Viv’ArT’unis: Festival de la Création contemporaine Tunisienne à Paris

Viv’ArT’unis: Festival de la Création contemporaine Tunisienne à Paris

ÉCRIT PAR La rédaction

Du 11 au 16 septembre 2018, la ville de Paris accueille la première édition de Viv’ArT’unis, le festival de la création contemporaine tunisienne dans la capitale française. Ideo magazine vous dévoile le programme de cet événement inédit.

35 artistes, danseurs, musiciens, plasticiens, comédiens et cinéastes tunisiens répondront présents lors de la première édition de Viv’ArT’unis. Lors de ce festival de la création contemporaine tunisienne, ils pourront présenter leurs œuvres et aller à la rencontre du public parisien. Parmi les événements notables de ce festival on peut souligner une exposition des dessins de «Willis from Tunis» réalisés par Nadia Khiari et le spectacle «Ouled Jellaba» du chorégraphe Rochdi Belgasmi.

La page facebook de l’événement, c’est ici.

 

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Qui sont les 4 curatrices de l’événement Jaou Tunis?

Qui sont les 4 curatrices de l’événement Jaou Tunis?

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Pour sa 5ème édition qui se déroule du 27 juin au 1er juillet 2018, Jaou Tunis explore l’idée du «patrimoine approuvé» à travers le prisme des quatre éléments: le feu, l’air, l’eau et la terre. Ideo magazine vous présente les 4 curatrices qui s’occupent chacune d’un des éléments.

// Amel Ben Attia, curatrice du Pavillon FEU

Artiste plasticienne qui travaille la peinture, la vidéo, la sculpture et les installations, elle a validé son cursus universitaire aux beaux-arts de Tunis et à Nabeul en art plastique. Avec le pavillon centré sur l’élément feu de Jaou Tunis, Amel Ben Attia poursuit ses débuts de curatrice. Pour ce pavillon, elle s’est inspirée d’une interview de Marguerite Yourcenar qui, à la question du journaliste « que prendriez-vous avec vous si votre maison brulait ? », répond par la citation de Jean Cocteau « j’emporterai le feu ». Séduite par l’ambivalence de l’élément feu, elle a choisi de le traiter à travers plusieurs pistes, en fonction de l’approche personnelle de chaque artiste.

// Myriam Ben Salah, curatrice du Pavillon EAU

Après avoir grandi à Tunis, elle déménage à Paris où elle intègre une classe préparatoire littéraire puis une école de commerce. En parallèle d’études théâtrales à la Sorbonne, elle complète une Majeure Média, Art et Création à HEC. Elle se détourne par la suite du théâtre et est rapidement séduite par le dynamisme du monde de l’art contemporain. Enchaînant les expositions, elle part à la rencontre d’artistes et s’initie à l’art contemporain en autodidacte. Myriam Ben Salah écrit par la suite pour les magazines Art Press, Artforum, Kaléidoscope ou encore Mousse et organise ses propres projets d’exposition. Avec le pavillon «Eau» elle explore l’importance de la mer méditerranée ainsi que la force de l’identité et de la jeunesse méditerranéennes.

// Aziza Harmel, curatrice du Pavillon AIR

Aziza Harmel a grandi à Tunis où elle a étudié les arts et métiers à Denden. Plus tard, elle partira aux Pays-Bas pour poursuivre un bachelor en design graphique au sein de la prestigieuse Académie Royale des Arts d’Amsterdam ainsi qu’un master en beaux-arts au Dutch Art Institute où elle s’intéresse au commissariat d’exposition. Pour Jaou Tunis, elle relie l’élément «Air» à l’invisible pour questionner les régimes de visibilité dans le domaine artistique notamment. Inspirée par les lieux abandonnés qu’elle a visités, elle s’intéresse entre autre à l’appropriation de l’espace.

// Khadija Hamdi Soussi, curatrice du Pavillon TERRE

Khadija Hamdi Soussi a travaillé à l’Institut du Monde Arabe à Paris et a, dans le cadre de son master en marché de l’art à l’EAC Paris, eff­ectué plusieurs stages en galeries et en maisons de ventes aux enchères dont Sotheby’s et Tajan. Elle réalisera ensuite un doctorat en art islamique à la Sorbonne. Dans le cadre de Jaou Tunis 2018, Khadija investit le pavillon de l’élément «terre» et a choisi le sujet du musée imaginaire en réunissant des artistes qui se sont intéressés à l’héritage, au patrimoine et à la notion de musée.

 

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La Tunisie, nouvelle terre de l’Art contemporain

La Tunisie, nouvelle terre de l’Art contemporain

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Le début de l'été 2018 tunisien sera définitivement consacré à l’Art contemporain. Avec Kerkennah 01 et Jaou Tunis, deux événements majeurs qui se sont donnés pour mission de démocratiser cette forme d’art, la Tunisie peut-elle prétendre devenir une référence incontournable dans le domaine?

Beaucoup citent le Maroc et son Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) comme référence dans le domaine. Certes, la Tunisie ne peut pas se vanter d’avoir un lieu de cette envergure qui réunirait les incontournables noms et événements de l’Art Contemporain. Pourtant, le pays du jasmin accueille successivement Kerkennah 01 et Jaou Tunis en ce mois de Juin 2018. Deux grands rendez-vous annuels qui auront lieu respectivement du 21 au 27 juin 2018 puis du 27 juin au 1er juillet 2018. À partir de là, nous sommes en droit de nous demander si la Tunisie est un acteur sérieux dans le milieu de l’Art Contemporain.

//Kerkennah 01-Jaou Tunis, deux événements nationaux, une portée internationale

Que ce soit du côté de Kerkennah 01 ou de Jaou Tunis, ces deux événements qui se déroulent en Tunisie drainent dans leur passage une flopée d’artistes de renommée internationale qui exposeront aux côtés d’artistes tunisiens. Si Jaou Tunis met l’accent sur le patrimoine national, Kerkennah 01 – 1er événement de cette envergure – a choisi de mettre l’accent sur les arts visuels et la photographie. Workshops, débats, expositions… Les organisateurs des deux événements ont mis les petits plats dans les grands pour faire de ces rendez-vous des événements sérieux.

//La Tunisie, ses galeries et ses artistes.

En parallèle de ces événements éphémères, la Tunisie compte également des institutions pérennes et des grands noms dans le domaine de l’Art Contemporain. Pour n’en citer que quelques-uns, du côté des galeries nous pouvons compter sur le travail de la Ghaya Gallery, la Selma Feriani Gallery ou encore la galerie AGorgi qui sont devenus depuis maintenant plusieurs années des lieux incontournables de l’Art Contemporain. Côté artistes, la Tunisie est fière de compter parmi eux des personnes de talent comme Héla Ben Ammar, Mariem Bouderbala ou encore Slown!

Quant à savoir si la Tunisie peut accéder au titre de nouvelle terre de l’Art contemporain, nous devrons attendre la fin de Jaou Tunis et de Kerkennah 01 pour voir si leur succès a été à la hauteur de nos attentes!

Pour en savoir plus sur Jaou Tunis, c’est par ici.

Pour en savoir plus sur Kerkennah 01, c’est par ici.

 

 

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JAOU Tunis 2018: une 5ème édition qui questionne le patrimoine tunisien

JAOU Tunis 2018: une 5ème édition qui questionne le patrimoine tunisien

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Fondé en 2013 par Lina Lazaar, vice-présidente de KLF (Kamel Lazaar Foundation) et experte en art contemporain, l’événement JAOU Tunis s’est donné cette année pour mission de sensibiliser le public tunisien à la question du patrimoine national et à l’histoire collective. Découvrez le programme!

Pour sa cinquième édition, JAOU Tunis explorera l’idée du « patrimoine approuvé » à travers le prisme des quatre éléments: le feu, l’air, l’eau et la terre. Ce nouveau thème met en lumière une des grandes problématiques de la ville de Tunis, à savoir le devenir de son patrimoine historique.

Ainsi pour mettre en dialogue l’Art contemporain et le patrimoine architectural, JAOU Tunis a décidé de s’établir dans 4 lieux historiques qui font sens, l’Eglise de L’Aouina pour l’eau, El Matbaa (Imprimerie Cérès à Montplaisir) pour le feu, Dar Baccouche (Beb Menara) pour l’air, Tourbet Sidi Bou Khrissane (Beb Menara) pour la terre. Dans ces lieux méconnus, vous pourrez découvrir les travaux uniques de 37 artistes étrangers et tunisiens créés en majorité pour les espaces en question. Avec cet événement, JAOU Tunis tente de montrer comment l’art contemporain peut notamment jouer un rôle dans la compréhension des problèmes de société. L’Ancienne Bourse du Travail (Tunis Marine) fera aussi partie de l’initiative à travers le thème du silence.

Chaque lieu est le fruit de la réflexion de 4 commissaires d’exposition : Amel Ben attia, Aziza Harmel, Khadija Hamdi Soussi et Myriam Ben Salah. Chacune d’elle présentera sa vision par le biais d’une sélection pertinente d’œuvres et d’une scénographie élaborée.

// MERCREDI 27 JUIN – TUNIS MARINE

À l’Ancienne Bourse du Travail

19h30. Performance théâtrale

Orchestre symbolique: Symphonie des silences.

Artistes: Houssem Alaoui, Mohamed El Ouni, Siwar El Bahrouni, Takwa Mechergui, Yosra Ben Ali et Zied Chermi.

Metteur en scène: Bahram Aloui.

21h00. Concert du groupe Dendri: Stambeli Movement.

// JEUDI 28 JUIN – L’AOUINA

L’Église de l’Aouina

18h00. Vernissage du pavillon Eau/Mé

Commissaire: Myriam Ben Salah

Artistes: Alex Ayed, Ayla Hibri, Jessy Moussallem, Ligia Lewis, Lydia Ourahmane, Meriem Bennani, Mounira Al Solh et Philippe Parreno.

Performance: «So something happened, get over it; no, nothing happened, get with it» par Ligia Lewis et Colin Self.

//VENDREDI 29 JUIN – MONTPLAISIR

L’Imprimerie Cérès

18h00. Vernissage du pavillon Feu/Naar.

Commissaire: Amel Ben Attia.

Artistes: Asmahan Tlig, Haythem Achour (Ogra), Maha Malluh, Mehdi-Georges Lahlou, Mohssin Harraki, Monira Al Qadiri, Mustapha Azeroual, Sonia Kallel, Ymane Fakhir, Younes Ben Slimane and Zineb Sedira.

Performance: Curtains par Asmahan Tlig & Haythem Achour (Ogra).

Le 15* – PLACE BARCELONE

21h15. Conversation du pavillon Feu/Naar

Yasmina Reggad avec Joachim Ben Yakoub.

//SAMEDI 30 JUIN – L’AOUINA

L’Église de l’Aouina

10h30. Conversation avec Myriam Ben Salah et Alex Ayed, Ayla Hibri, Jessy Moussallem et Ligia Lewis.

Performance: «So something happened, get over it; no, nothing happened, get with it» par Ligia Lewis et Colin Self.

BEB MENARA

Tourbet Sidi Boukrissan

18h00. Vernissage du pavillon Terre/Trab

Commissaire: Khadija Hamdi Soussi

Artistes: Ali Cherri, Aram Kamrooz, Farah Khelil, Haleh Redjaian, Hazem Harb, Malek Gnaoui, Moataz Nasr, Shahpour Pouyan, Tarek Zaki et Yazid Oulab.

BEB MENARA

Dar Baccouche

19h30. Vernissage du pavillon Air/Hwe.

Commissaire: Aziza Harmel.

Artistes: Alejandro Cesarco, Fakhri El Ghezal, Fotini Gouseti, Kamel Moussa, Miguel Mitlag Mohamed Ben Slama, Naeem Mohaiemen, Narimane Mari, Patricia Esquivias, Steffen Martin et Yesmine Ben Khelil.

// DIMANCHE 1er JUILLET

ENNEJMA EZZAHRA

10h00. Conversation avec Olivia Erlanger

 BANLIEUE NORD

11h00. Tour des Galeries

Kalysté / El Marsa / Ghaya / A.Gorgi / Selma Feriani Gallery / Violon bleu

 

Leur page Facebook. 

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“For your eyes only”: l’artiste franco-tunisienne Amel Bennys expose à New York

“For your eyes only”: l’artiste franco-tunisienne Amel Bennys expose à New York

ÉCRIT PAR Edia Lesage

La Galerie Silas Von Morisse située à New York présente «For your eyes only», la première exposition personnelle de l'artiste franco-tunisienne Amel Bennys, du 1er au 29 juin 2018. Ideo magazine vous en dit plus sur cet événement.

La galerie Silas Von Morisse est une galerie d’art contemporain créée à Brooklyn en février 2014 par la galeriste Silas Shabelewska-von Morisse et l’artiste plasticien André Von Morisse.

La vocation de la galerie est d’exposer et de redécouvrir des œuvres qui contribuent au discours contemporain. Le programme de la galerie est multidisciplinaire, conceptuel et vise à favoriser le développement de nouvelles formes d’art émergentes tout en tenant à un éclectisme qui lui permet de présenter des œuvres d’artistes reconnus.

Amel Bennys, artiste internationalement reconnue, est peintre et sculpteur abstrait. Elle utilise la couleur aussi bien comme structure que comme objet tridimensionnel dans l’espace. Les textures de pigments superposés contribuent à définir une grande partie de son travail. Cette exploration continuelle de la structure et de la matière laisse place à la connaissance visuelle de la forme par la coloration. C’est ainsi que pour l’artiste, la couleur devient un point de départ dans l’exploitation des profondeurs de la forme architecturale. En effet, la peinture d’Amel Bennys, à la fois lyrique et austère, existe comme une extension naturelle de la sculpture.

Amel Bennys, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, a reçu plusieurs prix, notamment  celui de la Villa Medicis « Hors les Murs », le prix « Les Etoiles de la Peinture », qui a donné lieu à une exposition aux Galeries Maeght, Montrouge et Barcelone. En 2012, elle a été invitée par la Fondation Josef & Anni Albers (Bethany, Connecticut, Etats Unis). Ses œuvres font partie de collections prestigieuses telles que celles du Museum of Art de Cleveland, la collection privée Agnès B., la collection de la fondation Kamel Lazaar, la collection du Ministère de la Culture et la collection du Ministère des Affaires Etrangères en France.

Contact:

www.silasvonmorisse.com

https://www.artsy.net/art3/

Instagram : silasvonmorisse / fb :SILAS VON Morisse gallery /twitter :vonmorisgallery

109 INGRAHAM ST

BROOKLYN NY 11237

T +1 646 331 3162

T +1 646 331 2368

La galerie est ouverte de 10 heures à 17 heures. Elle est fermée le week-end.

 

 

 

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Dak’art 2018: l’Heure Rouge, c’est une promesse pour tenir la route vers une renaissance émancipée…

Dak’art 2018: l’Heure Rouge, c’est une promesse pour tenir la route vers une renaissance émancipée…

ÉCRIT PAR Hafida Jemni Di Folco

Simon Njami, commissaire général de la Biennale 2018, présente le second volet de sa programmation commencée deux ans auparavant, lors de l’édition de Dak’art 2016, «La cité dans le jour bleu, un ré-enchantement» qui faisait référence à un poème de Léopold Sédar Senghor. La Biennale 2018, l’heure rouge, convoque Aimé Césaire et un extrait de sa pièce «Et les chiens se taisaient». «L’Heure rouge» exprimant une volonté farouche d’émancipation, et de responsabilité. « La réflexion s’établit avant le medium. Il est évident que la nouvelle humanité voit les gens s’interroger et se remettre en question. » selon Simon Njami.

L’édition de la 13e biennale est dense, et la visiter à un rythme lent, permet d’en saisir les subtilités de sa construction. Ce second volet de Simon Njami a changé de référentiel, quittant le ré-enchantement, pour une nouvelle humanité! Dak’art 2018 est un panorama assurément contemporain, sélectionné à travers la production de nombreux artistes issus du continent africain, des Caraïbes et d’ailleurs. La temporalité et l’espace ont été retravaillés et enrichis de nouvelles sections, outre l’exposition internationale, des ateliers pédagogiques (adolescents-femmes rurales), des espaces d’éveil pour les enfants, des rencontres scientifiques autour de six ateliers autour de l’art, droit, politique / Coordination M. El Hadji Malick Ndiaye, et des pavillons nationaux (Le Sénégal et deux pays invités Le Rwanda et la Tunisie).

Le OFF, constitué d’initiatives individuelles ou collectives compte plus de 320 événements qui drainent les 14 régions du Sénégal.

Le pavillon de la Tunisie

« Là où La légèreté nous est donnée, la gravité ne manque pas» / Maurice Blanchot.

Rachida Triki, commissaire du pavillon tunisien a choisi comme thème de monstration: «Tenir la route», en réponse à l’appel de Simon Njami «L’heure rouge». Dans sa sélection, quinze artistes virtuoses: Mouna Jemal Siala, Sadika Keskes, Halim Gara Bibene, Houda Ghorbel, Slim Benchikh, Abdessalem Ayed, Mahmoud Bouchiba, Hela Lamine, Majed Zalila, Najeh Zarbout, Faten Chouba, Slimene El Kamel, Salwa Aydi, Marouane Trabelsi, Thameur Mejri et Besma Hlel. En plus d’ Ali Tnani (sélection internationale)

Un commissariat maitrisé via une monstration irréprochable d’une esthétique sensée. Les œuvres expriment des récits de facture classique ou connecté dont les médiums se déploient en installation, vidéo, peinture, performance, sculpture, photographie.

La Cocotte-Minute rouge écarlate surmontée d’un croissant, de Halim Karabibene, et l’allégorie de la résistance qu’Houda Ghorbel «Sauf, l’obscurantisme», construit avec un panneau sens interdit et une rangée de petits tubes maculés de rouge. La nourriture est de mise, puisque Héla Lamine, travaille sur les relations possibles entre nourriture et actualité sociale et politique. Elle montre un dispositif de singulier «Un kit de survie», il y est proposé de repenser la «Dignité», à partir de pain et d’eau. Thameur Mejri nous étonne avec son diptyque Ennemy 1/Ennemy 2, tandis que Slimen El Kamel son œuvre «Nowhere», interroge le sens de paix social. Quant à Selim Ben Cheikh «Chantier en cours», gyrophares clignotants, convoquent l’urgence d’une évolution ou renaissance, en cours, Basma H’lel convertit les briques de maçon, par la technique de céramique, et en fait des objets d’art, une symbolique de la noblesse d’un savoir-faire maitrisé, permettant de tenir la route.

Abdessalem Ayed lutte contre l’oubli «The golden Blood», reproduit le vestige d’une tête d’âne et d’un matelas, comme métaphore de la mémoire contre l’oubli, car en même temps, Sadikha Keskes, artiste verrière, propose une installation de deux murs de verre soufflé et de miroirs, pour un cheminement sans but lucratif, le temps d’une traversée permettant de sortir du carcan. Une invitation à déambuler…

Mahmoud Bouchiba, un immense artiste ! Ses productions artistiques oscillent entre engagement politique ou sociale, sous forme d’un arbre, Marwen Trabelsi: photographe et vidéaste d’exposition, il a la tête dans les nuage, une photo argentique en noir et blanc. La caricature n’est pas oubliée grâce à  Majed Zalila, son travail est fondé sur la confrontation entre dessin caricaturale et ligne en couleur

Faten Chouba Skhiri: un travail remarquable ! Via une proposition connectée, elle interroge la dualité : Tombé/Débout …l’écran comme un œil observateur. Une forme vénusienne taillée dans le bloc de mousse polyuréthane rigide , peinte en rouge, couleur des menstrues, porte dans sa matrice un écran d’ordinateur diffusant une vidéo où se joue l’image de la disparition. Entre matière et technologie, les formes rouges de l’écume, se diluant dans l’eau, rappellent le mythe d’Aphrodite…

Salwa Aydi, son travail relate le féminin, avec une maitrise parfaite de la gravure. Quant à Najeh Zarbout, elle relate dans ses toiles, le monde contemporain. Travail en pyrogravure sur des objets récupérés.

Un parcours avec une scénographie intéressante. «C’est l’exposition la plus cohérente», selon Simon Njami

Le dénominateur commun de la monstration est une invitation à une prise de conscience implicite conduisant à interroger la politique de fond pour épargner les générations à venir.

Ce panel, d’artistes réunit dans un pavillon, induit chez le visiteur une envie de connaitre plus sur l’art contemporain du pays, et l’envie d’aller plus loin… D’où viennent ces artistes et quel est leur devenir dans ce monde globalisé, en termes de marché. Eux, ils le sont universels et vaquent tous à interroger le monde, selon des formes, un contenu, une diversité, une richesse du discours.

Artistes à suivre !!

//Perceptions esthétiques…

Ali Tnani, seul artiste tunisien, de la section internationale de Dak’art 2018, curaté par Simon Njami.

Son œuvre «Even The Sun Has Rumors», une vidéo, de 18 minutes. Sombre, la vidéo suscite quelque anxiété au démarrage. La caméra traverse des espaces vides, plus ou moins éclairés. Le récit commence, et là, le regardeur est averti…. Even The Sun Has Rumors met en scène l’économat de Redeyef, destiné jadis aux salariés de la Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Gafsa, au sud-ouest de la Tunisie. «C’est l’histoire d’un lieu racontée par un homme de 47 ans qui se souvient de son enfance. Obnubilé par la beauté et le luxe, qui régnaient à l’époque dans cet endroit, il en oublie la réalité du présent et égraine ses souvenirs. Son père était mineur et de ce fait était payé en bons d’achat qu’il se devait d’utiliser à l’économat. L’argent revenait ainsi automatiquement à la mine. Lui, il ne me raconte pas ça. Il parle du vélo vert dont il rêvait, mais que seuls les ingénieurs pouvaient s’offrir. Pour lui, ce lieu était un paradis extraordinaire.» L’artiste se contente de poser des questions: qu’est-ce qu’il y avait ici ? A droite ? A gauche ? A l’écoute du moindre détail. Le conteur s’anime et son imaginaire convoque son passé, pour instruire ou dessiner les contours des sensations lointaines, alimenté sans doute   d’un constat menaçant d’origine plurielle, laissant transparaître des faisceaux de frustrations, de pertes et de manques d’aujourd’hui. Des images totalement noires apparaissent et disparaissent. Elles viennent occulter les scènes dès que le conteur part dans des digressions. «Dans des “considérations inactuelles”, comme disait Nietzsche, contemporaines, comme les problèmes liés aux phosphates, à la pollution… Les plans noirs sont là pour signifier les hors-sujets, qui valent pourtant la peine d’être écoutés.»

Performance à l’Ile de Gorée Mouna Jemal Siala et Sadika Keskes

«Étrange dignité»: Performance en duo de choc, entre « Inquiétante étrangeté » de Mouna Jemal Siala et « les tombeaux de la dignité » de Sadika Keskes un regard qui se croise. « Des corps sculptés sur la plage de l’île de Gorée des silhouettes couvertes de tissus colorés entrent dans l’eau et sortent de la mer pour venir concilier ces corps perdus afin de leur donner une nouvelle vie, celle de l’œuvre ».Plusieurs qualités à cette performance en termes de forme, sujet, esthétique, gravité et de générosité. Eh oui, les points de rupture riment inévitablement avec une reconnaissance de la perte, un rite qui permet de l’assumer et de s’en émanciper. Performance réussie, par l’énergie qu’elle dégage et transmet aux regardeurs des ces couleurs vives couvrants des silhouettes inertes échouées au bord de la mer. Il va sans dire que les yeux rougissent et les images surgissent, celles «des empêchées», gisants aujourd’hui ici, et hélas ailleurs demain.

Hafida Jemni Di Folco

/Curatrice/Critique/Directrice du département Afrique à l’IESA arts&culture Paris/

 

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L’artiste tunisienne Meriem Bouderbala exposée dans un musée autrichien!

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ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Pour la première fois de son histoire, le musée autrichien Ernest Fuchs accueille l’œuvre d’une artiste tunisienne: la peinture de Meriem Bouderbala. Ideo magazine vous en dit plus sur cet événement exceptionnel.

L’hommage à Gustav Klimt dont on célèbre cette année le centenaire à été l’occasion pour la Tunisie de se faire une place dans un musée d’Autriche, et pas n’importe lequel. Le musée du réalisme fantastique Ernest Fuchs est une destination privilégiée des touristes se rendant à Vienne. Établi dans une villa art-nouveau réalisée par le grand architecte autrichien Otto Wagner, il a accueilli l’an passé plus de 17 millions de visiteurs. Autant de personnes donc, qui auront la chance de voir l’œuvre de Meriem Bouderbala qui fait maintenant partie depuis le 15 mai 2018 de la collection permanente de ce musée !

//Meriem Bouderbala, une artiste du corps

Artiste plasticienne franco-tunisienne, Meriem Bouderbala est diplômée de l’Ecole des Beaux-arts d’Aix-en-Provence. Dans son travail, elle questionne la représentativité de la génération actuelle de l’art contemporain maghrébin et surtout de la présence du féminin dans le monde artistique arabe. Ses œuvres sont donc un croisement entre un orientalisme moderne fantasmé et féminisé.

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Dak’art 2018: la Tunisie à l’honneur de cette 13ème biennale!

Dak’art 2018: la Tunisie à l’honneur de cette 13ème biennale!

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Du 3 mai au 2 juin 2018, la capitale du Sénégal accueille Dak’Art, la 13ème biennale de l’Art Africain Contemporain. Parmi les 75 artistes présents, la Tunisie est mise à l’honneur. Ideo magazine vous en dit plus sur cet évènement.

Grâce à leur créativité artistique contemporaine, le Rwanda et la Tunisie seront les invités d’honneur de cette édition 2018 de Dak’art. Parmi les 33 nationalités présentes lors de cette rencontre, 15 artistes tunisiens seront exposés. Abdesslem Ayed, Besma H’lel, Faten Chouba Skhiri, Halim Karabibene, Héla Lamine, Houda Ghorbel, Mahmoud Bouchiba, Mejed Zalila, Marwen Trabelsi, Najah Zarbout, Sadika keskes, Salwa Aydi, Sélim Ben Cheikh, Slimen El Kamel et Thameur Mejri se feront les porte-drapeaux artistiques de la Tunisie. L’artiste tunisien Ali Tnani fait partie également des artistes « IN ».

Cet évènement international qui a pour thème «Une nouvelle Humanité» montrera des œuvres critiques, engagées, ou axées sur la résistance par le biais d’expressions artistiques comme la gravure, la photo, la peinture ou encore la sculpture. «Ce sera un miroir de la pratique artistique contemporaine en Tunisie», a déclaré Rachida Triki, commissaire de l’exposition, qui rappelle au passage que Dak’Art est un tremplin pour les artistes tunisiens sélectionnés.

Toujours selon Rachida Triki, la Tunisie vit depuis 7 ans une révolution sociale, politique mais également une révolution au niveau de la scène artistique. L’exposition de la Tunisie est placée sous le thème « Tenir la route » pour exprimer l’idée selon laquelle les artistes tunisiens sont des créateurs embarqués dans une prise de conscience très forte. Et Rachida Triki de conclure: «Ils essaient de participer, malgré toutes les contre révolutions, de tenir la route. C’est-à-dire de mener à bien cette mutation démocratique et défendre les libertés».

//Dak’art: ses à-côtés et ses nouveautés.

La Biennale de Dakar, c’est également les manifestations «Off» qui capitalisent en moyenne 250 projets. En plus des expositions, cette 13ème biennale de l’Art Africain Contemporain sera l’occasion de discuter et débattre sur cette question: «Art contemporain africain et transformations des cadres intellectuels et normatifs».

Cette treizième Edition comportera également une innovation majeure par rapports aux années précédentes avec l’ouverture du Pavillon sénégalais qui offrira une vitrine de choix pour tous les artistes du pays hôte. Et comme à la fin de chaque manifestation, un artiste se verra remettre «Le Grand Prix Léopold Sédar Senghor», une distinction de référence dans le domaine des arts visuels.

biennaledakar.org

 

 

 

 

 

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«Borders», une exposition photographique inédite de Jean-Michel André à l’IFT

«Borders», une exposition photographique inédite de Jean-Michel André à l’IFT

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

Du 4 au 31 mai 2018, se tiendra à l’Institut Français de Tunisie l’exposition photographique « Borders » de l’artiste Jean-Michel André accompagné des textes de l’écrivain franco-congolais Wilfried N’Sondé.

«Borders», le paysage pour seul limite

«Borders» est plus qu’un projet photographique, c’est un projet philosophique et poétique. En effet, Jean-Michel André situe le point de départ de cette série autour d’une photographie saisissante, celle d’un jeune homme accroupi face au mur de grillage qui bloque l’accès au port dans la jungle de Calais. En résulte un recueil photographique avec pour motif la tension entre l’effacement et l’épaisseur des paysages.

Le photographe ne situe pas ses prises de vue volontairement pour laisser apparaître les paysages de souffle et de silence, et le récit de la vie d’hommes, de femmes et d’enfants qui espèrent un monde meilleur. En partie réalisé en Tunisie, Borders se poursuit: de nouvelles photographies sont présentées pour la première fois à l’IFT. Ce travail s’enrichit également de la collaboration avec l’écrivain, Wilfried N’Sondé.

Récompensé par le prix du Jury de la Bourse du Talent 2017, « Borders » a été exposé à la Bibliothèque Nationale de France à Paris de décembre 2017 à mars 2018. Les photographies de Jean-Michel André intègrent la collection de la BnF. Ce travail a également été présenté en avril 2018 à Bordeaux dans le cadre du Festival Itinéraire des photographes voyageurs et actuellement à Lille à la Maison de la photographie.

Jean-Michel André, un photographe sans frontières

Né en en 1976, Jean-Michel André, diplômé en photographie de l’école des Gobelins, vit entre la France et la Tunisie et fait partie des artistes de la galerie Les Bains Révélateurs. Depuis une dizaine d’années, il poursuit un travail de création photographique au croisement des lectures plastique et documentaire. Ses séries s’élaborent au gré des rencontres qu’il provoque et des paysages qu’il arpente. Il ne s’agit jamais pour lui de prétendre dire un territoire ou ses habitants. Il préfère emprunter les chemins de traverse : révéler l’ombre, inviter à l’exploration d’une géographie intime, d’une géographie du manque.

En savoir plus sur le travail de l’artiste :
www.jm-andre.com
http://hanslucas.com/jmandre/photo
https://www.lesbainsrevelateurs.com/artistes/andre-jean-michel/

 

 

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Les coffrets «Art & Gourmet» font sensation au «concept store muséal» du Bardo

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ÉCRIT PAR Edia Lesage

Le musée du Bardo continue à s’ouvrir à des manifestations qui ne sont pas strictement liées à son activité muséale mais sont susceptibles d’inciter le public à se persuader qu’il se passe toujours quelque chose de nouveau sur le plan culturel au Bardo. C’est ainsi que le musée du Bardo a accueilli dernièrement, le 21 et 22 avril 2018, «L'Atelier by IFM : Quand l’artisanat se met à l'honneur».

Il s’agissait de célébrer les trois années de l’émission «Le Mag du Weeek-end» au Bardo, où étaient interviewés des créateurs et des artisans de domaines différents: mode, déco et design. Les animateurs de l’émission, Khawla Khalsi et Salah Barka ont eu l’idée d’organiser un événement dédiés à 28 créateurs. L’exposition a été scénographiée par Philippe Xerri.

Cette initiative a eu pour objectif de mettre en valeur le talent créatif des jeunes tunisiens et leur permettre de mieux se faire connaître par le grand public.

C’était aussi l’occasion de mettre ces mêmes talents en perspective avec un lieu chargé d’histoire. Et d’histoire, parlons-en: Parmi ces produits, celui que propose l’une des invitées, de ce «concept store muséal», Lamia Boujemaa, est particulier, puisqu’il s’agit de coffrets de présentation d’huile d’olive qui allient artisanat, culture agriculture et pédagogie. Ces coffrets «Art & Gourmet», ont été exposés à New York au «Fancy Food Show» ainsi qu’à Dubai en 2017 au «Gulfood».

Lamia Boujemaa raconte en effet la Tunisie et son patrimoine à travers ses coffrets «Art & Gourmet» qui offrent une lecture et une mise en valeur historique, géographique, artistique et gustative de la Tunisie. Avec ses produits particuliers, elle se fait conteuse et transmet l’histoire avec une bouteille d’huile d’olive et des objets choisis: arts de la céramique, mosaïque, cuillères en bois d’olivier, mains de Fatma, encensoir, roses des sables…

Pour Lamia Boujemaa, il s’agit de «deux «Art» qui ont historiquement le même parcours et qui sont une empreinte forte de l’identité tunisienne. Leur savoir faire s’est transmis à travers les civilisations et perdure dans le temps».

Tout a été soigneusement pensé: les fermetures des bouteilles d’huiles d’olives sont ornées de petits ornements métalliques qui rappellent ceux des costumes des gladiateurs de Carthage. Si les étiquettes rappellent la situation de la Tunisie dans le monde et au sein de la mer Méditerranée, les objets décoratifs sont également accompagnés d’explications qui leur donnent du sens.

«L’agriculture et la culture sont deux mondes proches, que j’ai souhaité faire se rencontrer en les «sacralisant» et en les rendant encore plus nobles qu’il ne sont déjà dans un coffret où l’huile d’olive et une pièce artisanale racontent une part de l’histoire de notre pays».

La présence des produits de Lamia Boujemaa au musée du Bardo rattachent la production de l’huile d’olive en Tunisie à son histoire. Cette présence est donc parfaitement légitime parmi les vestiges des civilisations passées et on aimerait que ces produits fassent partie des objets présentés par la boutique du musée du Bardo, et contribuent ainsi à faire de la visite du musée un événement mémorable.

«Art & Art» au Zéphyr La Marsa

lamia.bjm.art@gmail.com

Lamia Boujemaa présente ses produits:

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«Hors-Lits Tunisie», l’Art dans la ville

«Hors-Lits Tunisie», l’Art dans la ville

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Du 13 au 22 Avril 2018, l’association «Al Badil – l’Alternative Culturelle» présente la 8ème édition de Hors-Lits Tunisie. Découvrez le programme de cet événement exceptionnel dans notre article.

Plus qu’un simple évènement culturel, «Hors-lits» est un parcours au coeur de plusieurs villes. Le spectateur déambule d’une maison à une autre en découvrant, à chaque fois, une performance artistique différente.

Cette année, les curieux et les amateurs de performances artistiques pourront découvrir les villes de Jendouba, Béja, Bizerte, Nabeul et Ariana. Chaque Hors-Lits présentera également un artiste issu de sa propre région. Voici la liste des artistes: Falega Art (Jendouba), Omar Turki (Beja), Dawan (Bizerte), Fendose (Nabeul) et Haydar Hamdi (Ariana).

À ce jour, 25 jeunes ont été formés et accompagnés dans les Hors-Lits qui auront lieu dans les 5 villes suivantes :

Le 13 Avril à Jendouba

Le 14 Avril à Testour/Beja

Le 15 Avril à Bizerte

Le 20 Avril à Nabeul

Le 21 et 22 Avril à Ariana

 

 

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Mourad Ben Cheikh Ahmed, «le piéton de Tunis»

Mourad Ben Cheikh Ahmed, «le piéton de Tunis»

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Mourad ben Cheikh Ahmed cite volontiers Léonard de Vinci:«Il existe trois catégories de personnes : ceux qui voient, ceux qui voient quand on leur montre, et ceux qui ne voient pas» tout en photographiant un détail trivial que personne n’aurait songé à prendre en photographie.

Le voyage urbain a été un genre littéraire très développé au XXème siècle. On peut citer «le piéton de Paris», de Léon Paul Fargue, qui en a fait l’œuvre emblématique de ce genre de littérature. À la même époque la photographie a permis un renouveau dans la représentation des ruines ou des villes qui avaient été le sujet des œuvres picturales des siècles précédents. La nouveauté à notre époque réside dans la photographie numérique qui permet le captage instantané et discret d’une situation ou d’un événement. C’est ce qui a donné naissance au genre de l’exploration urbaine, ou «urbex» qui s’est développé à partir des années 1980.

La ville de Tunis fourmille d’espace et de détails urbains délaissés, oubliés, insolites ou peu accessibles. Mourad ben Cheikh Ahmed a commencé à tenir un blog de 2005 à 2013, sous le nom de dismalden «sombre refuge» où il mettait ses trouvailles. Ses photographies étaient en «lo fi» ou «basse résolution». «On peut ne pas avoir un bel appareil et prendre de belles photographies. C’est le regard qui compte». Et le style de ses photographies est bien reconnaissable. Puis il s’est organisé et a crée un site: lostintunis.com qui se décompose en 25 catégories. L’idée étant de découvrir Tunis comme une terre inconnue «how to be lost in Tunis», ce qui aiguise la curiosité.

Si sa notoriété à l’étranger est reconnue par des professionnels de l’urbain, elle ne l’est en Tunisie que depuis peu, par sa page facebook, qui cartonne au royaume du «ceux qui voient quand on leur montre».

Il n’est pas rare qu’il écrive «la légende raconte …» en se fondant sur les témoignages des personnes, des habitants des lieux de ses prises de vues.

Mourad ben Cheikh Ahmed travaille au centre-ville: c’est pendant ses pauses qu’il part en repérages, puis il photographie le matin, à 6 heures ou le week-end, loin de la foule quotidienne.

«Je n’ai pas un statut d’architecte, ni de photographe et la profession est très dans l’entre-soi». Le défi est un élément incontournable de l’exploration urbaine, mais aussi un facteur de motivation dans les excursions de Mourad. Il se tient à poursuivre des thèmes qui évitent les clichés. C’est aussi la garantie de son indépendance.

Mourad ne tient pas à être photographié : « Je ne me cache pas, mais je ne me montre pas non plus. Quand on va dans un restaurant, on ne demande pas à voir la tête du chef».

Lostintunis.com

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«Triangulation», l’artiste Yazid Oulab s’expose à la Selma Feriani Gallery

«Triangulation», l’artiste Yazid Oulab s’expose à la Selma Feriani Gallery

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Du 8 avril au 3 juin 2018 vous pourrez découvrir le travail de l’artiste Yazid Oulab à la Selma Feriani Gallery. Ideo magazine vous en dit plus sur cette exposition d’art contemporain.

Plasticien algérien qui travaille à Marseille depuis 1988, Yazid Ouladb fait partie d’une grande famille d’artistes. Neveu de l’écrivain Yacine Kateb et cousin de l’acteur Reda Kateb, c’est à travers le dessin, la sculpture, et la peinture qu’il a décidé d’exprimer son talent artistique génétique. La preuve en est avec «Triangulation», sa dernière exposition.

// «Triangulation», un retour aux gestes ancestraux

Pour ce travail, Yazid Oulab s’est penché sur le geste scriptural. Il y présente de nouvelles œuvres graphiques ainsi que des sculptures faites de métal et de marbre et développées autour de ses recherches sur l’écriture cunéiforme. Pour Yazid Oulab «C’est la seule écriture où les lettres et les chiffres se ressemblent».

Mise au point en Basse Mésopotamie au IVe millénaire avant notre ère, le cunéiforme est la première écriture connue de l’humanité. Le travail récent de Yazid Oulab vient à la suite d’une longue série d’expérimentations sur le clou comme l’élément qui assemble ou comme l’Alif matérialisant la force divine.

L’empreinte en creux dans l’épaisseur de la matière, caractéristique de l’écriture cunéiforme, lui donne sa forme et son volume. C’est ce qui a créé chez l’artiste l’envie de travailler sur cet art ancestral.

Quand? Du 8 avril au 3 juin 2018.

Où? À la Selma Feriani Gallery / 8 Place Sidi Hassine – Sidi Bou Said.

Tél: +216 71 744 883

 

 

 

 

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Art Dubaï 2018: la galerie Selma Feriani parmi les exposants!

Art Dubaï 2018: la galerie Selma Feriani parmi les exposants!

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

La galerie tunisienne Selma Feriani fait le déplacement pour l’Art Dubaï Fair 2018. Du 21 au 24 mars 2018, vous pourrez y découvrir le travail de la talentueuse artiste tunisienne Lina Ben Rejeb.

À l’occasion de l’Art Dubaï Fair 2018, la galerie Selma Feriani présente les derniers travaux de l’artiste Lina Ben Rejeb. Intitulés «Tel Quel, Nous Sommes de Cette Étoffe Dont Les rêves Sont Faits» et «Copie à Revoir», elle rend hommage à travers ces œuvres à Hédi Turki, considéré comme un des pionners de l’art abstrait en Tunisie et membre très influent de l’École de Tunis.

//Lina Ben Rejeb et Hédi Turki

Lina Ben Rejeb a eu la chance de rencontrer l’artiste Hédi Turki il y a quelques années et a depuis été largement influencée par ses techniques. Ils partagent tous deux un grand intérêt pour la peinture en elle-même mais aussi pour sa déconstruction.

Ce lien fort qui unit les deux artistes sera visible lors de l’Art Dubaï Fair 2018. En effet, montrer le parallèle entre ces deux créateurs, trois œuvres de Hédi Turki, « Souffle de Printemps », « Bal des Orques » et « Lumière Rose » seront exposées à côté de celles de Lina Ben Rejeb.

Les trois tableaux de Hédi Turki

// Un amour commun pour l’art abstrait

Les deux artistes s’attachent, à travers un jeu de textures et de lumières à faire parler des paysages avec leur propre langage. Entre abstraction et déconstruction Lina Ben Rejeb va plus loin encore en optant pour un travail encore plus minimaliste et monochrome, ainsi qu’en travaillant avec encore plus de matériaux différents. Pour se faire, elle a inventé une série de techniques basées sur les codes de la gestuelle et de l’apprentissage comme l’écriture, le signe et l’image.

 

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