Retour sur l’exposition «L’Être Carré» à la Musk and Amber gallery

Retour sur l’exposition «L’Être Carré» à la Musk and Amber gallery

ÉCRIT PAR Edia Lesage

«Une lune carrée dans un ciel rond s’apprête à renaître dans une mer profonde» (Michela Margherita Sarti, commissaire d’exposition).

Et si nous commencions l’année avec la Musk and Amber Gallery? Ce lieu précieux nous propose, depuis le 14 décembre de l’année dernière une exposition singulière, qui y a passé le jour de l’an.

Cette exposition, préparée depuis mars 2018 et qui réunit «sept filles et un garçon» ou sept fées et un prince charmant dans un château enchanté exigeait des artistes de se contraindre à un format: le carré, à des dimensions précises, ainsi qu’à des encadrements identiques, des baguettes blanches.

Pourquoi le carré? Le carré est inhabituel il est difficile à utiliser, c’est une figure centrée, symétrique dans toutes les directions et à ce titre il attire immanquablement l’œil vers son centre. C’est cet aspect inhabituel et difficile à utiliser qui plaît à Michela Margherita Sarti , qui l’utilise assez fréquemment. Pour l’exposition, Le carré est une référence aux quatre éléments, c’est aussi «un défi que d’arriver à le remplir» dit-elle.

Cette difficulté du format ajoutée à la difficulté du thème imposé, «l’être», sont les deux éléments qui ont assuré l’homogénéité de l’exposition bien qu’elle ait réuni des artistes de style, de facture et de tempérament très différents. C’est aussi le format originel d’instagram , réseau social utilisé par près de deux milliards de personnes ainsi que celui du grand retour du polaroïd .

Amira Mtimet ne s’y est pas trompée avec des œuvres particulièrement riches et graphiques, où le trait et la perspective renvoyaient aux formats et aux thématiques des réseaux sociaux.

Houda Lajili a mis en scène des personnages en situation aux accoutrements chamarrés dans des intérieurs colorés

Nesrine Elamine, avec sa série «naturalia», offre à voir des œuvres qui combinent le trait fin et délié des personnages avec les grisailles graphiques des végétaux, feuilles et fleurs.

Najah Zarbout s’est livrée à un exercice de virtuosité graphique suggérant des cordes enroulées, déroulées, tournant autour du centre du carré, utilisant parfaitement le dispositif.

Héla Lamine propose des monochromes à l’encre noire qui sont construits de la même manière : un portrait réaliste ou non, se détachant sur un fond qui au premier abord apparaît végétal et qui en fait est constitué d’une multitude de personnages en souffrance.

Rania Warda avec ses gravures sur cuir, reprend les motifs indiens des mandalas, tracés circulaires habituellement inscrits dans des carrés, qui sont utilisés comme aide à la méditation par l’hindouisme et le bouddhisme.

Michela Margherita Sarti a choisi de présenter au centre de ses carrés son medium habituel, la princesse poupée, qui est entourée de décors exotiques à la Frida Kahlo à laquelle elle fait référence

Samir Makhlouf est le prince charmant de cette exposition féminine: architecte, peintre, écrivain et poète, il nous plonge dans son univers onirique avec son sourire habituel, délié de toute contrainte terrestre.

Les artistes: Amira Mtimet, Hela Lamine, Houda Ajili, Michela Margherita Sarti, Najah Zarbout, Nesrine Elamine, Rania Werda et Samir Makhlouf.

Commissaire d’exposition : Michela Margherita Sarti

Plus d’infos que la Musk and Amber Gallery ICI!

 

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Retour sur l’œuvre de l’un des plus grands peintres tunisiens, Hatim El Mekki!

Retour sur l’œuvre de l’un des plus grands peintres tunisiens, Hatim El Mekki!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Considéré comme l'une des figures marquantes de la peinture tunisienne, Hatim El Mekki fut un artiste prolifique et polyvalent, se distinguant par un style artistique particulier, à mi-chemin entre le figuratif et l’abstrait. On vous dit plus sur ce peintre tunisien exceptionnel!

//Hatim El Mekki, un artiste polyvalent

Grâce à son talent de dessinateur,  Hatim El Mekki (1918 – 2003) né à Jakarta, a pu bénéficier de nombreuses bourses pour poursuivre ses études. Il a fréquenté le lycée Carnot de Tunis, ensuite il a effectué des études à Lyon et Paris, où il a pu acquérir un grand savoir-faire, lui permettant plus tard de mener une carrière des plus polyvalentes. En effet, il a été peintre, affichiste, plasticien et aussi caricaturiste. Engagé politiquement, il a aussi réalisé des dessins politiques soutenant la résistance nationale contre la colonisation française.

// Œuvre prolifique et multiforme

Les plupart des peintures de Hatim El Mekki sont abstraites, mais certaines d’entre elles ont été réalisées dans un style figuratif, au service d’une clientèle européenne et de l’état indépendant tunisien.

Grâce à diverses techniques (l’huile sur toile, aquarelle, mine sur plomb..), Hatim El Mekki créait des toiles représentant la nature et des sujets de la vie réelle, à travers des formes, des contours, des lignes, des espaces, des jeux de fonds et de formes et des superpositions textes-images, abstraits et ouverts à plusieurs interprétations.

Parmi les œuvres de Hatim El Mekki, on peut citer : Le couple (1955), enfant du coq (1955), Gendarme français arrêtant un patriote (1955) et les réfugiés (1958). Sans oublier les dessins des pièces et billets de banque tunisiens de cet artiste ainsi que ses 454 modèles de timbres postaux dessinés entre 1957 et 1995, qui ont fait sa popularité.

// Une reconnaissance à l’échelle internationale

Après une 1ère exposition à la galerie d’art Claridge à Tunis au début des années 1930, Hatim El Mekki s’installe à Paris grâce à une bourse qu’il a obtenue du gouvernement. Dans la capitale française, il a travaillé dans les industries du film et de la publicité, et a aussi collaboré avec le magazine français d’audience mondiale «Marianne». De retour de Paris, il a exposé à Alger et à Tunis pour revenir après la seconde guerre mondiale en France, et exposer dans des galeries telles que L.L. Galerie Rosenberg, Galerie des Nations Unies et Galerie Suillerot. Pendant la même époque, c’est-à-dire vers la fin des années 1940, Hatem El Mekki reçoit le prix du premier poster et fait la rencontre de grands noms en littérature, philosophie, arts .. tels que le grand écrivain français Albert Camus, le philosophe Gaston Bachelard, ainsi que Gertrude Stein, qui a découvert Picasso. Sans oublier le fait que ce peintre tunisien a réalisé des illustrations pour de nombreux auteurs internationaux.

Lorsqu’il rentre à Tunis au début des années 1950, il réalise une série de très grandes peintures murales pour le collège de Khaznadar et une mosaïque d’une soixantaine de mètre carré à Bizerte, en Tunisie.

Quelques années plus tard, Hatim El Mekki a commencé à enchainer des expositions dans les galeries et espaces culturels les plus prestigieux du monde. Il a été invité à exposer en Allemagne (Cologne, Bonn et Mayence, Berlin), il a participé à de nombreuses expositions au Caire (Égypte), aux États-Unis, au Albert and Victoria Museum de Londres, au musée de Séoul (Corée du Sud) où il a été décoré. Et ce ne fut pas sa seule décoration car ce peintre tunisien a pu recevoir également la Croix de la Légion d’Honneur, en France en 1980, la Médaille d’or en Bulgarie, l’Ordre du Nil en Égypte, l’Ordre du Peacock en Iran ainsi que la Médaille du mérite en Russie, ce pays où il a été membre international de son Académie des beaux-arts.

Il a été aussi nommé grand officier de l’ordre du mérite culturel tunisien, et reçu à Beijing en Chine, où l’étude de son art a été recommandée à l’Académie des Beaux-Arts de Chine.

Son travail se trouve dans de nombreuses collections privées et publiques telles que la collection impériale de Tokyo.

Tous ces exploits ne sont pas passés inaperçus. Hatim El Mekki a fait effectivement l’objet de diverses éditions de livres ainsi que d’articles de presse tels que dans le New York Times et le Washington Post.

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La Selma Feriani Gallery accueille «Anthrôpos», la nouvelle exposition du peintre Mohamed Ben Slama!

La Selma Feriani Gallery accueille «Anthrôpos», la nouvelle exposition du peintre Mohamed Ben Slama!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Du 20 Janvier au 17 Février 2019, la Selma Feriani Gallery accueillera « Anthrôpos », la nouvelle exposition du peintre Mohamed Ben Slama. On vous dit plus sur cet évènement!

Mohamed Ben Slama est un artiste autodidacte qui a réussi progressivement, depuis 1997, à poser les bases d’une pratique artistique assez particulière. En effet, c’est à travers la dissimulation de visages et la réalisation de combinaisons inhabituelles de personnages et d’objets, que Mohamed Ben Slama a choisi de critiquer la société contemporaine et les modes de vie actuels. Ce style artistique l’a accompagné depuis ses débuts lorsqu’il peignait l’Homme, déguisé et défiguré, et le plaçait dans des contextes absurdes, étranges, fantastiques.

«Anthrôpos», sa nouvelle exposition qui débutera le 20 Janvier et se poursuivra jusqu’au 17 Février 2019 à la Selma Feriani Gallery, s’inscrit dans le même esprit de ses travaux précédents. On retrouvera les toiles au cachet artistique unique de cet artiste, illustrant des espaces insolites, des êtres moitié animaux moitié humains et des compositions singulières.

Venez nombreux pour découvrir cet univers exceptionnel de Mohamed Ben Slama!

Pour plus de détails sur cette exposition, cliquez ici! 

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Retour sur l’œuvre de Henri Matisse, chef de file du Fauvisme!

Retour sur l’œuvre de Henri Matisse, chef de file du Fauvisme!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Un 31 décembre naissait l’artiste français Henri Matisse. C'était en 1869, il y’a 149 ans. On vous dit plus sur ce précurseur du Fauvisme!

//Les débuts de Matisse

Peintre, dessinateur, graveur et sculpteur français, Henri Matisse fut l’une des figures les plus marquantes de l’art du 20ème siècle. Avant-gardiste, il est le précurseur principal du courant du Fauvisme.

Avant la peinture, Henri Matisse (1869 – 1954) avait emprunté une voie complètement différente. Au départ, il a effectué des études de droit avant de se mettre à dessiner, suite à une convalescence et grâce à son ami peintre amateur, Léon Bouvier. Plus tard, il fait les beaux arts à Paris et apprend la peinture auprès de grands noms tels que Gustave Moreau.

//Principal précurseur du Fauvisme

En 1904, Matisse peint «Luxe, calme et volupté». Cette toile fut décisive pour la suite de son parcours. Insatisfait du rendu des couleurs, Matisse décide de peindre par aplats, technique fondamentale du Fauvisme.

Une année plus tard, Matisse expose au Salon d’Automne sa toile représentant le portrait de sa femme, «La femme au chapeau» (1905), qui fait scandale. Ce fut un mal pour un bien, car ce scandale a fait connaitre Matisse qui s’est imposé dès lors, avec un style pictural révolutionnaire à l’époque. Grâce à cet évènement, les toiles de Matisse ont connu un vrai succès et ont été achetées par les plus grands collectionneurs du monde entier.

//Une œuvre avant-gardiste

Henri Matisse se distinguait par un style artistique assez particulier. Ce sont les formes simples, stylisées et les couleurs pures et plates qui dominent l’œuvre de ce peintre. Ceci n’empêche que certaines de ses nus et portraits sont teintés de dégradés de gris et de roses. La plupart de ses toiles sont des représentations de natures mortes, de nus et d’odalisques qui évoquent les nus orientalistes.

Les nombreux voyages qu’a effectués Matisse durant sa vie, ont été une grande source d’inspiration et de richesse pour son œuvre. En effet, cet artiste a parvenu à intégrer ses expériences au Maroc, en Algérie, en Andalousie, Tahiti.. dans sa production artistique.

Parmi les ultimes chefs d’œuvres d’Henri Matisse, on peut citer : La danse (1909), La musique (1910), La Tristesse du roi (1952) et son livre Jazz (1947).

//Gloire posthume

De nombreuses rétrospectives et expositions de Matisse ont été organisées au coté de grands peintres tels que Picasso et Braque. De plus, les œuvres de Matisse ont fait le tour des galeries et biennales les plus prestigieuses du monde entier. De Paris à Venise en passant par Copenhague et New York City, ce peintre a eu  une reconnaissance à l’échelle internationale.

Après sa disparition, l’œuvre de Matisse a continué de bénéficier de cette gloire. En 1963, un musée portant le nom de l’artiste ouvre ses portes à Nice. En 1970, la première rétrospective de l’œuvre de Matisse a été organisée au Grand Palais à Paris. Depuis, les expositions se sont enchainées dans les quatre coins du monde, dont une récente (2014) à la Tate Modern de Londres, dédiée aux papiers découpés qu’Henri Matisse avait réalisés.

 

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Paul Klee, artiste prolifique et figure majeure de l’art du 20ème siècle!

Paul Klee, artiste prolifique et figure majeure de l’art du 20ème siècle!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Aujourd’hui, le 18 Décembre 2018 correspond au 139ème anniversaire de Paul Klee, figure exceptionnelle de l’art du 20ème siècle. On vous fait découvrir l’œuvre de ce grand artiste.

//Paul Klee: Ses débuts, son parcours et son voyage en Tunisie

Issu d’une famille d’artistes, Paul Klee a été initié à la musique et au dessin depuis son jeune âge. A ses débuts, en 1914, il fait un voyage en Tunisie qui l’a beaucoup inspiré et a changé radicalement son œuvre. Grâce à ce séjour, il découvre les couleurs et un nouveau registre linéaire et géométrique, qui se sont reflétés dans ses créations plus tard. Parmi les œuvres ce voyage, on peut citer: Vue de Kairouan (1914), Hammamet with mosque (1914) et Southern (Tunisian) gardens (1919).

Cet artiste qui a connu ses premiers grands succès en 1917, pendant la 1ère guerre mondiale, a été également un grand pédagogue et a enseigner dans de nombreux établissements prestigieux. En 1919, il a notamment enseigné à l’école du Bauhaus de Weimar. En 1931, il a été professeur à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf avant d’être exilé en Suisse à partir de 1924.

//Un artiste insaisissable

Entre peintures, sculptures et dessins, Paul Klee a produit des milliers  d’œuvres durant toute sa carrière. Mais ce qui a été vraiment marquant chez cet artiste prolifique, ce sont ses œuvres appartenant à différents styles artistiques faisant de lui un peintre difficile à cerner. Tantôt dans le constructivisme tantôt dans l’intuitif et le spirituel, Paul Klee a effectivement emprunté un cheminement peu commun. Son œuvre a longtemps créé l’intrigue et a été définie par son fils comme «énigmatique». En effet, le parcours de cet artiste a été marqué par de nombreuses périodes se distinguant chacune par un style artistique différent. Si l’œuvre de cet artiste a été au début satirique, elle s’est orientée par la suite vers le Cubisme pour se teinter du style surréaliste et évoluer vers le Constructivisme pendant les années où il a enseigné au Bauhaus de Dessau.

//Après sa disparition

Depuis la disparition de Paul Klee, de nombreuses expositions ont été organisées en son hommage parmi lesquelles on peut citer la grande rétrospective qui lui a été consacrée au Musée National d’Art Moderne en 1969, ainsi que celle qui s’est tenue en 2016, au Centre Pompidou. En 2005, le centre Paul-Klee édifié par l’architecte Renzo Piano, a été inauguré à Berne, en Suisse, lieu de décès de l’artiste, en 2005. Ce centre abrite une grande variété des œuvres de Klee.

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Aly Ben Salem, le plus grand ambassadeur de l’art tunisien en Suède!

Aly Ben Salem, le plus grand ambassadeur de l’art tunisien en Suède!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Figure marquante de l’art tunisien, Aly Ben Salem faisait partie de la génération des pionniers de l’École de Tunis. Près de deux décennies depuis sa disparition, son œuvre demeure des plus vivantes. On vous dit plus sur ce peintre d’exception!

//Aly Ben Salem, un artiste de renommée mondiale

Né en 1910, Aly Ben Salem fut l’un des peintres et plasticiens les plus importants de son époque. Après avoir effectué ses études à l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis, il est allé en Suède où il a passé une grande partie de sa vie avant de s’installer en Tunisie en 1970.  

En effet, il a travaillé pendant les années 40 et 50 à Stockholm. Son atelier situé dans la capitale suédoise, a été un lieu de rencontre pour les artistes et les politiciens tunisiens. Grâce à ses œuvres, Aly Ben Salem a pu diffuser l’art tunisien partout en Suède, et recevoir de nombreux prix prestigieux tout au long de sa longue carrière. Il a été effectivement lauréat du premier prix de peinture du gouvernement tunisien en 1936, ainsi que du premier prix de la miniature d’Afrique du Nord.

Cet artiste tuniso-suédois a également été désigné comme représentant de la Tunisie à l’Exposition universelle de Paris, où il a exposé son travail à la galerie de l’Union latine, quai des Grands-Augustins. Il faisait également partie des pionniers du mouvement artistique « L’école de Tunis ».

// Un univers artistique au carrefour de la culture tunisienne et scandinave

À travers ses œuvres, Aly Ben Salem valorisait les aspects du patrimoine tunisien tout en s’ouvrant sur les formes artistiques mondiales. Cet artiste se distinguait ainsi par un style créatif assez impressionnant reflétant sa passion pour l’art, sa grande maitrise technique ainsi que son riche vécu entre son pays natal et la Suède. En effet, son univers artistique traverse laMéditerranée pour s’imprégner des cultures tunisienne et scandinave à la fois, reflétant un monde optimiste coloré, marqué par les lignes courbes, simples, et sensuelles et représentant les différents aspects de la vie sociale, notamment le portrait féminin. Ses œuvres, souvent influencés par l’art de la miniature, ont été dominées pendant une bonne période, par la teinte bleue.

Parmi les multiples œuvres de cet artiste prolifique, on peut citer: «Jeune couple au milieu des fleurs» (1930), «Les fiancés» (1956), «Jeune couple et musicien», «Jeunes femmes» et «Les amoureux».

//Après sa disparition

Depuis sa disparition en 2001, plusieurs expositions, festivals et autres évènements ont été organisés en son hommage. En 2010 par exemple, la Poste tunisienne a émis un timbre postal à son effigie. Plus récemment, en 2017, une grande exposition s’est tenue à la Galerie Saladin intitulée «Sidi Ben Salem: De Stockholm à Sidi Bou Saïd», retraçant l’héritage artistique important de ce grand peintre.

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« Être avec », l’exposition hommage consacrée à l’artiste Fatma Charfi à l’ambassade de Suisse

« Être avec », l’exposition hommage consacrée à l’artiste Fatma Charfi à l’ambassade de Suisse

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Cette exposition intitulée «Etre avec» en l’honneur de l’artiste Fatma Charfi est organisée à l’ambassade de Suisse du 23 novembre au 30 décembre 2018. Un bel hommage rendu à cette grande artiste.

«Finir en beauté ce qui a commencé avec tant de grâce» Fatma Charfi.

L’univers de Fatma Charfi, délicat et intimiste, a été subtilement présenté et mis en scène dans les locaux de l’ambassade suisse. Le jour du vernissage la commissaire d’exposition, Rachida Triki, accompagnée de Wadi Mhiri, responsable de la scénographie, qui l’avaient bien connue, étaient là.

Rachida Triki, Wadi Mhiri, le fils de l’artiste, ainsi que plusieurs de ses frères et d’autres membres de sa famille accueillaient les visiteurs, commentaient les œuvres, rapportaient une anecdote et en somme faisaient vivre Fatma Charfi, ce qui donnait une signification particulière et forte aux œuvres exposées.

Si l’exposition était minimaliste, comme elle l’aurait probablement aimée, l’émotion dégagée par ce vernissage-hommage était grande. C’est peu de dire qu’elle fut admirée pour son travail et aimée pour son exigence.

Fatma Charfi,  née le 29 janvier 1955 à Sfax, et décédée en 2018 en Suisse est une artiste plasticienne tuniso-suisse, qui vivait à Berne.

Elle fit des études à l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis, puis poursuivit sa formation en Pologne en 1977, dans le domaine des dessins animés. Enfin, elle obtint un doctorat en esthétique et sciences de l’Art, à Paris (Panthéon Sorbonne) avec une thèse intitulée: «L’eau, élément de jeu, pour l’enfant : propositions de jeux d’eau associée à la couleur et à l’argile » sous la direction de René Passeron. Elle s’est installée à Berne en 1986.

Fatma Charfi a créé une œuvre sensible et délicate, qui se proposait de mettre en scène les injustices et les possibilités d’un vivre ensemble heureux, dans une réflexion humaniste, globalisante. Ses thèmes de prédilection concernaient l’identité, la différence, le rôle des femmes et leur statut dans la société, l’égalité des sexes.

Elle s’exprimait dans de multiples registres: dessins, peintures, photographies, vidéos, sculptures, installations, performances.

Ses œuvres ont été plusieurs fois primées notamment à Alexandrie et à Dakar où elle fut la première artiste féminine à avoir reçu le grand prix Léopold Sédar Senghor.

Fatma Charfi a créé un personnage récurrent dans son œuvre, qu’elle nommait «abrouk», au pluriel «aberics» sous la forme d’homoncules stylisés et métamorphiques faits de papier de soie roulés entre ses doigts. Par leurs différentes couleurs, blanc, rouge ou noir ou par leurs postures, seuls, en petits groupes ou en multitude, les aberics symbolisent la condition humaine et le fourmillement des sentiments. Ces êtres «gracieux et souverains», comme elle les qualifiait peuvent matérialiser le bonheur dans leurs danses, le malheur dans leurs fuites en superpositions inquiétantes.

Jusqu’au dernier moment, elle a persévéré à nous émouvoir avec quelques traits sur une feuille blanche: «véhicules de tendresse».

On ne remerciera jamais assez l’ambassade suisse pour cette exposition-hommage, loin des cérémonies bruyantes et agitées ainsi que pour le catalogue raffiné, raffiné édité avec le soutien de l’association Fatma Charfi . Le titre, «être avec», y prend tout son sens.

*Citation de Fatma Charfi .

Où? : ambassade de Suisse: 22 Rue Platon، Z.A Khereddine، Le Kram 

Quand? : Du 23 novembre au 30 décembre. Les visites sont programmées les mercredis et jeudi de 15 h à 17h

 

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«La métamorphose»: la nouvelle exposition de Marwen Trabelsi à l’espace «regards croisés»!

«La métamorphose»: la nouvelle exposition de Marwen Trabelsi à l’espace «regards croisés»!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Du 1 au 22 Décembre 2018, s’installera une exposition photographique et vidéographique de l’artiste photographe et cinéaste tunisien Marwen Trabelsi intitulée «La métamorphose», à l’espace «Regards Croisés». On vous dit plus sur cet artiste et sur sa nouvelle exposition!

// Marwen Trabelsi: Un parcours académique et une expérience artistique d’exception!

Diplômé en art et communication audiovisuelle et en sciences et techniques des arts, le photographe et cinéaste tunisien Marwen Trabelsi a décidé de mener des études doctorales approfondies sur la poétique de sa propre pratique et création photographique. Un vrai pilier pour ses projets artistiques, le parcours scientifique de Marwen Trabelsi ne cesse d’alimenter ses expériences créatives multiples qui lui ont valu d’ailleurs, un tour dans de nombreuses manifestations photographiques mondiales.

Lauréat de plusieurs prix comme le 1er prix de la photographie au festival national des films d’amateurs de Kelibia en 2006, le 1er prix de la meilleure image au festival international d’art vidéo de Casablanca au Maroc en 2009 ou encore le prix de l’image d’or au 6ème festival international du film d’Abuja au Nigéria en 2009, Marwen Trabelsi a pu s’imposer à une échelle nationale et internationale. Il a été également l’invité d’honneur au 16ème salon photographique de Colombier-Fontaine en France en 2012, et il a représenté la Tunisie en de nombreuses reprises et partout dans le monde : à Consul’art à Marseille capitale culturelle en 2013, à la rencontre internationale d’art contemporain d’Alger en 2018 et à la biennale de Dak’art au Sénégal pendant la même année.

Cet artiste vient de clôturer son exposition personnelle intitulée «Les villages du vent» qui s’est tenue au Musée National du Bardo du 25 septembre au 14 octobre 2018.

// Sa nouvelle exposition «La métamorphose»: une autre perception du paysage naturel!

Marwen Trabelsi revient avec une nouvelle exposition intitulée «La métamorphose» qui se déroulera du 1 au 22 Décembre 2018 à l’espace «Regards Croisés». Cette exposition s’ordonnera autour de l’idée que le changement est la seule constante de la nature. Elle présentera les formes fugitives et éphémères des éléments de la nature (la mer, la terre et le ciel) qui ne cessent d’évoluer et de se transformer au fil du temps. L’artiste a abordé et traité ces perpétuels changements qui s’opèrent dans l’univers à travers une approche esthétique, poétique et philosophique, dont le fruit est une quinzaine de planches photographiques de formats différents ainsi que d’une installation vidéographique d’une durée de 5mn30.

«La métamorphose» est ainsi «une prose contemporaine du chaos», qui est à l’origine de la création de l’univers suivant la mythologie grecque, mettant en avant l’évolution et la transformation des paysages marins et terrestres de la nature.

Pour en savoir plus sur cette exposition, cliquez ici!

 

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« FIGURES »: La nouvelle exposition de l’artiste Ymen Berhouma à la Galerie Nomade

« FIGURES »: La nouvelle exposition de l’artiste Ymen Berhouma à la Galerie Nomade

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Olfa Ben Mansour, home designer, continue avec bonheur à transformer son agence de décoration «Nomade», à Sidi Bou Saïd, en lieu d’exposition intermittent à chaque fois réadapté en fonction des œuvres qu’elle accueille. Pour sa nouvelle exposition, elle accueille l'artiste Ymen Berhouma.

Pour l’exposition de Tahar Mguedmini, intitulée «être là», les murs étaient blancs, noirs, kaki et bleu roi. Pour l’exposition «figures», d’ Ymen Berhouma, ils sont blanc cassé avec un effet de légères fumerolles, prolongeant l’univers onirique des tableaux de l’artiste. Pour les deux expositions les meubles et les objets de décor de cet espace de travail choisis par Olfa ben Mansour contribuent indubitablement à la mise en scène.

Ymen Berhouma est une artiste autodidacte. Elle peint en puisant son inspiration au fond d’elle même, de son histoire, utilisant la peinture comme défouloir thérapeutique, cherchant sans cesse à vaincre les non-dits et les plaies vécues. Un travail sur la matière, les formes et les couleurs alimente ses préoccupations donnant forme à des personnages en châtiment, des ballets macabres, des relations ambiguës.  Elle peint généralement à l’acrylique, qu’elle travaille au couteau, à la manière d’une peinture à l’huile. Elle s’exprime aussi par des collages et des décollages, des découpages, des dessins, des miniatures.

La galerie «Nomade» nous montre ses peintures à l’acrylique, quelquefois rehaussées de collages. Ymen Berhouma, dont la peinture figure des personnages, s’intéresse de plus en plus aux visages et aux regards. Elle l’affirme et cela se sent  dans ses tableaux: ses personnages, leurs visages et leurs attitudes ont l’air de nous communiquer leurs rêves, leurs conditions, leurs préoccupations et, surtout leur solitude.

On peut affirmer que ses personnages énigmatiques, se trouvent à la lisière du figuratif. «Dans la forêt» un être frêle, la fleur à l’oreille, telle une apparition, nous toise avec mélancolie. Dans cet ensemble d’individus désenchantés, se détache un «enfant roi», qui, impérieux et mystérieux, nous appelle de son regard déterminé venu du fond des âges à entrer dans un monde glacé, enchanté, ensorcelé.

L’exposition a lieu du 25 novembre jusqu’au 16 décembre de 14h30 à 18h.

Galerie Nomade
Adresse: 1 impasse Ben Mrad, Sidi Bou Said 

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Retour en photos sur l’incroyable exposition d’Insaf Saada à la Musk and Amber gallery

Retour en photos sur l’incroyable exposition d’Insaf Saada à la Musk and Amber gallery

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

La nouvelle exposition personnelle de l’artiste Insaf Saada intitulée «Légèreté Métallique» a débutée à la «Musk and Amber Gallery» ce 23 Novembre 2018, et se poursuivra jusqu’au 13 Décembre 2018. Voici en photos un avant-goût de ce que vous pourrez y découvrir!

C’est un monde féerique auquel nous invite Insaf Saada à la «Musk and Amber Gallery», à travers sa nouvelle exposition «Légèreté métallique». L’artiste met en lumière l’importance et la beauté des insectes dans notre univers à travers de sublimes sculptures de métal. Ces créatures charmantes aux formes métalliques raffinées viennent couvrir les murs de la Galerie, se poser sur les tables et s’éparpiller dans tout l’espace. Les papillons d’un noir satiné avec leurs ailes déployées, les abeilles aux mouvements légers et les fourmis avec leurs pattes délicates sont mises en scène dans un décor teinté de vert, avec des matières naturelles et des plantes, soulignant un véritable retour vers la nature.

Pour en savoir plus sur cette exposition, cliquez ici!

 

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«Gorgi Pluriel», une rétrospective inédite au Palais Kheireddine!

«Gorgi Pluriel», une rétrospective inédite au Palais Kheireddine!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

À l’occasion des 10 ans de la disparition du grand artiste tunisien Abdelaziz Gorgi, la nouvelle édition de l’exposition «Talan» lui sera entièrement consacrée. Intitulée «Gorgi Pluriel», la manifestation se tiendra au Palais Kheireddine du 7 Décembre 2018 et se poursuivra jusqu’au 10 février 2019. Ideo Magazine vous dit plus sur cette exposition très attendue!

Certainement l’évènement culturel phare de cette fin d’année 2018, cette nouvelle exposition-hommage intitulée «Gorgi Pluriel» sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’œuvre monumentale de l’artiste Abdelaziz Gorgi. Cette initiative commanditée par la galeriste et fille de l’artiste, Aicha Gorgi, sponsorisée par la société «Talan» de Mehdi Houas et dont le commissariat est assuré par Nadia Jelassi, se déroulera dans un lieu d’exception, au Palais Keireddine.

Comme son nom l’indique, cette exposition offre à voir une rétrospective sur l’œuvre pluridisciplinaire de Abdelaziz Gorgi. En effet, ce dernier a été un artiste des plus prolifiques et polyvalents. Peintre, sculpteur, céramiste, enseignant et décorateur, il a réussi à se forger un riche parcours, inspirant ses contemporains ainsi que les jeunes générations d’artistes. Co-fondateur de l’École de Tunis avec Ammar Farhat, Yahia Turki, Jellal Ben Abdallah,Ali Bellagha et Pierre Boucherie; Abdelaziz Gorgi a été l’une des figures les plus marquantes des arts et de la culture du XXème siècle en Tunisie.

Cette expo-hommage réunira ainsi plus de 300 oeuvres: ses peintures à l’huile, aquarelles, fresques, sculptures, et d’autres, dont certaines sont encore présentes dans des galeries et ou chez de grands collectionneurs à travers le monde, ainsi que dans des édifices publics en Tunisie. L’exposition propose également un catalogue de 352 pages présentant les différentes facettes de ce pionnier de l’art moderne en tunisie.

Pour en savoir plus sur Abdelaziz Gorgi, cliquez ici!

 

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L’exposition«Winter Garden» présente 14 artistes japonais en Tunisie!

L’exposition«Winter Garden» présente 14 artistes japonais en Tunisie!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Du 24 Novembre au 12 Décembre 2018, le Musée National d’Art Moderne et Contemporain de la Cité de la Culture de Tunis, accueille l’exposition itinérante japonaise intitulée «Winter Garden». On vous dit plus sur cet évènement culturel!

Dans le cadre du renforcement de la coopération culturelle entre la Tunisie et le Japon, l’Ambassade du Japon en Tunisie et la Fondation du Japon, en collaboration avec le ministère des Affaires Culturelles et le Musée National d’Art Moderne et Contemporain, organisent l’exposition itinérante «Winter Garden» au Musée National d’Art Moderne et Contemporain à la Cité de la Culture, du 24 Novembre au 12 Décembre 2018.

Le vernissage de cette exposition a eu lieu le 24 Novembre 2018, en présence du ministre de la Culture Mohamed Zine El Abidine, l’ambassadeur du Japon en Tunisie «Shinsuke shimizu» et le député Ali Bennour.

Cette exposition traite de «L’Exploitation de l’imagination Micropop dans l’art contemporain japonais». Elle réunit des dessins, peintures et œuvres vidéo réalisées par quatorze jeunes artistes japonais dans le style «Micropop». Ce style artistique a été inventé par l’artiste japonais Matsui, et se distingue par un côté ludique et une spontanéité enfantine.

Cette génération d’artistes japonais, du mouvement artistique «Micrpop», active depuis le milieu des années 1990, ont effectivement une vision artistique commune qui se base sur une philosophie créative et inventive des aspects et modes de vie les plus banals.

Ne manquez pas cette exposition unique en Tunisie!

Pour en savoir plus sur «Winter Garden», cliquez ici!

 

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Hédi Turki, un peintre à la reconnaissance internationale

Hédi Turki, un peintre à la reconnaissance internationale

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Membre du courant anti-colonialiste de l’école de Tunis, Hédi Turki est l’une des figures les plus marquantes de la peinture tunisienne. Ideo Magazine vous parle de la vie et de l’œuvre de ce peintre, aquarelliste et dessinateur d’exception!

// Hédi Turki, un artiste de haut niveau!

Né en 1922 à Tunis, Hédi Turki a connu la peinture dès son plus jeune âge. Frère ainé de Zoubeir Turki, il a effectivement pu découvrir l’univers de l’art très tôt, et a réussi à devenir plus tard, l’un des plus grands artistes qu’a connus la Tunisie.

À l’instar de son frère ainé ainsi que d’autres artistes de sa génération, Hédi Turki a effectué une formation artistique à Paris. Il a également suivi des études d’art dans plusieurs autres pays pendant les années 1950. En Italie, il a effectué des études à l’Académie des beaux-arts de Rome où il a été l’élève du peintre Amerigo Bartoli. Il a également été aux Etats-Unis où il a étudier à l’Université de Columbia. Par la suite, il est revenu en Tunisie et a enseigné à l’école des beaux arts de Tunis, de 1963 à 1990.

// Style & œuvres artistiques

Le fruit d’une telle formation se manifeste à travers son travail artistique , témoignant d’un savoir-faire exceptionnel. Parmi ses œuvres, on peut citer : «Composition» (1961), «Les confidences» (1970) , «le vieillard type tunisien» (1970), «Portrait d’homme à la cravate» (1976) ou encore « la jeune fille assise».

Ces œuvres de Hédi Turki et les autres qu’il a pu réaliser durant sa longue carrière, sont d’un style assez proche de l’expressionnisme abstrait. En effet, Hédi Turki est fortement influencé par le travail de l’artiste américain Jackson Pollock.

// Artiste à la reconnaissance internationale

En plus d’être membre du courant artistique anti-colonialiste de l’École de Tunis, Hédi Turki est l’un des fondateurs de l’Union nationale des arts plastiques et graphiques tunisiens, ainsi que de l’Union des artistes plasticiens arabes.

Ce peintre tunisien a pu profiter d’une reconnaissance internationale, que ce soit à travers les prix qu’il a pu recevoir dont le plus important serait «Le Grand prix international d’art contemporain» de Monte-Carlo (Monaco) qu’il a reçu en 1976, ou encore par les postes qu’il a pu occuper comme «vice-président de l’Association internationale des arts plastiques pour la région arabe au congrès d’Espoo (Finlande) en 1983, ou encore être nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture français en 1986.

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«Légèreté Métallique»: La nouvelle exposition personnelle de l’artiste Insaf Saada à la Musk and Amber Gallery

«Légèreté Métallique»: La nouvelle exposition personnelle de l’artiste Insaf Saada à la Musk and Amber Gallery

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Du 23 Novembre au 13 Décembre 2018, se déroulera la nouvelle exposition personnelle de Insaf Saada, intitulée «Légèreté Métallique», à la «Musk and Amber Gallery».

Le 23 Novembre 2018 sera la date du vernissage de «Légèreté Métallique»; une nouvelle exposition personnelle de la talentueuse artiste Insaf Saada, et qui se poursuivra jusqu’au 13 Décembre 2018 à la «Musk and Amber Gallery». Notons que cette artiste polyvalente avait déjà expose au sein de la même galerie en mai dernier sa première collection d’art de la table.

Cette nouvelle exposition présentera des œuvres autour de l’univers des insectes. L’artiste nous fera redécouvrir ces créatures sous un angle de vue inédit, mettant leurs qualités caractéristiques en avant (légèreté, symétrie de la forme, délicatesse des pattes..). En effet, Insaf Saada porte un regard nouveau sur ces êtres très particuliers, et fait de leurs morphologies et mouvements des œuvres d’art !

Les papillons, les abeilles, les bourdons et d’autres encore, seront présentés à travers des formes simples, des couleurs terreuses et des matériaux naturels, notamment le métal. On verra effectivement ce matériau sous ses formes les plus raffinées! Comme son nom l’indique, l’exposition«Légèreté Métallique» offrira à voir des oeuvres mêlants rigidité du métal et légèreté de ces créatures charmantes!

Comme les expositions précédentes de l’artiste Insaf Saada, «Légèreté métallique» promet d’être très originale! Alors soyez nombreux à visiter cette nouvelle expo chez «Musk and Amber Gallery» !

Pour en savoir plus sur cette nouvelle exposition, cliquez ici!

 

 

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Le célèbre sculpteur espagnol Xavier Mascaró expose pour la 1ère fois à Tunis!

Le célèbre sculpteur espagnol Xavier Mascaró expose pour la 1ère fois à Tunis!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Du 24 Novembre 2018 au 24 Janvier 2019, se déroulera l’exposition «Après la terre, tout», de l’artiste espagnol Xavier Mascaró au Centre national de la Céramique d'art Sidi Kacem Jelizi. On vous dit plus sur cette première!

En partenariat avec le Ministère des Affaires Culturelles, l’Ambassade d’Espagne et l’Instituto Cervantes à Tunis, le centre national de céramique d’art Sidi Kacem Jelizi accueillera l’exposition «Après la terre, tout», du 24 Novembre 2018 au 24 Janvier 2019. Ce sera la 1ère exposition en Tunisie du sculpteur espagnol de renom international Xavier Mascaró.

Cet artiste d’exception dont les œuvres sont exposées dans les Palais et les Musées les plus prestigieux du monde (Palais Royal à Paris, Musée du Prado à Madrid et d’autres encore), exposera effectivement pour la 1ère fois en Tunisie. Les projets artistiques de Xavier Mascaró lui ont permis de recevoir de nombreux prix, et de gagner une notoriété internationale importante.

L’exposition «Après la terre, tout» offrira à voir des œuvres de moyennes et petites dimensions, créées à travers un mélange et une expérimentation de matériaux différents et parfois antagonistes tels que le fer, le bronze, la céramique émaillée et le papier mâché. Ces œuvres sont inspirées des cultures millénaires, et font allusion aux traditions culturelles les plus primitives, au passé commun des différentes cultures et au dialogue entre l’Orient et l’Occident.

Elles invitent à la méditation et suscitent les plus puissantes émotions chez le public. D’ailleurs c’est la principale question autour de laquelle s’ordonne l’exposition: «Comment une création artistique peut-elle susciter autant d’émotions à la fois, si diverses et si puissantes? Force, tendresse, joie … ». Soyez nombreux pour découvrir cette exposition de l’artiste international Xavier Mascaró!

Pour en savoir plus sur cet évènement, cliquez ici!

 

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Marcel Duchamp, le père de l’Art contemporain

Marcel Duchamp, le père de l’Art contemporain

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Considéré comme l’un des artistes les plus importants du 20ème siècle, Marcel Duchamp a révolutionné l’histoire de l’art par son invention du «ready-made». 50 ans après sa disparition, Duchamp demeure une référence et une source d’inspiration pour de nombreux artistes contemporains. Portrait du père de l’Art contemporain!

// Les débuts de Marcel Duchamp (1887-1968)

Peintre, plasticien et homme de lettres français, Marcel Duchamp était un artiste polyvalent et provocateur. Issu d’une famille artistique, il a pu s’initier à la peinture depuis son jeune âge. Ceci était d’ailleurs sa seule véritable formation en art, vu qu’il n’a jamais fait d’école d’art, au sens classique du terme.

Au début de sa carrière, Duchamp a pu explorer différents styles artistiques (fauvisme, impressionnisme, cubisme et autres), et a fait croiser des démarches créatives, pour se forger au final son propre style à la fois personnel. Il a réalisé plusieurs œuvres, dont la plupart étaient refusées aux expositions, et à l’origine de beaucoup de scandales.

// L’invention du «ready-made»

Vers 1915, Marcel Duchamp s’écarte de la peinture et invente le concept du «ready-made». Il s’agit d’objets «tout faits» que Duchamp choisit pour leur neutralité esthétique: « Roue de bicyclette » (1913/1964), « Porte-bouteille »s (1914) considéré par Duchamp comme son 1er véritable « ready made », et l’œuvre la plus connue, « La Fontaine » (1917) ou encore dit « l’urinoir inversé » qui a été refusé par les organisateurs de l’exposition de la Société des artistes indépendants de New York.  C’est ainsi que cet artiste élève des objets de la vie courante, même les plus prosaïques d’entre eux, au rang d’œuvres d’art, par son simple choix!

À travers cette démarche, il a rompu avec toutes les règles académiques et les traditions artistiques qui l’ont précédée, et a porté une vraie réflexion sur la notion de l’art!

À travers ses « ready-made », Duchamp a non seulement bouleversé l’art du 20ème siècle, mais a aussi influencé des courants artistiques comme l’Art conceptuel, le Surréalisme, le Pop Art et d’autres encore. Ces «ready-made» qui n’ont été largement diffusées qu’à partir des années 60, en version rééditée après la disparition de leur version originale.

En plus d’avoir inventé le concept du « ready-made », Marcel Duchamp a probablement aussi jeté les bases du «happening», un concept faisant aussi partie de l’Art contemporain. En effet, lors des expositions à New York et à Paris qu’il a organisées fin des années 30 et début des années 40, Duchamp a organisé des performances en direct faisant participer les visiteurs, le principe même du «happening» auquel on assiste aujourd’hui lors des évènements artistiques.

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Ali Bellagha, un peintre qui a su mêler art et artisanat

Ali Bellagha, un peintre qui a su mêler art et artisanat

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Sans conteste, Ali Bellagha (1924- 2006) fut l’un des artistes les plus marquants de l’histoire de l’art tunisienne. Passionné par toutes les formes d’art et par l’univers de l’artisanat, il s’est démarqué par ses œuvres mixtes témoignant de son savoir-faire exceptionnel!

Peintre, dessinateur, graveur et professeur, Ali Bellagha était un artiste très polyvalent, qui a réalisé une riche carrière faisant de lui l’un des plus grands artistes de son temps. Ses œuvres révèlent beaucoup de son vécu, mené principalement entre Tunis et Paris! «La femme aux cheveux verts » (1960), «Café des nattes» (2006), «le marchand de pastèques» et d’autres encore, sont des œuvres qui témoignent de son savoir-faire acquis entre son pays natal et la France.

En effet, après un passage à l’Institut des Hautes Études de Tunis, Ali Bellagha est parti à Paris où il a étudié le dessin, la gravure et la céramique à l’École des Beaux-Arts de Paris. Plus tard, il a fréquenté les ateliers de gravure du professeur René Jaudon et a pris des cours de décoration au Lycée Claude Bernard de Paris.

C’est en 1953 qu’il a organisé sa 1ère exposition personnelle. Depuis, il a régulièrement exposé dans les galeries tunisiennes et à l’étranger. En 1956, l’artiste rentre en Tunisie et enseigne le dessin au collège Sadiki durant quatre années.

Suite à une crise d’identité culturelle et artistique, Ali Bellagha décide de retourner à sa première passion, l’artisanat (il est issu d’une famille d’artisans de la Médina de Tunis), et ouvre avec son épouse Jacqueline Guilbert, une Galerie d’art, d’antiquités et de créations, «Les Métiers» à Tunis.

Sa démarche artistique visait le développement et l’actualisation du patrimoine artistique tunisien, notamment le travail du bois, de la pierre, du cuivre, de la laine, du cuir et de l’argent. D’ailleurs, Bellagha travaillait beaucoup le bois pour réaliser des compositions de natures mortes et mixait toujours les techniques pour créer ses œuvres aux couleurs éclatantes.

Il partageait ces principes avec les autres artistes du courant artistique de l’École de Tunis, dont il a été membre.

Il a contribué à la réalisation de l’écomusée Dar Gmach dans le village de Takrouna. En 2003, il a reçu le Prix National des Arts Plastiques. Trois années plus tard, il a été l’invité d’honneur au salon de l’artisanat de Tunis. Une vie d’artiste bien remplie qui mêle avec délicatesse art et artisanat.

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Le photographe Jellel Gasteli expose à Paris et à Tunis à partir de mi-novembre!

Le photographe Jellel Gasteli expose à Paris et à Tunis à partir de mi-novembre!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Du 16 Novembre 2018 au 19 Janvier 2019, se tiendra l’exposition du photographe Jellel Gasteli au Salon H à Paris, et du 26 Novembre 2018 au 6 Janvier 2019, aura lieu une 2ème exposition de l’artiste, mais cette fois-ci à Tunis, à Selma Feriani Gallery. Ideo Magazine vous parle de ces deux rendez-vous à ne pas manquer!

Se distinguant par un style artistique singulier, Jellel Gasteli a su se démarquer à l’échelle internationale. En effet, les photographies de cet artiste ont fait le tour des galeries de renom à travers le monde! Par un style abstrait et minimaliste, et grâce à une nouvelle manière d’aborder la photographie, Gasteli a su conférer une valeur esthétique inégale aux murs vernaculaires, d’habitude banalisés.

Ses deux nouvelles expositions, qui débuteront au cours du mois de Novembre, mettront effectivement en avant ses clichés réalisés à Tunis, Marrakech, au Caire et d’autres villes du monde arabe et d’ailleurs!

La première exposition se tiendra à Paris, à la galerie d’art «Le Salon H», du 16 novembre 2018 au 19 Janvier 2019. Certaines des photographies qui seront exposées ont été sélectionnées à la Biennale des photographes du monde arabe contemporain qui s’est tenue à l’institut du monde arabe en 2017.

La 2ème exposition aura lieu à Selma Feriani Gallery à Tunis à partir du 25 Novembre 2018, date du vernissage de l’exposition, et se poursuivra jusqu’au 6 Janvier 2019.

Les photographies qui seront présentées lors des deux expositions, témoigneront d’un certain travail de réflexion, et d’un grand intérêt porté au vécu des murs; sources d’inspiration et matière de travail de Gasteli.

Elles seront également un hommage au grand écrivain défunt Abdelwahab Meddeb. En effet, Jellel Gasteli a décidé de donner un écho pictural aux carnets des textes inédits de cet écrivain, en proposant ainsi une déambulation dans les ruelles de Marrakech, Tanger et d’autres villes encore !

Soyez au rendez-vous pour découvrir le travail exceptionnel du photographe Jellel Gasteli!

Pour en savoir plus sur les 2 expositions :

Expo à Paris au salon H, plus d’infos ICI!

Expo à Tunis à la Selma Feriani Gallery, plus d’infos ICI!

Et découvrez ICI le livre « BARKHANES » de Jellel Gasteli!

 

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Un fil dans la Boîte, «suivez la ligne»: Une performance de l’artiste Elma Riza!

Un fil dans la Boîte, «suivez la ligne»: Une performance de l’artiste Elma Riza!

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Du 26 octobre 2018 au 15 février 2019, "La Boîte", galerie d'art contemporain à Tunis accueille l'installation-performance de l'artiste Elma Riza. Une exposition qui vaut le détour!

Depuis sa création il y a dix ans, dans les locaux du groupe Kilani à la Cherguia, «La Boîte» nous a habitués en matière d’Arts Plastiques, grâce à sa directrice artistique Fatma Kilani à l’inattendu et au conceptuel. Aujourd’hui, avec l’assistance de Patricia Triki, Elle nous surprend encore avec les performances jamais identiques, toujours renouvelées, de Elma Riza, artiste franco-tunisienne qui vit et travaille à Berlin dans le domaine des arts visuels. Elma Riza, diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Berlin, développe ses recherches autour de la notion d’espace en utilisant différents médiums: la photographie, la vidéo, la sculpture, le dessin, l’installation-performance. La plupart de ses installations sont des œuvres éphémères réalisées sur place.

J’entends mon voisin, artiste, dire: «c’est fou ce qu’on peut faire avec un fil». Nous avons une pensée pour «la linea», série d’animation italienne d’Osvaldo Cavandoli qui partait d’une ligne pour conter d’improbables histoires. À La «Boite», Elma Riza installe devant nous un univers de lignes dans l’espace, fait d’un fil bleu détendu, qu’elle organise peu à peu en trajectoires, d’un point du sol ou du mur à un autre, jusqu’à ce que, après de nombreuses errances rectilignes, il s’arrête au bout du dessin. Et elle dit: «je tire le trait jusqu’au bout, je ne laisse pas le crayon sur la page».

Entre chaque point d’inflexion, l’artiste se ménage une pause pour réfléchir où aller. On peut sentir le temps qui passe et voir le trait qui repart vers un ailleurs toujours impossible à prédire.

À l’origine de l’Art Plastique, était le trait, la trace, le tracé. Et le trait à donné naissance au territoire, à la carte et aux frontières puis, grâce à la perspective, au volume. Avec Elma Riza, un paysage abstrait s’édifie devant nous. C’est une fabrication publique, une gestuelle de l’action. Le trait a pris son autonomie, il évolue librement dans l’espace. Un spectateur attentif y a vu une métaphore de la vie: «d’un point à l’autre, un tracé volontaire puis une agitation un peu brouillonne sur un plan, avant de repartir dans une autre direction et une nouvelle agitation pleine de repentirs».

À chaque point fixé, plusieurs avenirs possibles. La performance est éphémère. Son enregistrement vidéo ne fait que la documenter et ne peut transmettre le vécu. Fatma Kilani parle de «filage» au sens théâtral du terme, mais c’est un filage d’archive, pas un filage d’avant première. Seule compte la performance installée dans le temps et dans l’espace. Le fil bleu, couleur de la concentration selon Maurice Merleau- Ponty, visite et décrit l’espace. Ce n’est pas un fil rouge qui impose sa présence, ce n’est pas une ligne blanche, la ligne à ne pas franchir, c’est un baladin de l’espace et du temps.

Elma Riza aborde plusieurs thèmes: celui du corps comme élément visuel faisant partie de la composition de l’œuvre celui du dialogue entre les formes et les espaces crées, celui du vide, de l’instant d’après.

Quand? du 26 octobre au 15 février 2018

Où? «La Boîte» est au 2e étage du siège du Groupe Kilani, sis au 25 rue 8603 à La Charguia I.

Pour plus d’infos cliquez ICI!

 

 

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Picasso: Pourquoi 45 ans après sa mort l’artiste aux 50000 oeuvres fascine encore?

Picasso: Pourquoi 45 ans après sa mort l’artiste aux 50000 oeuvres fascine encore?

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Sans doute parmi les peintres les plus connus du monde, Pablo Picasso a changé l’histoire de l’art à travers ses œuvres célèbres dans le monde entier. Ideo Magazine vous parle du parcours de ce fameux peintre espagnol qui aurait fêté ce 25 Octobre 2018 son 137ème anniversaire.

// Les débuts de Picasso, un artiste hors du commun

Originaire de Malaga (Espagne), Pablo Ruiz Picasso (25 Octobre 1881-8 Avril 1973) a passé la plus grande partie de sa vie en France. Artiste prolifique, il a pu créer des milliers d’œuvres se rattachant à diverses disciplines, en plus de la peinture telles que la sculpture, la gravure, la céramique et l’écriture. Il a été l’un des artistes les plus influents du 20ème siècle. Son art a été son moyen d’exprimer ses positions politiques,  comme en témoigne des œuvres comme Guernica (1937), qui a été réalisée suite au bombardement de Guernica.

À ses débuts, Picasso a été encouragé par son père, professeur de peinture à l’époque. Le peintre espagnol a commencé à produire des toiles depuis l’âge de huit ans, mais sa 1ère œuvre académique était La Première Communion (1895). Science et charité (1896), était l’une de ses plus importantes toiles d’enfance.

// Un parcours contrasté par les Périodes «bleu et rose»

Picasso a étudié à l’école des Beaux-Arts de Barcelone et a entamé des études à l’Académie Royale de San Fernando (Madrid), qu’il n’a pas poursuivies. Mais ce sont ses expériences vécues auprès des paysans du village Horta de Sant Joan , ou celles avec ses amis et ses compagnes qui l’ont le plus inspiré dans son travail créatif. Même les plus tragiques d’entre elles, comme la mort de sa sœur ou celle de son meilleur ami Carlos Casagemas, ont été traduites en œuvres phares de l’histoire de l’art (toile :La Mort de Casagemas (1901).

Ces évènements bouleversants ont été à l’origine de la «Période Bleue» par exemple. Une période qui s’est distinguée par des œuvres teintées essentiellement en bleu et marquées par les thèmes de la mort et du chagrin. Parmi les œuvres phares de la période bleue, on peut citer: Dama en Éden Concert (1903), La Vida (1903), Las Dos hermanas (1904), La Celestina (1904). Une période qui a duré 3 années à partir de 1901, pendant laquelle Picasso a connu de grandes difficultés financières. . Les œuvres de la période bleue étaient dévoilées pour la 1ère fois en 1903 dans une exposition de groupe chez Berthe Weill.

La période rose commence avec la rencontre de sa 1ère compagne Fernande Olivier en 1904. Les œuvres de Picasso ont basculé vers les teintes chaudes (notamment le rouge) et vers les thèmes de la joie et de l’inquiétude existentielle. Les œuvres clés de cette période sont La Famille de Saltimbanques (1905) , Les Trois Hollandaises (1905) et d’autres encore.

// Fondateur du Cubisme

Entre 1906 et 1907, Picasso a réalisé l’œuvre fondatrice du Cubisme: Les Demoiselles d’Avignon. Dès lors, il a enchainé les toiles cubistes, avec l’artiste Georges Braque. Le mouvement artistique du Cubisme se base sur la représentation bidimensionnelle d’un objet ou d’un sujet, à travers des formes géométriques simples. En effet, l’artiste décompose l’objet en multiples cubes (d’où le nom du Cubisme) et a recours à des signes et symboles correspondant à la réalité connue de l’objet ou du sujet en question. Parmi les oeuvres cubistes de Picasso, on cite : Seated Woman (1927), La Femme qui pleure (1937) ou encore Jacqueline with flowers (1954).

//Picasso et ses muses

Picasso connu durant sa vie 9 femmes, pourtant il ne se mariera qu’avec 2 d’entre elles. Chacune à sa manière apportera à l’artiste un regard neuf sur sa peinture. Bien que leur point commun soit la jeunesse, chacune d’elles est différente, tantôt sombre, tantôt artiste, tantôt femme-enfant. Sa dernière compagne et épouse sera Jacqueline avec qui il vivra les 20 dernières années de sa vie.

// Après sa disparition

Depuis la mort de Picasso, de nombreuses expositions sont régulièrement organisées en son hommage. Ses œuvres ne cessent d’atteindre les records aux enchères. Plusieurs établissements éducatifs et grands musées internationaux portent aussi son nom.

Ainsi Pablo Picasso a exploré plusieurs mouvements artistiques et champs de créations tout au long de sa carrière, difficile d’en parler d’une manière exhaustive en un seul article. Il s’est inspiré de plusieurs cultures (l’Afrique, de l’Espagne, de la France et d’autres encore) pour créer ses œuvres. Cet artiste espagnol universel se réfugiait dans son art dans les moments difficiles et pour exprimer ses opinions politiques. 45 ans après son décès, il reste un des plus grands artistes de tous les temps grâce à ses toiles révolutionnaires.

 

 

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La galerie La La Lande présente l’exposition «Trame du réel»

La galerie La La Lande présente l’exposition «Trame du réel»

ÉCRIT PAR Edia Lesage

La galerie La La Lande, animée par Ilyes Messaoudi et Sofien Trabelsi, s’est fait sa place dans l’Art contemporain, avec des expositions originales et pensées qui incitent au débat. Elle expose prochainement du 25 octobre au 15 novembre 2018, les travaux de cinq artistes réunis autour d’un même thème, par la jeune commissaire d’exposition Kamar Triki qu’elle a intitulé «Trame du réel».

Kamar Triki s’intéresse à l’étude des processus de commercialisation et de diffusion des œuvres d’art contemporain. Alors qu’elle lisait un article sur l’art moderne qui avait trait à des recherches sur le collage, cette technique lui est apparue comme une «trame du réel»: en créant, l’artiste, donne à voir une frange du réel et donne un sens nécessaire à la construction de toute réalité. Il prélève dans la trame du réel, des représentations des éléments physiques ainsi que de son imaginaire personnel et collectif. Il y a une sémantique autour du collage, une ou des histoires riches que l’on juxtapose pour en faire une, la sienne.

Les artistes exposés, Hana Ben Ali, Dorra Mahjoubi, Matthiew Rose, Leo Chibana et Ahmed Zelfani travaillent différemment mais s’efforcent de saisir des fragments du réel qui correspondent à leur identité.

Dorra Mahjoubi dans la continuité des «Pas», continue, avec son projet «Madame Salammbô» son travail de questionnement sur l’image de la femme à différentes époques. À partir de portraits de femmes, d’ici ou d’ailleurs, du passé ou du présent, elle s’intéresse à leurs fractures personnelles, leurs frontières intimes. L’impression par transfert favorise l’incrustation de l’image comme une nouvelle tentative d’offrir des racines à ces portraits de femmes bloquées dans « un ailleurs ».

Hana Ben Ali est une artiste dont le travail plastique combine deux modes d’expression, la peinture et la couture. Originaire de Nabeul, ville connue pour ses activités manuelles, elle puise son inspiration d’un héritage visuel conditionné par ses images d’enfance pour traiter les problèmes du monde d’aujourd’hui. Les sujets de ses œuvres aux couleurs fraîches sont ancrés sur les activités du quotidien, «trame du réel» qu’elle veut mettre en valeur.

Ahmed Zelfani est un artiste autodidacte qui pratique la photo-peinture. Il cherche notamment à dégager une poésie en superposant des couches de peintures à des supports photographiques. Il recrée ainsi une étrange réalité personnelle, qui nous interpelle.

« 知花玲央 Leo Chibana »  a été influencé par les productions culturelles de son époque. Nourri de mangas et de films d’épouvante, il montre un goût pour le surréalisme et l’absurde. Ses œuvres puisent dans la pop culture et dans celle de sa ville natale, Okinawa, connue pour son climat subtropical. Dans sa série «Across the Multiverse», l’artiste invoque par le biais de ses collages aux couleurs éclatantes les joies de la vie et invite le spectateur à embarquer pour un voyage dans le temps. Pour lui, le collage est un «matériau très subtil qui permet de capter l’essence des choses ».

Pour Matthew Rose, artiste américain basé à Paris, le collage est un substitut à l’écriture, une façon de rédiger un roman.Les papiers qu’il utilise proviennent de différentes origines et racontent différentes histoires qu’il collectionne, assemble, coupe et colle afin de nous livrer sa propre partition.

L’exposition organisée par Kamar Triki constitue une improbable réunion de composants hétérogènes, produits par des artistes aux passés différents, issus de cultures diverses et de différentes générations. Ils mêlent les moyens d’expression au service d’une même obsession, la quête du réel.

Commissaire d’exposition : Kamar Triki
Galerie La La Lande – 11 rue Lalande 75014

Vernissage le 25 octobre à partir de 18h

 

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«Supercalifragilisticexpialidocious» : La nouvelle exposition collective à la Galerie Alain Nadaud

«Supercalifragilisticexpialidocious» : La nouvelle exposition collective à la Galerie Alain Nadaud

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Le 26 Octobre 2018, aura lieu le vernissage de l’exposition collective «Supercalifragilisticexpialidocious» à la Galerie Alain Nadaud. Ideo Magazine vous parle de cet évènement.

Une nouvelle exposition collective est organisée ce 26 Octobre 2018 (de 17h à 20H), à la Galerie Alain Nadaud (Espace Art Sadika) par les artistes Alia Derouiche Cherif et Michela Marguerita Sarti. Le nom de l’exposition est «Supercalifragilisticexpialidocious». Ce mot est le titre d’une chanson figurant dans le film Mary Poppins (1964), et qui –selon cette chanson- a le pouvoir de sortir les gens d’une situation difficile et même de changer leur vie.

Lors de cette exposition, vous pourrez découvrir les oeuvres des artistes :

Houda Ajili – Walid Zouari – Amira Mtimet – Najah Zarbout – Malek Sadallah – Nesrine Elamine – Jneina Messaoudi – Marianne Catzaras – Meriem Dechraoui – Michela Margherita Sarti – Mohamed Amine Hammouda – Faycel Mejri – Fatma Fehri – Mouna Fradi – Souheil Nachi – Malek Ennaifer – Mourad Harbaoui – Sonia Ben Slimane – Mohamed Ben Dhia – Alia Derouich Cherif – Kaouther Bahri Darghouth.

Soyez au rendez-vous pour cette exposition! Pour plus d’infos c’est par ICI!

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L’artiste japonaise Yayoi Kusama dévoile sa nouvelle exposition stupéfiante à Londres!

L’artiste japonaise Yayoi Kusama dévoile sa nouvelle exposition stupéfiante à Londres!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

«The Moving Moment When I Went to the Universe» est la nouvelle exposition de l’artiste japonaise incontournable de l’Art contemporain Yayoi Kusama. L’exposition se déroulera du 3 Octobre au 21 Décembre 2018 dans la galerie Victoria Miro à Londres. Ideo Magazine vous parle de cette installation spectaculaire.

// Yayoi Kusama: figure incontournable de l’Art contemporain

L’artiste japonaise âgée de 89 ans, Yayoi Kusama compte parmi les plus grands noms de l’Art contemporain. Figure incontournable de la scène artistique internationale, Kusama a exposé ses œuvres impressionnantes dans les galeries, biennales et musées les plus importants au monde (Amérique, Australie, Finlande, France, Espagne et plusieurs autres pays). Cette artiste a étudié la peinture à Kyoto, mais s’est ouverte au cours de sa carrière sur plusieurs autres champs de création tels que la gravure, l’art de l’installation, la littérature et la sculpture. Elle s’est installée à New York pendant les années 1950, et a vite réussi à gagner une notoriété internationale remarquable grâce à ses œuvres impressionnantes.

// Sa nouvelle exposition «The Moving Moment When I Went to the Universe» 

Yayoi Kusama se singularise par un style artistique ludique, où couleurs et géométrie s’entremêlent pour créer des univers de fantaisie invitant à l’évasion. À travers ses créations, Yayoi Kusama réinvente l’espace et transporte le spectateur vers un ailleurs. Sa nouvelle exposition, «The Moving Moment When I Went to the Universe» déployée au sein de la galerie Victoria Miro à Londres, s’inscrit dans ce même style de création décalé. Ce projet artistique propose de nouvelles peintures et sculptures bariolées orchestrées à travers des scénographies miroitées et lumineuses, créant des illusions visuelles surprenantes.

Les œuvres de cette exposition invitent les visiteurs à interagir avec, à se déplacer autour d’elles et à les percevoir des différents cotés. L’artiste a créé des environnements immersifs en jouant avec les formes et les couleurs, l’espace et le temps.

Dans cette exposition de Kusama, on trouve également, des œuvres de la série iconique «My Eternal Soul». Les formes emblématiques de l’art de Kusama; celles des citrouilles et des fleurs inspirées du vécu de l’artiste (champs qui entouraient la maison de son enfance), sont fortement présentes dans l’exposition. En effet, on retrouve des sculptures de citrouilles et des fleurs peintes en bronze. On retrouve aussi les motifs répétitifs de pois en pointillés, qui viennent rythmer l’espace, aux côtés des couleurs vives et éclatantes des œuvres. Yayoi Kusama a également créé une Infinity Mirror Room inédite, créée spécialement pour cette exposition. Une installation artistique et visuelle à ne pas rater!

victoria-miro.com

 

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Néjib Belkhodja, peintre tunisien à la renommée internationale

Néjib Belkhodja, peintre tunisien à la renommée internationale

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Néjib Belkhodja est l’une des figures emblématiques de la peinture tunisienne. Se distinguant par un style artistique singulier, cet artiste a su se démarquer et gagner une notoriété internationale incontournable. Retour sur l’histoire de ce peintre tunisien véritablement visionnaire.

//Néjib Belkhodja, un peintre aux origines multiples

Le peintre Néjib Belkhodja est issu d’une famille aux origines diverses. Son père était de la bourgeoisie tunisoise d’origine turque spécialisée dans la fabrication de la Chéchia tandis que sa mère était néerlandaise, cantatrice à l’Opéra de Paris.

L’artiste a effectué ses études à l’École des Beaux-Arts de Tunis, mais sa formation académique n’était pas le seul facteur de sa réussite. En effet, la richesse de ses origines ainsi que son vécu au sein de la Médina de Tunis, ont contribué à lui forger un savoir ouvert sur le monde.

//Un style de peinture abstrait et authentique

On reconnait facilement les œuvres de Néjib Belkhodja grâce à l’empreinte singulière de cet artiste. Ce dernier a choisi de représenter les traits architecturaux distinctifs de la Médina de Tunis d’une manière abstraite, réinventée et inédite. En effet, il combinait calligraphie et architecture pour se créer un style de peinture propre à lui, à la fois enraciné dans sa culture et intégré dans un langage abstrait universel. Avec des jonctions ingénieuses de lettres arabes et arcades, de tracés horizontaux et verticaux, il a réussi à se faire connaitre à travers des œuvres phares telles que : «Medina Entre Deux Orages» (1982) et «Medina»(1992).

Ce mode d’expression qu’il a créé était son arme pour contrecarrer l’uniformisation de la peinture et les clichés artistiques institutionnalisés. Cette approche lui a permis également d’avoir une notoriété à l’échelle internationale.

// Vers une reconnaissance internationale

Néjib Belkhodja a commencé à exposer son travail artistique en 1956. Durant cette année, il a reçu le Prix Municipal de Tunis au Salon international. Il a poursuivi sa carrière en France, en Italie et au Maroc. Il a participé à plusieurs expositions collectives dans les quatre coins du monde. Du Royaume-Uni jusqu’aux Etats-Unis, en passant par la France et l’Allemagne, ses oeuvres ont fait le tour des les galeries internationales. En 1964, Néjib Belkhodja remporte la Médaille d’or du prix de la Peinture à Milan. Ce même Prix qu’il remporte en Egypte quatre ans plus tard (1968). Pendant la même année, il reçoit le Prix National pour la peinture de la Cité internationale des arts de Paris. En 1991, il organise une exposition à Tunis avec l’un des pionniers de l’Art moderne arabe, l’artiste Irakien Dia Azzawi.

// Un grand nom immortalisé

Après sa disparition, pour lui rendre hommage, la Fédération tunisienne des arts plastiques a créé «le Prix Néjib Belkhodja des arts plastiques». Ce prix est décerné chaque année aux artistes talentueux tunisiens et étrangers, au musée de la ville de Tunis (Palais Keireddine à la Médina de Tunis), lors de l’exposition annuelle de la Fédération.

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«MONU-MENTAL»: l’exposition de l’artiste Saint Hoax qui fait revivre le patrimoine moderne de Beyrouth

«MONU-MENTAL»: l’exposition de l’artiste Saint Hoax qui fait revivre le patrimoine moderne de Beyrouth

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Du 10 au 14 octobre 2018, s'est déroulée l’exposition de l’artiste Saint Hoax au «Dôme» à Beyrouth, et intitulée «MONU-MENTAL». Zoom sur une exposition qui fait revivre une ruine moderne!

À chaque pays ses polémiques: si en Tunisie, la cité de la Culture et la préservation du Patrimoine font couler beaucoup d’encre, à Beyrouth, la problématique patrimoniale est l’occasion de ressusciter de splendides ruines en y organisant des événements.

Autrefois dénommé «Le grand théâtre», «Le Beirut City Center» est un monument architectural stigmatisé par la guerre, appelé à être rénové, puis détruit, puis abandonné, en plein centre ville. Aujourd’hui, on l’appelle tour à tour «The Egg» (l’œuf),  « el-Saboun» (le savon) ou encore «Le Dôme» et on se bat pour le préserver.

Non loin de la place des martyrs, il choque, surprend, attire l’œil. Par sa forme singulière, ovoïde et haut perché, cette «soucoupe volante» offre à la vue des entrailles sombres surmontée par un scalp gigantesque. Vestige de l’histoire moderne de Beyrouth, mais aussi de celle de la guerre civile, «the Egg» vient poser la question de la mémoire et de ce qu’il convient de conserver ou non de l’héritage urbain.

Mercredi 10 octobre, il ressemblait à un extra-terrestre, la tête hypertrophiée illuminée d’un halo de lumière mauve. À la place des yeux, les mots «Plastik Gallery» inscrits en néon rose. Ces orbites lumineuses brilleront jusqu’à dimanche soir pour montrer ce que «le Dôme» a dans ses entrailles: les œuvres peintes ou en vidéo d’un artiste «anonyme», Saint Hoax qui détourne l’imagerie populaire en œuvres mordantes et critiques.

Le vernissage de l’exposition était un happening joyeux, avec tapis rouge et champagne coulant à flots dans des coupes aussi dorées que la jeunesse qui gravissait avec précaution les marches du bâtiment trop longtemps en ruine.

Pour sa troisième exposition en solo, la première au Liban, l’artiste, qui se dissimule sous le pseudonyme de «Saint Hoax», a vu les choses en grand, en  Monu-mental», comme il l’intitule. Pour désigner le lieu, d’abord, un monument rescapé de la guerre et de la reconstruction. En allusion aussi à l’état d’esprit corrosif et politiquement incorrect dans lequel son œuvre baigne. C’est du reste à Mariana Wehbé, la star de l’événementiel libanais qu’a été confiée la campagne marketing ainsi que le lancement de la «Plastik Gallery».

Ajoutons à cela que l’artiste sait se vendre notamment sur son compte instagram où il poste à ses 755 000 followers des vidéos, des œuvres et des collages en tous genres. Ses sujets de prédilection sont la culture pop, les violences domestiques et les malheurs des réfugiés syriens auxquels il consacre régulièrement le revenu de ses actions.

À Beyrouth, l’exposition au «Dôme» se voulait multiple,  monumentale et la classe internationale en a pris pour son grade , Poutine et Trump en vedettes.

Une effigie gonflable du président américain sur un char de guerre trônait d’ailleurs à l’entrée de l’exposition. Elle avait fait le tour de Beyrouth, largement photographiée par les passants.

Si en Tunisie on reste dans le «politiquement correct», les visiteurs n’étaient pas choqués de tant d’irrévérences, d’allusions moqueuses et d’idées originales.

Les projections, sur le grand écran du «Dôme» ont permis de restituer au grand théâtre ce qu’il fut: le cinéma mythique construit en 1965 sous la direction de l’un des pionniers du modernisme au Liban, l’architecte Joseph Philippe Karam assisté de l’ingénieur Georges Tabet .Quelle que soit l’appréciation que l’on peut porter sur la qualité artistique de l’événement il aura eu le mérite de mettre le projecteur (au sens propre du terme) sur un bâtiment qui se trouve au cœur du débat patrimonial .

Ce n’est pas un immeuble menaçant ruine, mais pourtant bien des spéculateurs souhaitent sa démolition.

Y aura-t-il un jour à Tunis un happening dans le même esprit à «l’hôtel du Lac» dont la destruction semble programmée ?

 Plus d’infos ici: Instagram: Sainthoax

 

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Open Art Week, le festival international d’Art contemporain qui débarque à Tunis!

Open Art Week, le festival international d’Art contemporain qui débarque à Tunis!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

La manifestation multidisciplinaire d’art contemporain Open Art Week (OAW), qui s’est déroulée en première partie à Perugia en Italie du 29 Septembre au 7 Octobre débarque à Tunis du 13 au 21 Octobre 2018. Zoom sur ce festival très prometteur!

L’Art contemporain a connu des changements radicaux, notamment ces dernières années dans les pays méditerranéens. En effet, de nouvelles pratiques artistiques contemporaines ont vu le jour, et de nouveaux espaces de productions artistiques se sont imposés comme des alternatives aux institutions publiques et galeries privées. C’est dans ce contexte que le projet Open Art Week trouve son origine.

Ce festival se veut un espace d’échange créatif itinérant dans le monde entier, et ce à travers la création d’un réseau international d’espaces indépendants basé sur trois secteurs d’interventions: la cartographie des espaces indépendants participants, l’échange d’artistes et de managers; la co-organisation d’une semaine d’art -Art Week- itinérante dans les pays participants.

L’objectif de Open Art Week est ainsi d’offrir les ressources et les moyens nécessaires, ainsi que d’organiser le nouveau secteur culturel indépendant, et de lui offrir une meilleure visibilité internationale.

Pour l’année 2018, Open Art Week, va réunir, plus de 40 artistes issus des deux pays: La Tunisie et l’Italie (Chaque année, elle intégrera un nouveau pays). Des artistes comme le danseur Rochdi Belgasmi et l’artiste visuelle Mouna Jemal Siala seront présents. Ce festival inclura des projections de films, des spectacles de danse, des concerts de musique, des expositions photographiques, du théâtre et de la Bande Dessinée.

Pour savoir plus sur le programme d’Open Art Week, ainsi que sur les espaces accueillant les œuvres artistiques contemporaines, cliquez ICI!

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Pourquoi « le Central » à l’espace « le 15 » est la nouvelle expérience artistique à vivre au centre ville?

Pourquoi « le Central » à l’espace « le 15 » est la nouvelle expérience artistique à vivre au centre ville?

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Du 5 au 22 octobre 2018, la galerie d’Art «le Central», située au rez-de chaussée du "15" à Tunis accueille l'exposition "Wesh Fatma?". Un nouveau lieu d'effervescence culturel au coeur de la capitale!

L’avenue de Carthage, tracée à la fin du 19ème siècle, est une des plus anciennes voies de Tunis. En 1901, l’ancienne municipalité qui abrite aujourd’hui les services techniques de la ville a été édifiée sur cette avenue avec un recul des immeubles en face pour ménager une placette. En 2018, sur cette placette, on remarque parmi les immeubles du début du 20ème siècle qui la bordent un édifice 1920, à l’angle de la rue menant à la gare, récemment restauré avec finesse par le groupe MENINX, « Le 15 ».

Ce bâtiment à caractère patrimonial au 15 de l’avenue de Carthage est un complexe dédié aux start-up, à la création et à l’innovation technologique. Au rez-de chaussée, la galerie d’Art dénommée «le Central», n’avait pas encore inauguré sa programmation artistique.

C’est chose faite depuis le 5 octobre 2018. Sous la direction de Emna Ben Yedder, le «Central» a présenté des œuvres de jeunes talents (1) des arts plastiques, de la photographie et de la musique sur le thème «Croyance et Superstition». À quelques dizaines de mètres, au 42, rue Ben Ghedhehem, des artistes confirmés (2) ont proposé leur interprétation du thème. Ces Œuvres, annoncées par une affiche très graphique de Becem Sdiri, s’accompagnent d’un monologue écrit  «Wesh  Fatma» où Yesmine Karray, son auteure, interroge «Fatma», la gardienne des traditions, notre «grand-mère fantasmée» et ses démêlés avec nos rêves «d’éduqués modernes éclairés progressistes». C’est que les programmes du «Central» ne se limitent pas à des installations mais sont composées autour d’un thème réunissant plusieurs interventions qui se donnent mutuellement sens. Pendant les deux semaines de  «Croyances et Superstitions», sont prévues des visites de lieux urbains hantés (Jamal Bensaiden alias @wildtounes), des lectures de contes (Tahar Fazaa), des discussions psychanalytiques (Raja Labbane et Ibtissem Dridi) des projections de films, un atelier lâcher-prise et les visions d’une «daguezza».

Ce format d’expériences artistiques culturelles et décloisonnés sera la marque de fabrique du «Central» dont un angle de l’immeuble sera signé du graffeur «Jaye». On ne peut que souhaiter plein succès à ce nouveau-né de l’animation culturelle, au centre ville, là où la nuit vide les lieux et les rues. L’espace du Central est petit contrairement à celui de la «Cité de la Culture» mais son terrain de jeu est grand: c’est la ville et la vie.

(1)Les plasticiens : Abdelmajid Ben Khalifa, Aziza Boughanmi et Mohamed Riadh Jebabli, Becem Sdiri, Mahrez Taleb, Sana Chebby, Yacine Blaïech , alias Mogli. La musique : Aziz Kallel alias DA CHE, Mohamed Barsaoui, Slouma Benz, Ariel Betti

(2)Jaye, Kaïs Dhifi, Lilia El Golli, Mohamed Ghassan, Ymène Chetouane.

Pour plus d’infos sur le central, cliquez ICI!

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Qui est Insaf Kilani, l’artiste qui sublime l’art de la calligraphie?

Qui est Insaf Kilani, l’artiste qui sublime l’art de la calligraphie?

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

Enseignante et artiste, Insaf Kilani est depuis toujours passionnée par la calligraphie arabe. Nous l’avons rencontré dans son atelier insolite au cœur de Sidi Bou Saïd.

À l’heure où la calligraphie arabe est portée tel un design graphique par de nombreux artistes d’art contemporain, Insaf Kilani revient aux sources de cet art ancestral pour lui redonner sa grandeur et toute sa signification. Précises, raffinées, et sensibles, ses œuvres sont le reflet des âmes des plus grands poètes arabes.

Racontez-nous votre parcours :

Depuis mon enfance, j’ai été attiré par l’art de la calligraphie arabe. Une passion que m’a transmise mon père, calligraphe amateur. C’est donc tout naturellement que je me suis inscrite l’École des beaux-arts de Tunis pour poursuivre un cursus en art graphique. Je suis aujourd’hui titulaire d’un doctorat sciences et technologies du design et j’enseigne à l’Institut Supérieur des Cadres de l’Enfance à Carthage où j’enseigne les Arts plastiques. Je me suis lancée dans la production d’œuvres calligraphiques à la suite d’un heureux hasard : en effet, lors de mon mariage ma belle-famille me fit cadeau d’un superbe collier composé de pièce d’or. Ne pouvant le porter, je l’ai défait pour en faire un tableau. Ainsi les pièces étaient mises en valeur autour d’une écriture coranique calligraphique. C’est à partir de cette œuvre, que ma passion est devenue réalité.

Parlez nous de votre démarche artistique ?

Chaque œuvre, chaque composition a pour moi une signification. Ainsi chaque tableau est le plus souvent destiné à une personne. Les poèmes arabes de poètes tels que Sghaïer Ouled Ahmed ou Nizar Kabbani sont pour moi également des sources d’inspiration. J’aime aussi utiliser les initiales correspondant à cette personne pour en faire une composition graphique personnalisée.

Au départ, j’utilisais le papier comme support, aujourd’hui j’utilise également la céramique pour réaliser des pièces uniques. Mes couleurs de prédilection sont le doré, l’argenté le marron et les tons de beige.

Concernant les œuvres sur papier, je réalise des petits formats, même des miniatures. Un travail complexe fait de petits détails. Le travail de dessin au fusain fait également partie de mes passions.

Vos dernières expositions:

L’année dernière, j’ai eu la chance de participer à ArToulouse, salon d’art contemporain, où j’ai reçu grâce à une de mes œuvres le premier prix. Ma dernière exposition fut à la galerie Arty Concept et j’espère bientôt travailler sur une nouvelle exposition personnelle.

Vos projets futurs:

Je travaille actuellement sur un nouveau support pour réaliser ce que j’appelle des bijoux de famille. Un projet qui me tient à cœur et que je dévoilerais bientôt.

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Retour sur les JACC, première foire d’art contemporain en Tunisie

Retour sur les JACC, première foire d’art contemporain en Tunisie

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Les Journées d’Art Contemporain de Carthage (JACC) se sont déroulées du 19 au 23 septembre 2018. Retour sur cette nouvelle édition!

Au commencement, en 1966, étaient les JCC puis sont venues les JTC et les JMC. Par la suite, le mouvement s’est accéléré avec la fin des travaux de la cité de la Culture et plusieurs autres journées de Carthage sont nées. Les deux dernières étant les journées des Arts de la Marionnette de Carthage, et les Journées d’Art Contemporain de Carthage.

La création des JACC a pour but «de donner de la visibilité à la production artistique tunisienne aux échelles nationale et régionale ainsi qu’à organiser le secteur des arts plastiques et le marché de l’Art. La décentralisation par l’implication des régions et l’accompagnement à la production artistique et la diffusion des œuvres des jeunes créateurs font partie des priorités de ces journées».

La manifestation se déroulait dans le grand hall de la cité de la culture, son inauguration a eu lieu le vendredi 19 septembre 2018. On y trouvait au niveau de l’accès, les stands de 9 galeries tunisiennes et 8 étrangères sobrement constitués par des paravents gris souris. Quelques œuvres des grandes figures de l’art plastique de Tunisie étaient installées à l’entrée et à l’autre extrémité du hall se trouvaient les pavillons des régions. Les jeunes artistes, eux, étaient exposés au niveau inférieur.

Au total, cette première édition a enregistré la participation de 400 artistes plasticiens, 9 galeries tunisiennes, 8 galeries internationales et 700 œuvres ont été exposées.

Au préalable, ces journées avaient commencé par un «tour des régions» entre le 30 juin et le 02 septembre. Il s’agissait de Hammamet, Redeyef,  Kairouan, Kerkennah et Siliana.

Faten Chouba Skhiri,  directrice de cette édition a programmé des conférences sur le marché de l’Art et sur les tendances de l’Art contemporain ainsi que des remises de prix. Au final trois prix seront décernés: le Prix jeune créateur, du Prix du meilleur Projet Artistique Régional et du Prix de la critique d’art.

L’organisation de cette exposition a duré plusieurs mois. On peut cependant noter qu’il y avait plusieurs absents parmi les plasticiens et les galeristes invités. On peut aussi espérer que la prochaine édition soit largement médiatisée avant son ouverture et qu’une véritable signalétique soit développée dans le hall d’exposition.

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Méta Fort: L’artiste tunisienne Sana Braham Sanhaji expose en solo au Caire

Méta Fort: L’artiste tunisienne Sana Braham Sanhaji expose en solo au Caire

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Du 3 au 17 octobre 2018 , Sana Braham Sanhaji expose ses dernières œuvres au Gezira Art Center au Caire, invitée par le Ministère de la Culture Egyptien.

Sana Braham Sanhaji avait été remarquée au symposium de Louxor en 2015 auquel elle avait participé et, depuis, n’avait plus quitté son pinceau. Une invitation à exposer en solo avait été lancée pour octobre 2018.

Elle a commencé une thèse il y a vingt ans, intitulée «le corps de l’artiste en tant que support et outil de l’Art» et avait commencé à peindre avec son corps. Son encadreur, féministe, ne voulait pas que l’on touche au corps de la femme et ce projet de thèse fut donc abandonné mais l’idée ne la quitta pas pendant les vingt années qui suivirent.

Pendant cette double-décennie, L’artiste créa une famille, enseigna, ouvrit une agence de publicité, «Instants d’Art» avec Mouna Jmal, fit de la décoration, créa des bijoux, enseigna encore …et travailla avec ses élèves sur le thème « le corps et son double ». Jusqu’à ce que, après le symposium, son envie de peindre avec son corps réapparaisse peu à peu. Elle exposa à la galerie Kalysté en 2016 quarante toiles sous le titre évocateur «Danse, tons, denses» pour lequel elle n’avait pas encore utilisé son corps. C’est après la fin de cette exposition qu’elle s’est sentie libéré, autorisée à peindre comme elle l’entendait : corps et âme. Le corps et l’âme, ces deux ennemis intimes prisonniers l’un de l’autre pour toute une vie et l’au-delà.

L’artiste néolithique le savait bien, la représentation des corps est magique. Corps des animaux, corps des humains et bien sûr corps de la femme, comme l’a compris le sculpteur anonyme du paléolithique auteur de «la Vénus de Lespugue».
Plus près de nous, les miniaturistes, les peintres de chevalet et les photographes ont toujours pris le corps comme modèle.
Les suaires et les masques mortuaires sont une approche directe de l’appréhension du corps: c’est le corps lui-même qui produit son image, s’affranchissant des intermédiaires.
Par la même, il émet un rayonnement de ce que fut la personne, comme si à travers ses empreintes, on pouvait aller vers son âme.
C’est cette veine qu’explore Sana Braham, comme l’avait fait Yves Klein, avec une différence fondamentale : c’est l’artiste elle-même qui met son corps au service de l’Art. Si Yves Klein reste dans le statut habituel de l’artiste et son modèle, c’est le corps de l’artiste qui est l’œuvre avec Sana Braham.

La représentation du corps dans l’espace, qui est au centre de son œuvre et de son enseignement à l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis était une question qui l’habitait depuis longtemps : elle lui donnera vie.

C’est qu’il lui a fallu peu à peu constituer un capital d’énergie et d’audace pour exprimer son corps en tant qu’œuvre d’Art. Un soir de 2012, elle écrira : «On ira tous au Paradis, certes, mais avant de partir, je voudrai être moi aussi «dégagée», dégagée de ma fragilité, de mes illusions, de ce glissement étourdissant dans le futil, le vain et le dérisoire, je voudrai être dégagée de mes chaînes, des traditions, de mes complexes inhibant mon élan (…) de mes douleurs de mes maux et de mes prétextes».

Cette exposition exprime la libération d’une âme, l’envol d’une artiste, qui habillée de sa peinture comme d’un fourreau bien ajusté, nous fait partager au-delà de son émancipation, un immense hymne à la vie.

Quand? du 3 au 7 octobre 2018 

Où?El Gezira Art Center. 1, rue Cheikh Masafy, Zamalek, Salle Hassan Fawzy

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La galerie Alain Nadaud organise deux grandes expositions simultanées!

La galerie Alain Nadaud organise deux grandes expositions simultanées!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

En cette fin septembre, la galerie Alain Nadaud organise deux événements culturels d’envergure. Ideo magazine vous en dit plus sur ces deux expositions.

La Galerie Alain Nadaud organise dans le cadre des journées d’art contemporain de Carthage (JACC) deux expositions respectivement programmées à la Cité de la Culture et à l’espace Sadika.

La première  nommée «À l’envers du temps», se tiendra à la Cité de la Culture du 20 au 23 Septembre de 10h à 22h et accueillera 42 artistes. Et la deuxième, «À l’endroit du temps», qui est une exposition collective débutera le vendredi 21 septembre 2018 (jour du vernissage) à partir de 18h00, et durera jusqu’au 4 octobre 2018 à l’espace Sadika de Gammarth. Cet événement réunira 29 artistes de renom telle que Mouna Jemal Siala, qui nous a dernièrement fait vibrer par son installation artistique dans le cadre du festival INTERFERENCE à la Médina de Tunis.

Plus d’infos par ICI!

 

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«Graines de pensée»: Une exposition de Farah Khelil à la Selma Feriani Gallery

«Graines de pensée»: Une exposition de Farah Khelil à la Selma Feriani Gallery

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Ce 23 Septembre 2018, débutera l’exposition de Farah Khelil à la Selma Feriani Gallery à Sidi Bou Saïd.

Ce projet artistique de Farah Khelil exposé à la Selma Feriani Gallery est une sorte d’alternance entre textes et images, questionnant et s’ordonnant autour des dualités «pensée et connaissance», «nature et culture», «perte et transmission». Pour ce fait, l’artiste a eu recours à des cartes postales, des documents, de la projection, du papier peint, et des dessins en petits formats réalisés à partir des fragments d’un dictionnaire familial. C’est à travers des superpositions, des compositions et une installation de ces éléments, qu’elle a essayé de réaliser ces oeuvres. Un projet qui se réfère à l’histoire de l’art occidental, mais qui émane aussi de l’histoire et du vécu de l’artiste.

Farah Khelil a réussi à se forger un parcours assez impressionnant entre Tunis et Paris. Elle a notamment été formée à l’institut des Beaux-Arts de Tunis et a obtenu un Doctorat en Arts et Sciences de l’Art à la Sorbonne, elle a aussi enseigné l’art visuel à Panthéon-Sorbonne Paris I et a également exposé dans de nombreuses villes telles que Barcelone, Marseille…

Plus d’infos ICI!

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«Les villages du vent»: Marwen Trabelsi expose ses photographies au Musée du Bardo

«Les villages du vent»: Marwen Trabelsi expose ses photographies au Musée du Bardo

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

À la salle des expositions temporaires au Musée National du Bardo du 25 Septembre au 14 Octobre, se tiendra l’exposition « Villages du vent » de l’artiste Marwen Trabelsi.

Peintre, photographe et cinéaste, Marwen Trabelsi se présente aujourd’hui comme l’un des plus talentueux et polyvalents artistes contemporains tunisiens. Il a fait ses études en art et en communication, et en sciences et techniques des Arts à Nabeul, en Tunisie. Mais grâce à ses projets, il a pu faire le tour des galeries internationales et des festivals de cinéma mondiaux.

Parmi les prix qu’il a remportés, nous pouvons parler du premier prix en photographie décerné lors du Festimed de 2008, et du prix du meilleur sujet au festival international du court métrage de Casablanca pour « Maman est une étoile ».

Le 20 Septembre 2018, le public sera au rendez-vous au Musée du Bardo, avec l’une de ses expositions «Les villages du vent». Une sorte de «conte photographique», comme la qualifie le photographe. Une exposition qui met en avant six villages de la Tunisie sous l’effet du vent. Cet élément qui met la nature dans tous ses états. En effet, à travers une vingtaine de photographies numériques en noir et blanc et en couleur, accompagnée d’une installation vidéo, l’artiste Marwen Trabelsi témoigne des changements induits par le vent dans des paysages choisis de ces villages. C’est autour de cette idée que s’ordonne l’œuvre photographique et vidéographique «Les villages du vent».

Pour plus d’infos cliquez ICI!

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« Trajectoires »: Hajer Azzouz expose les artistes tunisiens à Paris

« Trajectoires »: Hajer Azzouz expose les artistes tunisiens à Paris

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Le mercredi 19 Septembre 2018 au 3-5 Avenue de Friedland à Paris huitième, aura lieu le vernissage de l’exposition «Trajectoires» à partir de 18h30. L’évènement est organisé par la Fondation Sisley- d’Ornano en collaboration avec la créatrice tunisienne Hajer Azzouz.

Il s’agit du vernissage d’une exposition itinérante de «La maison de la plage» (un atelier multidisciplinaire d’exposition, de rencontre et de réflexion) fondée par Hajer Azzouz. Cette créatrice tunisienne talentueuse et très polyvalente (collectionneuse, scénographe, designer) a fondé également le studio de design HAD basé à Tunis.

Ce qui distingue particulièrement Hajer Azzouz est que son travail est à l’image de sa personnalité et de son parcours. C’est le reflet même de l’expérience et du vécu de cette créatrice, et c’est ce qui lui permet de se singulariser et de se démarquer au milieu de la concurrence internationale intense.

Hajer Azzouz ne cesse de promouvoir la Tunisie et la création contemporaine tunisienne partout dans le monde. L’exposition « Trajectoires » s’aligne justement avec ce projet. Pour ce fait, la créatrice tunisienne a fait appel à des artistes tunisiens pour leur permettre d’exposer leurs travaux à Paris. Ainsi, la performeuse Amina Amoniak, l’artiste visuel Faten Gaddes, l’artiste Rym Karoui Abdelmoula, l’artiste visuel dessinateur Othmane Taleb accompagnés de plusieurs autres artistes vont être présents pour cette exposition multidisciplinaire, qui réunit essentiellement art et design, et qui est à l’image de la création contemporaine tunisienne. On rappelle que l’exposition se déroulera 3-5 Avenue de Friedland et est organisée par  la Fondation Sisley- d’Ornano  en collaboration avec la créatrice. Créée en 2007 par Hubert et Isabelle d’Ornano, propriétaires de l’entreprise de cosmétiques Sisley, la Fondation  intervient dans plusieurs domaines, notamment celui de la culture, en France et à l’étranger.

Adresse: 3-5 Avenue de Friedland  75008 Paris

Pour plus d’infos cliquez ICI!

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Retour sur INTERFERENCE, le festival international d’Arts et de lumière à la Médina de Tunis

Retour sur INTERFERENCE, le festival international d’Arts et de lumière à la Médina de Tunis

ÉCRIT PAR Edia Lesage

On attendait avec impatience la seconde édition d’INTERFERENCE, festival qui, il y a deux ans, avait réussi à attirer pendant des heures un public attentif et conquis dans la Médina de Tunis, classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO mais peu fréquentée par les tunisois. Retour sur ce festival d'Arts et de lumière qui a émerveiller les tunisois le temps de quelques jours!

La première édition de ce festival biennal, dont les directeurs artistiques sont Aymen Gharbi et Bettina Peltz, avait drainé 16 000 visiteurs en quatre jours. Son objectif, qui était de faire redécouvrir les beautés architecturales de la médina de Tunis au travers d’œuvres lumineuses diverses et variées avait donc été atteint.

La seconde édition d’INTERFERENCE, du 6 au 9 septembre 2018, proposait à travers les travaux des artistes invités, d’explorer 40 sites situés dans la médina de Tunis. Elle se voulait plus intimiste, avec moins d’espaces publics et plus d’édifices prestigieux ou méconnus pour héberger des installations. Les visiteurs qui le désiraient pouvaient être pilotés par 200 guides volontaires et bénévoles, sourire aux lèvres ou chercher leurs itinéraires personnels sur une carte google map de la manifestation.Les directeurs artistiques avaient sélectionné près de cinquante artistes dont une dizaine de tunisiens.

La première réussite de ce festival, c’est le monde qu’il a attiré dans cette médina, objet de sacralisation et de répulsion, et aussi l’animation qu’il a crée dans ses rues, ses cafés, ses restaurants, ses ruelles peu empruntées. La médina était redevenue, pendant quatre soirées, un espace fréquentable et culturel.

Parmi les installations qui ont été le plus remarquées, on peut citer celles de Claire Fontaine, modeste écriture rouge sur les cadres oubliés des panneaux électoraux de la rue du Diwan «la dignité avant le pain». Wadi Mhiri et Houda Ghorbal qui ont habité le makhzen de Dar Romdhane Bey avec une installation quasi cultuelle en lumière noire et rouge. Scott Draves qui a recouvert d’un mapping mouvant et sonore le patio de la caserne Morjani. Mounal Jmal Siala qui a investi le patio de Dar Haddad à mi-hauteur avec une installation de fils selon un dessin géométrique conçu à partir de la rotation du carré et tiré peu à peu de l’obscurité par un éclairage gradué. Robert Shochacki qui a transformé l’espace de l’ancien musée lapidaire Sidi Bou Khrissan en jardin exotique rempli d’oiseaux et de rires d’enfants. Enfin, Detlef Hartung et Georg Trenz ont projeté sur la façade de l’hôtel de ville un voile d’images successives dessinant pour finir le drapeau tunisien.

Les installations de ce festival, intimistes ou grandioses, ont été très photographiées par les visiteurs et professionnels, ce qui a fait dire à Hamidedddine Bouali «Ce sont les photographies qui ont donné à INTERFERENCE tous ses sens…apparents, cachés ou interprétés!».

Bien sûr on peut penser à quelques améliorations pour la session prochaine (communication plus précise, repérages plus exacts, google map ne respectant pas toujours l’orthographe conventionnelle des lieux et des rues) mais on peut dire que cette deuxième édition a confirmé les promesses de la première et on attend l’édition 2020 avec impatience.

Plus d’infos sur INTERFERENCE ICI!

Instagram :#interference2018

 

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«Viv’Art’ Tunis»: première édition de la semaine de la création contemporaine tunisienne à Paris

«Viv’Art’ Tunis»: première édition de la semaine de la création contemporaine tunisienne à Paris

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Du 11 au 16 septembre 2018 se déroule «Viv’Art’ Tunis», la première «semaine de la création contemporaine tunisienne à Paris». Une belle occasion de réunir 35 artistes dans 3 lieux différents.

Vous n’avez sûrement pas raté le passage du Directeur artistique de Viv’ArT’unis Abidi Jaleleddine accompagné de la commissaire d’exposition Sonia Said sur France 24 arabe le 10 septembre (20H00 heure de Tunis / 21:00 heure de Paris) qui ont présenté l’événement ainsi que sa programmation. C’est une première à Paris.

Viv’Art Tunis a pour objectif de promouvoir la création contemporaine tunisienne et de la faire connaître à l’étranger. Cette création est foisonnante dans plusieurs domaines artistiques : danse, musique, arts plastiques, théâtre, cinéma.

Cette première à Paris réunit 35 artistes et se déroulera dans 3 lieux: au théâtre de Ménilmontant (théâtre, danse), à l’Ecole Internationale de la Culture et des marchés de l’Art l’I.E.S.A (expositions peinture, photographie, B.D, céramique, spectacle de danse, projections de films et débats), et au Point Ephémère (exposition, spectacle de danse, concert). La clôture de la manifestation aura lieu en présence de tous les artistes au théâtre de Ménilmontant, le dimanche 16 septembre à 18h30.

Le programme est ambitieux et se propose, à travers une programmation variée, de montrer quelques facettes de la création tunisienne, loin des clichés et du folklore: c’est de la Tunisie bouillonnante, foisonnante et qui ne demande qu’à s’épanouir, qu’il s’agit.

Le programme est le suivant:

//À l’IESA et Point Éphémère, du 11 au 13 septembre 2018: Exposition Chimères Révélées.

*Vernissage et performance de Mariem Ferchichi (danse) à l’IESA le 11 septembre à 18 heures. Œuvres de : Boujemea Belaifa , Besma H’lel ,Lilia El Golli , Meriam Ferchichi , Houda Ghorbel , Wadi Mhiri.

*Parcours itinérant à la rencontre de «Willis from Tunis», créature de Nadia Khiari le long du boulevard de Belleville, jusqu’au Point Ephémère.

*Vernissage et performance de Rochdi Belgasmi (danse) au Point Ephémère le 11 septembre à 20 heures. Œuvres de : Hela Lamine, Imed Jemaiel , Sonia Saïd , Wissem Ben Hassine.

//Mercredi 12 septembre 2018

*19H00 – Workshop de danse – IESA Arts et Culture : Stage d’initiation à la danse populaire tunisienne avec Rochdi Belgasmi.

*19H00 – Fenêtre sur toile – Cinéma – IESA Arts et Culture : Projection d’une sélection de courts-métrages qui vont de l’animation au documentaire, en passant par la fiction. « Ranim » de Rim Nakhli , « Bonbon » de Abdelhamid Bouchnak, « Cut Redayef », de Alaedine Boutaleb, « Apnée » de Insaf Arafa, « Nature sacrée », de Michella Bredahl.

//Jeudi l3 septembre 2018

*19H00 – Workshop de danse – IESA Arts et Culture :

Stage d’initiation à la danse populaire tunisienne avec Rochdi Belgasmi.

*18H00 – Débat : « Artistes tunisiens aujourd’hui n – IESA Arts et Culture

Rencontre avec les artistes programmés en présence de Fadhel Jaibi. directeur

du Théâtre National Tunisien .

*21H00 – Concert du groupe Jazzoil– Point Éphémère.

Musiciens :Slim Abida – basse – Nidhal Iaoua – Quanun — Edison knight –

Clavier – Maamoun Dehane — Batterie – Arnir Mahla — Saxophone

//Vendredi 14 septembre 2018 au Théâtre de Ménilmontant

Spectacles surtitrés en français

*18H30 – « la fuite »- de Hassen Mili -adaptation et mise en scène de Ghazi Zaghbani, avec Nadia Boussetta, Mohamed Hucine Grayaa, Ghazi Zaghbani

*21H – « L’ivresse des profondeurs », Chorégraphie de Imen Smaoui /Théâtre National Tunisien/ Danse.

Samedi 15 septembre 2018 au Théâtre de Ménilmontant

Spectacles surtitrés en français

*16.00 – « la fuite »- de Hassen Mili -adaptation et mise en scène de Ghazi Zaghbani, avec Nadia Boussetta, Mohamed Hucine Grayaa, Ghazi Zaghbani .

*20.00- « Dès que je t’ai vu » de et mis en scène par Salah Felah, (T.N.T) avec Basma El Echi, Béchir Ghariani, Rahma Fellah, Aymen Selliti, Rahmi Zaatour, Talel Ayoub, Nidhal Shili, Basma Baazaoui et Hiba Trabelsi .

//Dimanche 16 septembre au Théâtre de Ménilmontant

*16.00 –« Ouled Jellaba » de Rochdi Belgasmi .( Danse).

*18.30 –Clôture de Viv’Art ‘Tunis en présence de tous les artistes.

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Ces artistes tunisiennes qui font bouger le monde de l’Art!

Ces artistes tunisiennes qui font bouger le monde de l’Art!

ÉCRIT PAR La rédaction

Ce 13 août, la Tunisie a célébré la fête de la femme. Dans tous les domaines, les femmes excellent et principalement dans le domaine des arts, qui il y a peu était encore fermé. Ideo magazine a décidé de vous présenter ces femmes artistes et tunisiennes qui comptent dans le monde de l’Art.

“Une femme artiste n’a ni muse ni esclave. Elle doit être ces deux choses pour elle-même.” Ces mots de la romancière et scénariste irlandaise Edna O’Brien illustre peut-être le mieux les enjeux auxquels sont confrontés les femmes-artistes où les artistes-femmes, si le terme fait débat, libre à vous de choisir celui qui vous convient le mieux. Devant se faire une place forte dans ce monde, la Tunisie compte de nombreuses femmes qui font bouger les lignes et repoussent les frontières pour pouvoir s’imposer et s’affirmer, et le font avec succès.  Peintres, photographes ou encore sculptrices, nous ne serions vous parler de toutes les femmes qui ont compté et comptent encore, mais nous tenterons de vous en présenter quelques-unes.

//Faten Gaddes

Depuis 2013, la photographe tunisienne Faten Gaddes parcourt le monde pour immortaliser des portraits d’hommes et de femmes venant de tous les horizons. Chômeurs, femmes fatales, religieux… Seuls les visages comptent. Sa signature? Une toile de fond d’un ancien décor de studio-photo des années 1930 déniché dans un garage.

//Meriem Bouderbala

Photographe, peintre, céramiste, commissaire d’exposition… Meriem Bouderbala a plusieurs cordes à son arc créatif. Elle n’a pas peur de faire un art qui lui ressemble et qu’elle imagine.

//Héla Ammar

La photographie lui permet de relater la mémoire et l’identité (particulièrement féminine), qui sont des thèmes récurrents dans ses œuvres. Son travail sur les femmes a commencé sur elle-même, lorsqu’elle se met en scène afin de traduire au mieux cette femme multiculturelle et multi-identitaire vivant en terre d’islam

//Aicha Filali

Artiste plasticienne, Aicha Filali dirige également le Centre des Arts Vivants de Radès, où se trouve le musée Safia Farhat, grande artiste et tante de l’artiste. Elle pratique notamment la sculpture et présente des expositions en relation avec le patrimoine et la critique sociale.

//Yesmine Ben Khelil

Elle a obtenu une maîtrise en arts plastiques et en sciences de l’art de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Basée à Tunis, elle mène ses projets artistiques entre la Tunisie et la France. Elle a été exposée à de nombreuses reprises dans des biennales internationales et dernièrement lors du festival d’art contemporain Jaou Tunis.

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Daniel Buren, artiste conceptuel amoureux des rayures

Daniel Buren, artiste conceptuel amoureux des rayures

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Cet été, la mode est aux rayures. Il est donc inévitable de parler de Daniel Buren, cet artiste conceptuel français qui a fait des rayures son terrain de jeu favori. Ideo magazine vous propose un retour sur son travail.

Connu pour son travail contemporain sur les rayures, et célèbre pour ses colonnes que l’on trouve dans la cours du Palais Royal, Daniel Buren n’en reste pas moins un artiste à la très longue carrière. Pour en arriver à ses débuts, il faut remonter en 1960, il avait alors 22 ans. Coup de chance, un hôtel des Caraïbes lui passent sa première commande. Pendant 9 mois, il a réalisé pour eux des peintures murales figuratives de grandes dimensions. C’est cette première expérience qui lui a permis de trouver sa voie, celle de l’art contemporain. À l’époque, son jeune âge le faisait encore hésiter entre le cinéma, l’écriture et les Arts Visuels.

//Daniel Buren, homme de rayures

C’est en 1965, alors qu’il était de passage à Paris, Daniel Buren fait un tour au célèbre marché Saint-Pierre, niché sur une colline pittoresque de Montmartre, pour se réapprovisionner en tissu. Sur une des étales couvertes d’une multitudes d’étoffes, il tombera sur une toile normalement réservé aux stores et constitués de bandes parallèles et égales. Ce fut le déclic. Il l’a recouvrit d’abord de peinture. Mais lorsqu’il abandonna ses pinceaux, il se consacra à ce qu’il appelle son «outil visuel». Les bandes rayées seront alors sa marotte qu’il reproduira dans différents lieux (musées, murs, rues) afin de poser un regard neuf sur l’architecture et l’environnement.

//Daniel Buren, un artiste-plasticien consacré

Sa première exposition internationale, «Prospect», s’est tenue en 1968 à Düsseldorf, en Allemagne. C’est elle qui lui a permis de mettre véritablement un pied dans le milieu de l’art car c’est grâce à elle qu’il a pu nouer des avec des galeristes américains comme Leo Castelli ou encore allemands comme Konrad Fischer. Preuve de son succès grandissant, en 1983, le musée d’Art moderne de la ville de Paris lui a consacré une première grande exposition. Devenu l’un des artistes français les plus connus au niveau international, il a été couronné en septembre 2007 du Praemium imperiale, l’équivalent du Nobel pour les arts.

Pour consulter le site internet de Daniel Buren, c’est par ici. 

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Sophia Baraket, une grande poète de la photographie nous a quitté

Sophia Baraket, une grande poète de la photographie nous a quitté

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

Passionnée, entière, joyeuse, Sophia Baraket était plus qu’une photographe, elle était une voyageuse des temps modernes dont les clichés font transparaitre des instants de vie. Elle nous a quitté si jeune ce 19 juillet 2018. Hommage.

Pour elle, la photographie était une évidence. Déjà enfant, elle était une grande passionnée d’art, de littérature et de photographie. Une passion héritée de ses parents et notamment de sa mère éditrice de livres.

Son parcours commence à l’EAD (Ecole d’Art et de Design) de Tunis, et ensuite à Paris où elle intègre Spéos (Ecole de photographie). Elle saisit sa chance et fat un stage chez Magnum Photo. Là-bas, elle travaillera aux cotés des plus grands photographes du monde. Elle dira de cette expérience : «Je ne le réalisais pas à ce moment là, j’avais affaire à des personnes tellement simples, qu’elles te faisaient oublier l’importance de leur impact sur ce monde. (entretien accordé à Maisons de Tunisie Magazine)».

Au lendemain de la révolution, elle sillonne la Tunisie avec le photographe français JR et un collectif de photographes. En émanera une installation sublime intitulée «Inside-Out», reflétant les centaines de rencontres qu’ils ont pu faire lors de ce voyage. Des portraits d’une Tunisie en pleine ébullition.

Mais Sophia Baraket est avant tout une photo-reporter. Elle sillonne l’Afrique et travaille avec plusieurs médias internationaux tels que la BBC ou Al Jazeera. Un de ses reportages les plus marquants, certainement celui sur le camp de réfugiés, à la frontière tuniso-libyenne. Elle en tire une série : «Regards croisés sur les réfugiés du camp de Choucha». Ses reportages également en Ouganda, en RD-Congo, au Mali, ou encore en Egypte font le tour du monde. Son travail à Tunis ne passe pas aussi inaperçu ainsi sa série sur les hammams de Tunis «Hammams de Tunis. Regards posés», où elle entrera dans l’intimité d’un hammam pour hommes.

Chacun de ses clichés racontent l’histoire d’hommes et de femmes, dont la vie est le reflet de l’Histoire avec un grand H. Une humaniste pour qui la photographie est d’abord une expression et une arme pour le combat des minorités.

Sa dernière série a été exposée à l’occasion du festival des arts visuels «Kerkennah 01». Une grande artiste nous a quitté mais son travail laisse une trace impérissable de ce qu’elle était, une poète de la photographie.

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Utopies Visuelles: La première édition d’un événement d’art contemporain à Sousse

Utopies Visuelles: La première édition d’un événement d’art contemporain à Sousse

ÉCRIT PAR Edia Lesage

«Utopies Visuelles» à Sousse du 5 au 22 juillet 2018 ou la première édition d’un événement d’art contemporain dans la ville d’Hadrumète.

À 140 km de Tunis, Sousse qui fût, grâce à ses plages, un des pôles majeurs du développement touristique en Tunisie, reste l’une des destinations privilégiées des estivants. L’animation de cette station balnéaire s’appuyait uniquement sur les hôtels, les restaurants et les boîtes de nuit. Et le vent a tourné, vers plus de culture, de musées, de concerts, de maisons d’hôtes, d’initiatives locales.

En 2015, «ElBirou Art Gallery» est née à Sousse dans ce contexte dans un ancien dépôt de laine. Ses initiateurs, Selma et Karim Sghaïer lui ont assigné le rôle de promouvoir l’art plastique sous toutes ses formes: expositions, installations, rencontres artistiques (débats, contes, poésies, présentation d’ouvrages…). La galerie Elbirou expose des artistes tunisiens et étrangers, inconnus et confirmés dans ses murs et «hors les murs», au «QG», au bord de la mer, événements joliment appelés «effets mers».

Karim Sghaier a désiré surfer sur la dynamique crée par  ElBirou  et évoluer en proposant une offre artistique différente de celle que l’on voit habituellement. Il s’agit d’ «Utopies Visuelles», avec ses initiales ensoleillées qui a été retenu et financé par le programme  TFANEN -Tunisie créative de l’Union Européenne. Sous la direction artistique du plasticien Wissem El Abed, il estompe les frontières entre Art et Tourisme dans la ville, du 5 au 22 juillet 2018.

«Utopies visuelles» bouscule les codes et les idées reçues des visiteurs, tunisiens et étrangers. C’est un parcours de découvertes qui a investi toute la ville, son histoire, ses lieux emblématiques. Il s’agissait aussi de révéler la ville de Sousse, au sens large du terme et d’y élaborer un parcours original associant ses axes principaux ,son histoire, son industrie , son port … la galerie  Elbirou, Dar Esseyes, le Ribat (dans la médina) , Loukala , (concept store qui se situe aussi dans la médina),la Kasbah et le musée archéologique, qui domine la ville, la plage de Boujaafar, Borj Khadija, le Parc de Boujaafar, l’immeuble Gloulou, le Centre Culturel Mohamed Maarouf, l’ISBAS, mais également des lieux inédits , l’ancienne minoterie «la rose blanche», qui témoigne du passé industriel de la ville et le quartier sicilien «piccolo gabadgi».

L’intime et le Street Art, les performances et la participation des habitants, tout cela contribue à faire de «Utopies Visuelles» un événement particulier qui conforte la situation de plateforme artistique indépendante de Elbirou, mais surtout qui met le projecteur sur l’Art dans la ville et rends les habitants fiers d’eux-mêmes, de leurs quartiers et de leur cité.

Les visiteurs sont attendus à Elbirou le matin à 10 heures ainsi que le soir à 17 heures pour une visite guidée. De plus, une application mobile est prévue pour accompagner et guider les visiteurs.

Les artistes internationaux: Edgar ENDRESS (Chili /USA) / Sirine FATTOUH (Liban) / Severin GUELPA (Suisse) / Monther JAWABREH (Palestine)/ Mustapha SEDJAL (Algérie) / Markus OFER (Autriche)

Les artistes tunisiens : Selim BEN CHEIKH/ Taieb BEN HADJ AHMED / Mohamed BEN SOLTANE Mouna JEMAL SIALA / Hela LAMINE / Irane OUANES / Plastikos ISBAS Club / Collectif ST4/ Najah ZARBOUT/Nadia ZOUARI

Les nouveaux venus : BROTHERHOOD / Ferdaous BELMAHRESSIA ZAYATI / Meriam BEN AMOR / Jihen BEN CHIKHA / Syrine BOUBAKER / Souha CHAOUCH / Yasmine CHEBIL / Amir CHELLY /

Marie-Christine CAMBON / Kaouther DAMMAK / Nesrine DOUZI Samia EL ECHI /

Yasmina FELHI DEBACHE / Mouna FRADI / Saif FRADJ / Haifa HADJ SALAH / Dorra HICHRI / Slim JAAFAR /Mariem KARROUT / Nadia LAJILI / Amira LAMTI / Khaled MECHERGUI /

Hana MTIR / Rahma NAILI / Nadia RJIBA / Manel ROMDHANI / Soumaya SAIDANE /

Abir SENDI / Brahim SOUA / Sirine TILOUCHE / Sirine TOUIBI / Heythem TURKY / Tunisia PhotoArt

uvsousse.com

Pour la Page Facebook de l’événement, cliquez ICI!

 

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Jaou Tunis 2018: quand l’art contemporain révèle les lieux insolites de la ville

Jaou Tunis 2018: quand l’art contemporain révèle les lieux insolites de la ville

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

Pour sa cinquième édition, Jaou Tunis réconcilie l’art contemporain et le patrimoine. Une idée forte qui invite à découvrir des lieux insolites, dont les traces du passé sont révélées par des œuvres sensibles et audacieuses.

Cette nouvelle édition organisée par la Kamel Lazaar Fondation, a débutée le 27 juin 2018 par un bal de vernissages aux quatre coins de la ville de Tunis. Ainsi le premier jour de l’événement, s’est déroulée au cœur de l’ancienne bourse du travail une performance théâtrale intitulée « la symphonie des silences ». Cette mise en scène signée Bahram Aloui interroge sur notre capacité à s’écouter les uns les autres.

Les jours suivants, quatre expositions ont été inaugurées dans quatre lieux divers. Dirigées par 4 commissaires d’expositions, Jaou Tunis a souhaité les relier autour du thème des quatre éléments primaires (le feu, l’air, la terre et l’eau), une intention non vraiment ressentie lors de notre visite. Finalement elles ont de commun le thème du patrimoine révélé et cela semble suffisant dans une ville où la notion du patrimoine est plus que discutable. En effet, que ce soit à l’église de l’Aouina, à Dar Baccouche, à Tourbet Sidi Boukrissan ou à l’imprimerie Cérès, le visiteur se trouve confronté à la vision du patrimoine et à sa souffrance. Ces lieux souvent abandonnés ou mal entretenus révélent l’état de négligence que ces bâtiments empreints d’histoire subissent et renvoie à l’urgence de se les réapproprier car ils sont le miroir de la Tunisie.

Mais soyons clair, chaque commissaire a pensé son exposition suivant son propre fil conducteur, et s’est appropriée son espace pour réaliser une exposition singulière.

Ainsi à Dar Baccouche, l’exposition organisée sous la direction de Aziza Harmel interpelle sur la notion de l’invisible. Cette maison de la rue des Selliers, fondée par Mohamed Baccouche est assez originale par son histoire et son architecture, en témoigne son patio couvert et une des pièces centrales de la maison qui fut transformée en chapelle orthodoxe par les Russes blancs de l’armée Wranger durant la seconde guerre mondiale. Beaucoup de gens ont vécu dans cette maison et beaucoup y sont morts. Ces présences, ces fantômes semblent encore habiter l’espace. Nous nous sommes même demandé le temps d’un instant si l’œuvre de cette exposition dont le thème récurrent est l’étrangeté et la présence de l’absence, n’était pas la maison elle même? Ainsi cette exposition consiste en une rencontre née du contraste entre les mémoires de chaque artiste, de telle manière à ce qu’elles soient juxtaposées avec l’histoire du lieu, nous explique Aziza Harmel. 13 artistes, venus des quatre coins du monde cohabitent ainsi le temps de quelques jours avec les fantômes de ce lieu, reposant ici pour l’éternité.

Oeuvre de l’artiste tunisienne Yesmine Ben Khelil à Dar Baccouche – Crédit K.Djellouli

Direction Tourbet Sidi Boukrissan, au cœur de la médina de Tunis. Cette nécropole au style néo-mauresque, restaurée entre 1981 et 1983 abrite les tombes des Beni Khourassane. Réalisée par Khadija Hamdi Soussi, l’exposition réunit 14 artistes originaires du monde arabe. Elle explique le thème de cette exposition par ces mots : « l’exposition porte sur deux axes : le premier offre l’occasion de rassembler des œuvres autour d’une scénographie muséale, tandis que le second se propose de confiner les œuvres sélectionnées dans l’espace d’un musée consacré au thème du retour au patrimoine appliquée à l’art. Les deux axes visent à réhabiliter le patrimoine par le biais de l’apport artistique et à le conserver, d’où la notion de musée imaginaire.» Notre première impression du lieu est que nous nous trouvons dans un lieu sacré où il est impératif de garder le silence, un lieu secret qui recèle tant d’histoire. Mais ici ce ne sont pas les œuvres qui révèlent le lieu mais bien le lieu qui révèlent les œuvres. En témoignent l’installation de l’artiste tunisien Malek Gnaoui, une immense colonne de brique qui ne prend sens que dans ce pavillon, en dialogue avec son architecture.

Oeuvre de l’artiste tunisien Malek Gnaoui à Tourbet Sidi Boukrissan  – Crédit K.Djellouli

Arrivé quelques jours trop tard, nous n’avons pu visiter l’exposition de la commissaire Myriam ben Salah installée à l’Eglise de l’Aouina, mais nous pouvons néanmoins vous raconter son histoire. En effet, devenue depuis quelques années une salle de boxe, elle trône au milieu d’un carrefour d’une avenue très passante et bruyante, elle évoque aujourd’hui un repère pour tous les habitants du quartier. Bien que la fonction première d’une église soit la maison de dieu, elle n’en reste pas moins partout dans le monde un point de repère dans la ville, non? Inaugurée en 1932, elle a subi d’importants dégâts pendant les bombardements des avions anglais et américains en 1943. L’édifice a été reconstruit l’année suivante. L’église a fermé ses portes officiellement le 10 juillet 1964 suite à un modus Vivendi signé entre le Vatican et le gouvernement tunisien et fait partie du domaine de l’Etat depuis 1964. Sa vocation a radicalement changé, et c’est désormais une salle de boxe.

Enfin le pavillon installé à l’imprimerie Cérès à Montplaisir et dirigé par Amel Ben Attia. S’étendant sur une surface de 900m2, Ce local géant à impression était la « Salle machine » de la première imprimerie offset de la Tunisie, crée en 1971. Aux prémices de sa démarche, elle dit s’être rappelée d’une interview de Marguerite Yourcenar : on entend la romancière reprendre une citation de Jean Cocteau, et répondre à un journaliste qui lui demandait : « Que prendriez-vous avec vous si votre maison brulait ? » et elle répond « J’emporterai le feu ». C’est à partir de cette dernière phrase qu’Amel Ben Attia a démarré son projet. Séduite par l’ambivalence de l’élément feu, elle a choisi de le traiter à travers plusieurs pistes, en fonction de l’approche personnelle de chaque artiste.

Bien que l’organisation de l’événement après vernissage laisse à désirer (plan mal indiqué sur le site web de l’événement pour les pavillons à la médina de Tunis, exposition qui ne respecte pas les heures de fermeture), les commissaires d’exposition ont pu avec les moyens mis à disposition, réaliser de belles scénographies. Le choix des œuvres sont pertinentes, les expositions sont fluides et on se sent transporté le temps d’un instant vers un ailleurs. Même si l’art contemporain vous est étranger, il est n’est pas nécessaire de le maitriser pour pouvoir apprécier ces expositions, il vous suffit de simplement vous balader et de l’interpréter à votre manière.

Jaou.tn

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“For your eyes only”: l’artiste franco-tunisienne Amel Bennys expose à New York

“For your eyes only”: l’artiste franco-tunisienne Amel Bennys expose à New York

ÉCRIT PAR Edia Lesage

La Galerie Silas Von Morisse située à New York présente «For your eyes only», la première exposition personnelle de l'artiste franco-tunisienne Amel Bennys, du 1er au 29 juin 2018. Ideo magazine vous en dit plus sur cet événement.

La galerie Silas Von Morisse est une galerie d’art contemporain créée à Brooklyn en février 2014 par la galeriste Silas Shabelewska-von Morisse et l’artiste plasticien André Von Morisse.

La vocation de la galerie est d’exposer et de redécouvrir des œuvres qui contribuent au discours contemporain. Le programme de la galerie est multidisciplinaire, conceptuel et vise à favoriser le développement de nouvelles formes d’art émergentes tout en tenant à un éclectisme qui lui permet de présenter des œuvres d’artistes reconnus.

Amel Bennys, artiste internationalement reconnue, est peintre et sculpteur abstrait. Elle utilise la couleur aussi bien comme structure que comme objet tridimensionnel dans l’espace. Les textures de pigments superposés contribuent à définir une grande partie de son travail. Cette exploration continuelle de la structure et de la matière laisse place à la connaissance visuelle de la forme par la coloration. C’est ainsi que pour l’artiste, la couleur devient un point de départ dans l’exploitation des profondeurs de la forme architecturale. En effet, la peinture d’Amel Bennys, à la fois lyrique et austère, existe comme une extension naturelle de la sculpture.

Amel Bennys, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, a reçu plusieurs prix, notamment  celui de la Villa Medicis « Hors les Murs », le prix « Les Etoiles de la Peinture », qui a donné lieu à une exposition aux Galeries Maeght, Montrouge et Barcelone. En 2012, elle a été invitée par la Fondation Josef & Anni Albers (Bethany, Connecticut, Etats Unis). Ses œuvres font partie de collections prestigieuses telles que celles du Museum of Art de Cleveland, la collection privée Agnès B., la collection de la fondation Kamel Lazaar, la collection du Ministère de la Culture et la collection du Ministère des Affaires Etrangères en France.

Contact:

www.silasvonmorisse.com

https://www.artsy.net/art3/

Instagram : silasvonmorisse / fb :SILAS VON Morisse gallery /twitter :vonmorisgallery

109 INGRAHAM ST

BROOKLYN NY 11237

T +1 646 331 3162

T +1 646 331 2368

La galerie est ouverte de 10 heures à 17 heures. Elle est fermée le week-end.

 

 

 

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INTERVIEW// Meriem Bouderbala, artiste du Vivant

INTERVIEW// Meriem Bouderbala, artiste du Vivant

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Photographe, peintre, céramiste, commissaire d’exposition... Meriem Bouderbala a plusieurs cordes à son arc créatif. Ideo magazine a pu discuter avec cette artiste franco-tunisienne et vous dévoile son interview.

«Je viens de chemins qui se sont croisés sur d’autres territoires, aucun ne m’appartient, aucun ne m’attend. Nous sommes des nomades assignés à résidence par l’Histoire». Voici les mots de Meriem Bouderbala pour se raconter. Elle qui est la première artiste tunisienne à avoir exposé au kunstforum et installée dans les collections du musée Ernest Fuchs à Vienne. Interview!

Ideo magazine: Dans la série Psykedelik ou encore tératogénèse, vous êtes le sujet de vos propres photographies. Pourquoi ce besoin de travailler l’autoportrait?

Meriem Bouderbala: Il m’est impossible à travers la photographie de travailler en dehors de mon propre corps. C’est l’avantage de ne pas être « voyeur », je ne suis pas en train de photographier le corps d’une autre femme avec tout ce que cela induit… dans l’autoportrait, l’objectif n’existe plus, juste face au spéculum.  J’ai essayé de prendre d’autres femmes en photo  cela ne fonctionne pas. c’est dans des postures profondes, ancrées que les femmes ne répondent pas à mes attentes. Il n’y a que mon corps qui réagit , je ne suis pas une photographe de la représentation.

Ideo magazine: Pour symboliser la révolution tunisienne, vous avez choisi de réaliser la série “Flag Nymphéas” dans laquelle on voit un drapeau se mouvoir dans l’eau. Pourquoi sortir du figuratif?

Meriem Bouderbala: Au moment de la Révolution, quand on m’a demandé de descendre dans la rue et de faire des photos des «femmes de la révolution» je n’ai pas pu. J’ai refusé parce que je savais très bien que l’image serait récupérée qu’on serait toujours dans une «représentation»  . D’ailleurs c’est à peu près ce qui est arrivé… Pour la nommer je n’ai fait qu’une photo «Flag Nymphéas».  C’était au moment où Ennahda a gagné les élections . J’ai pris le drapeau et je l’ai jeté dans mon bassin.  Pour moi c’était ma perception de la révolution tunisienne. C’est un drapeau qui sombre,  c’est une nation qui se noie et se régénère dans cette nouvelle matrice  . c’était mon visage

Je pense que nous sommes en gestation et cela m’intéresse… je m’appuie beaucoup sur les arts et traditions populaires ma véritable respiration.

Ideo magazine: Dans vos créations il y a donc beaucoup d’éléments de traditions populaires. Qu’est-ce que cela implique pour vous.

Meriem Bouderbala: J’ai besoin de ma base populaire et folklorique qui est mon véritable pays. Pour moi c’est par exemple le travail des artisanes, le geste séculaire, répétitif, les signes récurrents qui finissent par forger un imaginaire qui nous traverse.   j’ai fait cette exposition sur l’orientalisme, « image révélée » qui interroge cela.

Héritage d’une période complexe et violente que fut la période coloniale redessiné par nous.

La colonisation a fait surgire des êtres comme ma mère dont les parents nés colons participèrent à l histoire chaotique du pays. j’en suis donc un héritage.  j’utilise les vêtements traditionnels comme oripeaux des bédouines, dans la série Tératogénèse ou Bedouinas, je m’en inspire comme une l’image complexe d’une femme rêvée, monstrueuse mise au monde.

 Ideo magazine: Que souhaitez-vous montrer de la femme?

Meriem Bouderbala: Ce qui m’intéresse c’est ce qui éloigne le corps du côté féminin ou féministe dans lequel on voudrait l’enfermer. Je n’ai pas envie de parler de sexualité au sens de commun ou on l’entend chez nous, ce n’est pas ce qui compte.  Ce qui compte c’est de mettre en scène ce praticable vulnérable. Ce corps protéiforme super fragile

Dans la série Psykedelik je m’interroge sur ma relation fractale au corps , comme un effet de miroir kaléidoscopique, avec ces répétitions, ces fragments de tissu et de bijou de peaux . C’est pour ça aussi que je fais des autoportraits…Avec mon corps je peux faire ce que je veux. C’est ce qui est «extraordinaire» je suis mon propre créateur . Ce n’est pas tant l’identité de la femme qui m’intéresse mais l’identité tout court .  je pense que nous sommes bi-fabriqués , pas pré-fabriqués. Nous sommes femme et homme animaux plantes et le reste. Je reproche aux gens de se crisper sur une posture d’avoir peur.

L’acceptation des genres favorisent le dialogue et ses métamorphoses. Je ne suis pas une humaine- artiste , je suis spéciste. Je suis «le vivant».

 Ideo magazine: Vous êtes inspirés par de nombreuses cultures. Comment cela se traduit-il dans vos œuvres?

Meriem Bouderbala: Le buto, par exemple, est une danse qui a été créée par la bombe atomique lancée sur Hiroshima et Nagasaki au Japon. C’est une danse qui représente le moment ou l’onde de choc des deux bombes , déclenche cette irradiance de lumière qui anéantie et renait d’une germination difforme , une nouvelle espèce qui danse , une protoécriture incarnée .  Le Buto c’est «des fulgurances» qui nous touchent aussi ici. Le Japon a une culture qui m’influence. De sa profusion à son minimalisme… Pourquoi? Parce qu’il observe «cette chose»……………. à nommer demain

Pour Karakuz, je me suis inspirée des ombres turques. Mes images sont plates et mes personnages de profil  tirées du théâtre d’ombres. Le Karakuz vient de Turquie, il est passé par l’Asie , la Grèce puis  descendu en Tunisie où il fut extrêmement présent et facétieux dans les médinas! puis il a disparu……..comme nous disparaitrons

 

 

 

 

 

 

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«Etre là»: Tahar Mguedmini quitte Sidi Bou Saïd en beauté

«Etre là»: Tahar Mguedmini quitte Sidi Bou Saïd en beauté

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Après avoir été hébergés depuis le 3 mai 2018 à l’agence de décoration d’Olfa Ben Mansour, à Sidi Bou Saïd, les tableaux de Tahar Mguedmini vont être décrochés le 7 juin à vingt et une heures et rejoindront les murs des collectionneurs qui les ont acquis.

Tahar Mguedmini, qui expose peu et très sélectivement en Tunisie, s’était laissé convaincre par la qualité plastique de l’endroit et la personnalité d’Olfa Ben Mansour qui, de temps à autre, convertit son sobre et magnifique lieu de travail en espace d’exposition.

La rencontre de ces deux fortes personnalités -le lieu et les tableaux- était loin d’être évidente. Et pourtant, l’atelier «Nomade», au sol violemment marqueté noir et blanc et aux murs aux teintes fortes a accueilli avec évidence les œuvres du peintre à la puissante facture, qui a tendance à s’imposer plutôt qu’à s’intégrer. Les tableaux de Tahar Mguedmini vont manquer aux murs avec lesquels ils étaient si bien accordés.

Le décrochage des œuvres sera l’occasion d’une fête de «finissage de l’exposition», comme cela se pratique ailleurs. Cette tradition n’est pas très répandue en Tunisie où les vernissages sont souvent considérés comme le moment fort d’une exposition .Pourtant, elle est importante car les «fins d’expositions» véhiculent souvent un sentiment de perte que vient conjurer la fête de finissage. En effet, cette cérémonie à contretemps donne l’occasion à ceux qui n’ont pas pu visiter l’exposition d’un artiste de pouvoir s’y rendre enfin. Elle donne aussi l’occasion à ceux qui l’ont vue d’y revenir et de revoir l’artiste, ses œuvres ainsi que ses amis dans une ambiance festive qui atténue les regrets du «clap de fin».

Ce sera donc le cas le 7 juin où le chagrin de voir repartir Tahar Mguedmini et ses œuvres sera noyé dans l’euphorie des dernières retrouvailles, à l’agence d’Olfa Ben Mansour autour de ses créations.

Adresse: «Nomade» 1, impasse ben Mrad, Sidi Bou Saïd, Tunisie.

https://www.facebook.com/events/2026925324224898/

E-Mail:olfasiad@gmail.com

Tel: + 216 53 15 21 50

 

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L’artiste Donia Ben Salah Hachaichi nous fait rêver à la galerie Musk and Amber

L’artiste Donia Ben Salah Hachaichi nous fait rêver à la galerie Musk and Amber

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

À partir du jeudi 31 mai 2018, la galerie Musk and Amber accueille la première exposition personnelle de Donia Ben Salah Hachaichi. Ideo magazine vous en dit plus sur cette artiste et sur son exposition.

Garden designer de formation, c’est dans ses résidences à Londres et à Marrakech qu’elle a puisé son inspiration pour nous livrer sa première exposition personnelle «You may say I am a Dreamer». D’abord chanté en 1971 par John Lennon, c’est au tour de Donia Ben Salah Hachaichi de nous emmener dans son univers onirique. La paysagiste nous fait ainsi découvrir sa vision artistique à travers des collages d’Hommes et de mots sans frontières qui maîtrisent et défient les codes de l’espace.

Pour notre journaliste Edia Lesage: «l’ensemble se détache sur des fonds de céramique indienne, marocaine, andalouse ou italienne parcourus de bien d’autres éléments qui permettent à chaque spectateur de saisir une vérité différente où la passion n’est jamais loin « .

Quand? Jeudi 31 mai à partir de 21h30.

Où? À la Musk and Amber Gallery – Angle Rue Ghar El Melh et la Rue du Lac Malaren, 1053 Tunis.

La page facebook de la Musk and Amber Gallery, c’est ici.

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Ammar Farhat, ce grand peintre tunisien qui a cofondé l’École de Tunis

Ammar Farhat, ce grand peintre tunisien qui a cofondé l’École de Tunis

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Il y a 80 ans, Ammar Farhat réalisait sa première exposition collective. Depuis, ce grand artiste peintre a marqué le paysage artistique tunisien. Ideo magazine vous raconte son histoire.

Originaire de la vile de Béja où il est né en 1911 et dans laquelle une maison de la culture porte aujourd’hui son nom, Ammar Farhat fut un grand artiste tunisien qui a su laisser un fort héritage culturel.

//Ammar Farhat, naissance d’un peintre

Ammar Farhat a confié à son ami l’écrivain Ezzeddine Madani, « l’année 1935 fut un point de lumière pour moi. J’ai juré de devenir un peintre, pas plus. J’étais perplexe, je sentais en moi des choses étranges que je ne pouvais pas exprimer. J’étais angoissé, perturbé, choqué, je voulais respirer… Finalement, j’ai acheté une caisse de couleurs que je porte toujours avec moi. Je me suis promis d’être à la hauteur de ce métier, respectant l’art toute ma vie. » Savoir que ce peintre autodidacte s’est forgé sa place dans le paysage artistique tunisien grâce à son seul talent force le respect. Car c’est effectivement seul qu’il a appris l’art de la peinture. Passionné de musique, Ammar Farhat a aussi dessiné les portraits des musiciens de son époque comme Abdelhay Helmi. Il s’est également consacré à reproduire le monde rural et les médinas tunisiennes selon son regard empli de couleurs.

//Ammar Farhat et l’École de Tunis

En 1938, lors de sa première exposition collective au Salon de Tunis, il reçoit le 1er prix pour ses œuvres ainsi qu’un voyage à Paris où il s’enrichit culturellement en visitant les musées de la capitale française. Mais il ne s’est pas arrêté là. Avide de découverte et d’inspiration il a parcourut le monde, de Rome à la Suède en passant par la Russie. En 1949, il co-fonda l’École de Tunis, un courant artistique organisé après la seconde guerre mondiale aux côtés d’autres grands noms de la peinture tunisienne comme Abdelaziz Gorgi ou encore Pierre Boucherle. Reconnaissance suprême de son talent, il reçoit en 1983 le Prix National des œuvres plastiques.

De lui, Ezzedine Madani a écrit en 1978: «L’homme était grand, aux épaules larges, aux traits sculptés… Quand il marche, il a l’allure des prolétaires, comme s’il portrait le fardeau du monde. Pour cela, son dos s’est courbé légèrement. Quand il est assis au café avec ses amis, vous le prendriez pour Giacometti. Silencieux, exagérément silencieux, on dirait qu’il tient absolument à ce silence. Sa main monumentale qui a trituré la pâte dans sa prime jeunesse pour confectionner le pain, son poing puissant qui a boxé lors de rencontres sportives (Farhat a fait une petite carrière de boxeur et a été docker au port), aujourd’hui il vous serre la main chaleureusement, avec de brèves paroles, et un léger sourire, et beaucoup de sérénité… Ainsi est l’homme et l’artiste que j’ai côtoyé longtemps».

Si vous souhaitez en apprendre plus sur l’artiste Ammar Farhat, découvrez le film documentaire que lui a consacré le réalisateur Hammadi Essid en cliquant ici.

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Dak’art 2018: l’Heure Rouge, c’est une promesse pour tenir la route vers une renaissance émancipée…

Dak’art 2018: l’Heure Rouge, c’est une promesse pour tenir la route vers une renaissance émancipée…

ÉCRIT PAR Hafida Jemni Di Folco

Simon Njami, commissaire général de la Biennale 2018, présente le second volet de sa programmation commencée deux ans auparavant, lors de l’édition de Dak’art 2016, «La cité dans le jour bleu, un ré-enchantement» qui faisait référence à un poème de Léopold Sédar Senghor. La Biennale 2018, l’heure rouge, convoque Aimé Césaire et un extrait de sa pièce «Et les chiens se taisaient». «L’Heure rouge» exprimant une volonté farouche d’émancipation, et de responsabilité. « La réflexion s’établit avant le medium. Il est évident que la nouvelle humanité voit les gens s’interroger et se remettre en question. » selon Simon Njami.

L’édition de la 13e biennale est dense, et la visiter à un rythme lent, permet d’en saisir les subtilités de sa construction. Ce second volet de Simon Njami a changé de référentiel, quittant le ré-enchantement, pour une nouvelle humanité! Dak’art 2018 est un panorama assurément contemporain, sélectionné à travers la production de nombreux artistes issus du continent africain, des Caraïbes et d’ailleurs. La temporalité et l’espace ont été retravaillés et enrichis de nouvelles sections, outre l’exposition internationale, des ateliers pédagogiques (adolescents-femmes rurales), des espaces d’éveil pour les enfants, des rencontres scientifiques autour de six ateliers autour de l’art, droit, politique / Coordination M. El Hadji Malick Ndiaye, et des pavillons nationaux (Le Sénégal et deux pays invités Le Rwanda et la Tunisie).

Le OFF, constitué d’initiatives individuelles ou collectives compte plus de 320 événements qui drainent les 14 régions du Sénégal.

Le pavillon de la Tunisie

« Là où La légèreté nous est donnée, la gravité ne manque pas» / Maurice Blanchot.

Rachida Triki, commissaire du pavillon tunisien a choisi comme thème de monstration: «Tenir la route», en réponse à l’appel de Simon Njami «L’heure rouge». Dans sa sélection, quinze artistes virtuoses: Mouna Jemal Siala, Sadika Keskes, Halim Gara Bibene, Houda Ghorbel, Slim Benchikh, Abdessalem Ayed, Mahmoud Bouchiba, Hela Lamine, Majed Zalila, Najeh Zarbout, Faten Chouba, Slimene El Kamel, Salwa Aydi, Marouane Trabelsi, Thameur Mejri et Besma Hlel. En plus d’ Ali Tnani (sélection internationale)

Un commissariat maitrisé via une monstration irréprochable d’une esthétique sensée. Les œuvres expriment des récits de facture classique ou connecté dont les médiums se déploient en installation, vidéo, peinture, performance, sculpture, photographie.

La Cocotte-Minute rouge écarlate surmontée d’un croissant, de Halim Karabibene, et l’allégorie de la résistance qu’Houda Ghorbel «Sauf, l’obscurantisme», construit avec un panneau sens interdit et une rangée de petits tubes maculés de rouge. La nourriture est de mise, puisque Héla Lamine, travaille sur les relations possibles entre nourriture et actualité sociale et politique. Elle montre un dispositif de singulier «Un kit de survie», il y est proposé de repenser la «Dignité», à partir de pain et d’eau. Thameur Mejri nous étonne avec son diptyque Ennemy 1/Ennemy 2, tandis que Slimen El Kamel son œuvre «Nowhere», interroge le sens de paix social. Quant à Selim Ben Cheikh «Chantier en cours», gyrophares clignotants, convoquent l’urgence d’une évolution ou renaissance, en cours, Basma H’lel convertit les briques de maçon, par la technique de céramique, et en fait des objets d’art, une symbolique de la noblesse d’un savoir-faire maitrisé, permettant de tenir la route.

Abdessalem Ayed lutte contre l’oubli «The golden Blood», reproduit le vestige d’une tête d’âne et d’un matelas, comme métaphore de la mémoire contre l’oubli, car en même temps, Sadikha Keskes, artiste verrière, propose une installation de deux murs de verre soufflé et de miroirs, pour un cheminement sans but lucratif, le temps d’une traversée permettant de sortir du carcan. Une invitation à déambuler…

Mahmoud Bouchiba, un immense artiste ! Ses productions artistiques oscillent entre engagement politique ou sociale, sous forme d’un arbre, Marwen Trabelsi: photographe et vidéaste d’exposition, il a la tête dans les nuage, une photo argentique en noir et blanc. La caricature n’est pas oubliée grâce à  Majed Zalila, son travail est fondé sur la confrontation entre dessin caricaturale et ligne en couleur

Faten Chouba Skhiri: un travail remarquable ! Via une proposition connectée, elle interroge la dualité : Tombé/Débout …l’écran comme un œil observateur. Une forme vénusienne taillée dans le bloc de mousse polyuréthane rigide , peinte en rouge, couleur des menstrues, porte dans sa matrice un écran d’ordinateur diffusant une vidéo où se joue l’image de la disparition. Entre matière et technologie, les formes rouges de l’écume, se diluant dans l’eau, rappellent le mythe d’Aphrodite…

Salwa Aydi, son travail relate le féminin, avec une maitrise parfaite de la gravure. Quant à Najeh Zarbout, elle relate dans ses toiles, le monde contemporain. Travail en pyrogravure sur des objets récupérés.

Un parcours avec une scénographie intéressante. «C’est l’exposition la plus cohérente», selon Simon Njami

Le dénominateur commun de la monstration est une invitation à une prise de conscience implicite conduisant à interroger la politique de fond pour épargner les générations à venir.

Ce panel, d’artistes réunit dans un pavillon, induit chez le visiteur une envie de connaitre plus sur l’art contemporain du pays, et l’envie d’aller plus loin… D’où viennent ces artistes et quel est leur devenir dans ce monde globalisé, en termes de marché. Eux, ils le sont universels et vaquent tous à interroger le monde, selon des formes, un contenu, une diversité, une richesse du discours.

Artistes à suivre !!

//Perceptions esthétiques…

Ali Tnani, seul artiste tunisien, de la section internationale de Dak’art 2018, curaté par Simon Njami.

Son œuvre «Even The Sun Has Rumors», une vidéo, de 18 minutes. Sombre, la vidéo suscite quelque anxiété au démarrage. La caméra traverse des espaces vides, plus ou moins éclairés. Le récit commence, et là, le regardeur est averti…. Even The Sun Has Rumors met en scène l’économat de Redeyef, destiné jadis aux salariés de la Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Gafsa, au sud-ouest de la Tunisie. «C’est l’histoire d’un lieu racontée par un homme de 47 ans qui se souvient de son enfance. Obnubilé par la beauté et le luxe, qui régnaient à l’époque dans cet endroit, il en oublie la réalité du présent et égraine ses souvenirs. Son père était mineur et de ce fait était payé en bons d’achat qu’il se devait d’utiliser à l’économat. L’argent revenait ainsi automatiquement à la mine. Lui, il ne me raconte pas ça. Il parle du vélo vert dont il rêvait, mais que seuls les ingénieurs pouvaient s’offrir. Pour lui, ce lieu était un paradis extraordinaire.» L’artiste se contente de poser des questions: qu’est-ce qu’il y avait ici ? A droite ? A gauche ? A l’écoute du moindre détail. Le conteur s’anime et son imaginaire convoque son passé, pour instruire ou dessiner les contours des sensations lointaines, alimenté sans doute   d’un constat menaçant d’origine plurielle, laissant transparaître des faisceaux de frustrations, de pertes et de manques d’aujourd’hui. Des images totalement noires apparaissent et disparaissent. Elles viennent occulter les scènes dès que le conteur part dans des digressions. «Dans des “considérations inactuelles”, comme disait Nietzsche, contemporaines, comme les problèmes liés aux phosphates, à la pollution… Les plans noirs sont là pour signifier les hors-sujets, qui valent pourtant la peine d’être écoutés.»

Performance à l’Ile de Gorée Mouna Jemal Siala et Sadika Keskes

«Étrange dignité»: Performance en duo de choc, entre « Inquiétante étrangeté » de Mouna Jemal Siala et « les tombeaux de la dignité » de Sadika Keskes un regard qui se croise. « Des corps sculptés sur la plage de l’île de Gorée des silhouettes couvertes de tissus colorés entrent dans l’eau et sortent de la mer pour venir concilier ces corps perdus afin de leur donner une nouvelle vie, celle de l’œuvre ».Plusieurs qualités à cette performance en termes de forme, sujet, esthétique, gravité et de générosité. Eh oui, les points de rupture riment inévitablement avec une reconnaissance de la perte, un rite qui permet de l’assumer et de s’en émanciper. Performance réussie, par l’énergie qu’elle dégage et transmet aux regardeurs des ces couleurs vives couvrants des silhouettes inertes échouées au bord de la mer. Il va sans dire que les yeux rougissent et les images surgissent, celles «des empêchées», gisants aujourd’hui ici, et hélas ailleurs demain.

Hafida Jemni Di Folco

/Curatrice/Critique/Directrice du département Afrique à l’IESA arts&culture Paris/

 

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