque une cinquantaine durant sa carrière.

Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) 1945-1948. Villa Dar Patout, Sidi Bou Said (Tunisie) (avec Paul Herbé et Michaël Patout, arch.) : vue d’une entrée donnant sur le patio (cliché Marc Breitman). (21-45. Doc. D-21-045-016). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»

Le style Jacques Marmey

Entre tradition et modernité, le style de Jacques Marmey se définit comme une relecture de l’architecture traditionnelle tunisienne que l’on appelle également architecture vernaculaire. Très empreint de l’architecture moderniste de Le Corbusier, Jacques Marmey le réadapte en Tunisie. Ainsi, on retrouve dans son dessin des jeux d’ombre et lumière, les murs blancs épais et le rythme des voutes et des arcades si présents en Tunisie. L’exemple le plus évident de son style architectural est certainement le lycée Carthage présidence où les rampes qui rappellent l’architecture moderne sont mariées au briques de Tozeur et au rythme des grandes arcades blanches et épurées.

 

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