Abdelaziz Gorgi: Bientôt une grande expo-hommage!

Abdelaziz Gorgi: Bientôt une grande expo-hommage!

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

À l’occasion des 10 ans de sa disparition, sa fille et galeriste Aïcha Gorgi prépare une belle exposition-hommage au grand peintre Abdelaziz Gorgi dans le cadre de l'événement Talan. Ideo magazine vous en dit plus sur cet événement prévu pour décembre 2018.

L’œuvre de Abdelaziz Gorgi a marquée le patrimoine tunisien à tel point que son travail reste encore fondamental et ce, même 10 ans après sa disparition. Artiste prolixe, il a utilisé de nombreux médiums dont la peinture, la sculpture, la céramique, la mosaïque ou encore la tapisserie. Reconnu à l’échelle nationale et internationale notamment grâce à ses fresques et à ses œuvres reproduites sur des timbres, il a également su marquer ses pairs et influencer les jeunes générations.

//Aïcha Gorgi, une galeriste en quête des œuvres de Abdelaziz Gorgi

Pour l’anniversaire des 10 ans de la disparition de Abdelaziz Gorgi, sa fille, la galeriste Aïcha Gorgi souhaite «commémorer sa mémoire et approcher son œuvre dans la sérénité propre au travail de l’histoire» dans le cadre de l’exposition Talan. Prévue pour décembre 2018, cette exposition-hommage consacrée à l’œuvre multidimensionnelle de l’artiste sera aussi l’occasion d’initier un catalogue raisonné de son travail. Depuis un an, Aïcha Gorgi collecte des informations sur son père et ses œuvres et appelle tout un chacun à participer. Si vous posséder des éléments susceptibles de l’aider, vous pouvez la contacter sur cette adresse mail : archivesgorgi2018@gmail.com

Et si vous voulez en savoir plus sur Abdelaziz Gorgi, c’est par ici.

La page facebook de la galerie AGorgi c’est ici. 

pub TU 1
À découvrir aussi
ideo facebook

INTERVIEW// Meriem Bouderbala, artiste du Vivant

INTERVIEW// Meriem Bouderbala, artiste du Vivant

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Photographe, peintre, céramiste, commissaire d’exposition... Meriem Bouderbala a plusieurs cordes à son arc créatif. Ideo magazine a pu discuter avec cette artiste franco-tunisienne et vous dévoile son interview.

«Je viens de chemins qui se sont croisés sur d’autres territoires, aucun ne m’appartient, aucun ne m’attend. Nous sommes des nomades assignés à résidence par l’Histoire». Voici les mots de Meriem Bouderbala pour se raconter. Elle qui est la première artiste tunisienne à avoir exposé au kunstforum et installée dans les collections du musée Ernest Fuchs à Vienne. Interview!

Ideo magazine: Dans la série Psykedelik ou encore tératogénèse, vous êtes le sujet de vos propres photographies. Pourquoi ce besoin de travailler l’autoportrait?

Meriem Bouderbala: Il m’est impossible à travers la photographie de travailler en dehors de mon propre corps. C’est l’avantage de ne pas être « voyeur », je ne suis pas en train de photographier le corps d’une autre femme avec tout ce que cela induit… dans l’autoportrait, l’objectif n’existe plus, juste face au spéculum.  J’ai essayé de prendre d’autres femmes en photo  cela ne fonctionne pas. c’est dans des postures profondes, ancrées que les femmes ne répondent pas à mes attentes. Il n’y a que mon corps qui réagit , je ne suis pas une photographe de la représentation.

Ideo magazine: Pour symboliser la révolution tunisienne, vous avez choisi de réaliser la série “Flag Nymphéas” dans laquelle on voit un drapeau se mouvoir dans l’eau. Pourquoi sortir du figuratif?

Meriem Bouderbala: Au moment de la Révolution, quand on m’a demandé de descendre dans la rue et de faire des photos des «femmes de la révolution» je n’ai pas pu. J’ai refusé parce que je savais très bien que l’image serait récupérée qu’on serait toujours dans une «représentation»  . D’ailleurs c’est à peu près ce qui est arrivé… Pour la nommer je n’ai fait qu’une photo «Flag Nymphéas».  C’était au moment où Ennahda a gagné les élections . J’ai pris le drapeau et je l’ai jeté dans mon bassin.  Pour moi c’était ma perception de la révolution tunisienne. C’est un drapeau qui sombre,  c’est une nation qui se noie et se régénère dans cette nouvelle matrice  . c’était mon visage

Je pense que nous sommes en gestation et cela m’intéresse… je m’appuie beaucoup sur les arts et traditions populaires ma véritable respiration.

Ideo magazine: Dans vos créations il y a donc beaucoup d’éléments de traditions populaires. Qu’est-ce que cela implique pour vous.

Meriem Bouderbala: J’ai besoin de ma base populaire et folklorique qui est mon véritable pays. Pour moi c’est par exemple le travail des artisanes, le geste séculaire, répétitif, les signes récurrents qui finissent par forger un imaginaire qui nous traverse.   j’ai fait cette exposition sur l’orientalisme, « image révélée » qui interroge cela.

Héritage d’une période complexe et violente que fut la période coloniale redessiné par nous.

La colonisation a fait surgire des êtres comme ma mère dont les parents nés colons participèrent à l histoire chaotique du pays. j’en suis donc un héritage.  j’utilise les vêtements traditionnels comme oripeaux des bédouines, dans la série Tératogénèse ou Bedouinas, je m’en inspire comme une l’image complexe d’une femme rêvée, monstrueuse mise au monde.

 Ideo magazine: Que souhaitez-vous montrer de la femme?

Meriem Bouderbala: Ce qui m’intéresse c’est ce qui éloigne le corps du côté féminin ou féministe dans lequel on voudrait l’enfermer. Je n’ai pas envie de parler de sexualité au sens de commun ou on l’entend chez nous, ce n’est pas ce qui compte.  Ce qui compte c’est de mettre en scène ce praticable vulnérable. Ce corps protéiforme super fragile

Dans la série Psykedelik je m’interroge sur ma relation fractale au corps , comme un effet de miroir kaléidoscopique, avec ces répétitions, ces fragments de tissu et de bijou de peaux . C’est pour ça aussi que je fais des autoportraits…Avec mon corps je peux faire ce que je veux. C’est ce qui est «extraordinaire» je suis mon propre créateur . Ce n’est pas tant l’identité de la femme qui m’intéresse mais l’identité tout court .  je pense que nous sommes bi-fabriqués , pas pré-fabriqués. Nous sommes femme et homme animaux plantes et le reste. Je reproche aux gens de se crisper sur une posture d’avoir peur.

L’acceptation des genres favorisent le dialogue et ses métamorphoses. Je ne suis pas une humaine- artiste , je suis spéciste. Je suis «le vivant».

 Ideo magazine: Vous êtes inspirés par de nombreuses cultures. Comment cela se traduit-il dans vos œuvres?

Meriem Bouderbala: Le buto, par exemple, est une danse qui a été créée par la bombe atomique lancée sur Hiroshima et Nagasaki au Japon. C’est une danse qui représente le moment ou l’onde de choc des deux bombes , déclenche cette irradiance de lumière qui anéantie et renait d’une germination difforme , une nouvelle espèce qui danse , une protoécriture incarnée .  Le Buto c’est «des fulgurances» qui nous touchent aussi ici. Le Japon a une culture qui m’influence. De sa profusion à son minimalisme… Pourquoi? Parce qu’il observe «cette chose»……………. à nommer demain

Pour Karakuz, je me suis inspirée des ombres turques. Mes images sont plates et mes personnages de profil  tirées du théâtre d’ombres. Le Karakuz vient de Turquie, il est passé par l’Asie , la Grèce puis  descendu en Tunisie où il fut extrêmement présent et facétieux dans les médinas! puis il a disparu……..comme nous disparaitrons

 

 

 

 

 

 

pub TU 1
À découvrir aussi
ideo facebook