Ieoh Ming Pei, l’architecte de la pyramide du Louvre, s’est éteint à 102 ans

Ieoh Ming Pei, l’architecte de la pyramide du Louvre, s’est éteint à 102 ans

ÉCRIT PAR La rédaction

Ieoh Ming Pei, architecte sino-américain a marqué le monde de l’architecture par ses nombreuses œuvres dont notamment la pyramide du Louvre à Paris. Il s’est éteint à 102 ans.

Imprégné des traditions chinoises, influencé par la pensée des plus grands maitres de l’architecture moderne et ouvert sur le monde de par son expérience et ses voyages, Ieoh Ming Pei, a réussi à travers son travail à transgresser le changement perpétuel des styles et des tendances et à créer une architecture intemporelle, à la limite du présent et du passé, consolidant ainsi, dans une parfaite harmonie l’histoire et les acquis du 20ème siècle. Sa carrière aussi impressionnante que prolifique lui vaudra en 1983 Le prix Pritzker; Le jury déclarera ‘’Ieoh Ming Pei a donné à ce siècle quelques-uns de ses plus beaux espaces intérieurs et formes extérieures.’’

Voici ses projets les plus marquants:

La pyramide du Louvre, 1989, Paris, France

Devenue monument emblématique de la ville lumière, la pyramide du Louvre est aujourd’hui gravée à tout jamais dans l’histoire du musée et de Paris. Néanmoins, 30 ans en arrière, lors de son édification, elle ne suscita qu’hostilité, controverse et opposition. Comme la tour Eiffel et le centre Pompidou, cet ‘’objet’’ de verre et d’acier posé en plein milieu d’un bâtiment patrimonial et historique, choqua par sa forme et ses matériaux et suscita une polémique et un chantier des plus médiatisés pour enfin devenir aujourd’hui une icône mondiale et un monument à part du Paris historique. La pyramide de Pei est décrite dans les mots de Jean Luc Martinez, le président directeur du musée du Louvre comme suit: «l’œuvre de Pei s’est élevée au rang d’icône au même titre que la Joconde, La Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace».

Bibliothèque et musée John F. Kennedy, 1979, Boston, États-Unis 

Inscrite dans la lignée des bibliothèques présidentielles des États-Unis, la bibliothèque et musée John F. Kennedy en est l’une des plus impressionnantes. C’est un lieu porteur d’un double message; Un hommage à la carrière politique du 53ème président mais aussi un monument commémoratif en sa mémoire. De son vivant, J.F.K rêvait pour ce projet d’un ensemble monumental et majestueux à l’image de son ambition grandissante. Une volonté qu’il transmet à Jacqueline Kennedy marraine du projet après sa mort; Touchée par la créativité de Ieoh Ming Pei, elle le sélectionne au dépit d’une liste de noms pourtant bien plus célèbres à l’époque tel que Louis Kahn et Mies Von Der Rohe. Pei répondra à ses attentes en livrant un bâtiment spectaculaire; Un ensemble aux volumes épurées et surdimensionnés ou lumières et matériaux fusionnent et font de l’architecture un outil scénographique; C’est une balade qui accompagne le promeneur au fil des espace dans la pensée et les travaux du président pour à la fin s’ouvrir, généreusement sur la baie de Boston. De part ce geste architectural symbolique et fort, Pei élève la bibliothèque J.F.K au rang des bâtiments commémoratifs les plus prestigieux des États-Unis d’Amérique.

Musée d’art de Suzhou, 2006, Suzhou, Chine

Implanté dans la ville natale de Pei, le musée d’art de Suzhou, est non seulement l’un des derniers projets de la carrière de l’architecte mais aussi l’un des plus signifiants. Ici, Pei appréhende l’œuvre d’une manière personnelle, c’est un hommage à sa culture et à sa ville mère. Il dit que le bâtiment découle d’un ‘’besoin d’exprimer une architecture chinoise’’. Il offre alors à sa terre un projet d’une grande poésie, complexe dans sa simplicité, moderne dans sa tradition; Une imbrication de géométries épurés et de toits inclinés, un mariage sensuel de plâtre, d’argile et de verre et une consolidation des techniques ancestrales et modernes. L’ensemble donne naissance à un bâtiment à l’architecture hybride et forte, qui se pose doucement au milieu de son jardin chinois pour enfin se fondre dans le paysage vernaculaire et naturel de la région; Le musée et le paysage deviennent un seul élément. Plus qu’un musée, l’architecture ici est élevée au rang de sanctuaire ou le visiteur est invité au milieu des jardins et des stèles de bronzes et de jade à vivre une expérience de sérénité et de plénitude.

À découvrir aussi
ideo

Le Pritzker Prize 2019 décerné à l’architecte japonais Arata Isozaki!

Le Pritzker Prize 2019 décerné à l’architecte japonais Arata Isozaki!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Architecte d’une centaine d’édifices dans les quatre coins du monde, le japonais Arata Isozaki a remporté le Pritzker Prize 2019 grâce à une œuvre architecturale cosmopolite singulière. On vous dit plus sur cette actualité qui fait la une dans l’univers de l’architecture!

Le prix Pritzker est un prix d’architecture crée par Jay Pritzker et sa femme Cindy Pritzke en 1979 et décerné chaque année à un architecte vivant dont les projets témoignent d’une diversité enrichissante et signifiante pour l’architecture.

Cette année, ce prix prestigieux a été décerné à l’architecte, urbaniste et théoricien japonais Arata Isozaki. Ce créateur âgé de 87 ans, a pu couronner une carrière de plus de cinquante ans par la plus haute distinction en architecture à savoir le Pritzker Prize, témoignant de son génie et talent d’exception.

Marqué par les destructions de la guerre et des bombardements de d’Hiroshima et de Nagasaki, Arata Isozaki rêvait d’un renouveau urbain et architectural. Au fil des décennies, il a réussi à mettre en œuvre son ambition à travers des œuvres architecturales implantées dans les quatre coins du monde ; œuvres éclectiques, imprévisibles et difficiles à classer.

Chaque édifice est unique, créé dans un mouvement distinct et adapté à son contexte spécifique. Cette démarche adoptée par l’architecte japonais a donné lieu à une œuvre architecturale à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident, à la fois enracinée dans la culture japonaise et ouverte sur celles du monde entier.

Musées, enceintes sportives, bureaux … Brutalistes, postmodernes, corbuséens … Les édifices de l’architecte japonais sont diversifiés aussi bien au niveau des codes esthétiques que des fonctions. Parmi ses créations phares, on peut citer : Le Art Tower au Japon (1990), le siège de la Walt Disney World Resort en Floride, Etats-Unis (1991), le Musée Domus à La Corogne, Espagne (1995), le siège de Daimler-Benz à Berlin, Allemagne (1998), le National Convention Center au Qatar (2011), la tour Allianz à Milan, Italie (2014) et bien d’autres encore des édifices de différents styles.

 

À découvrir aussi
ideo

Qui est Andrea Branzi, entre théorie, design, art, urbanisme, enseignement et architecture?

Qui est Andrea Branzi, entre théorie, design, art, urbanisme, enseignement et architecture?

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Faisant parti des principaux acteurs du mouvement radical, Andrea Branzi a marqué l’histoire du design et de l’architecture grâce à ses écrits et ses projets révolutionnaires. On vous dit plus sur ce créateur qui fête aujourd’hui, le 30 Novembre 2018, ses 80 ans!

Durant sa carrière, Andrea Branzi a pu collaborer avec de très grands noms du design et de l’architecture et a pu s’imposer à une échelle mondiale. Ses projets lui ont valu de nombreuses récompenses nationales et internationales, comme le «Compasso d’Oro à la biennale de Buenos Aires» qu’il a reçu en 1983 avec la Domus Academy qu’il a fondée, le «Compas d’or» qu’il a obtenu pour l’ensemble de sa carrière en 1987, le «Prix Robert Maxwell» pour l’essai Seven Theses on Design» en 1989, ou encore le «Prix Baden-Württemberg» en 1991 pour la table « Quadrio » qu’il a conçue pour Up&Up.

// Mouvements et projets d’avant-garde, style provocateur et critique !

Après avoir été diplômé à Florence, sa ville natale, Andrea Branzi s’est installé à Milan dans les années 1970. Durant cette époque, il a fait partie de mouvements très marquants. Il a été membre fondateur du groupe «Archizoom Associati», et s’est associé également aux studios de design industriel expérimental «Alchimia» et «Memphis». Dans le cadre de ces groupes, Branzi a mené des recherches autour des relations entre l’Homme et l’objet, du rapport de l’Homme à son environnement et d’autres réflexions qu’il continue de mener jusqu’à aujourd’hui. Ses principes contre le caractère rationnel et fonctionnel du mouvement moderne, et ses objectifs d’humaniser la société de consommation et de repenser les manières d’aménager la ville et l’habitat, se sont mis en œuvre à travers des essais critiques et des créations «Kitsch» ironiques, devenus aujourd’hui des incontournables du design et de l’architecture. Parmi ces projets en question, on peut citer : «Sofa superonda» (1967), «Sofa Safari» (1968) et «No-Stop-city» (1969).

// Branzi entre théorie, design, art, urbanisme, enseignement et architecture!

Entre recherche théorique et expérimentation, Andrea Branzi a pu diversifier ses expériences et ses créations au fil des années. De la planification urbaine à la création du meuble, ce créateur italien n’a cessé d’explorer de nouveaux champs.

Il a publié de nombreux ouvrages tels que «La Casa calda» (1982), « Animali domestici : le stile neo-primitivo» (1986) et d’autres encore. Sans oublier ses «radical notes» publiées dans la revue «Casabella» qui diffusait à l’époque les théories du mouvement radical.

Branzi a également réalisé des projets d’urbanisme et d’architecture partout dans le monde, dont, la galerie d’art moderne d’Arezzo en Italie en 2002. Il est co-fondateur de Global Tools et de la Domus Academy. Il a participé à des manifestations et des expositions d’envergure internationale et a collaboré avec plusieurs marques, comme «Alessi» pour qui il a conçu des montres en 2006 ou le Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques (CIRVA) pour qui il a créé des vases.

Andrea Branzi poursuit aujourd’hui son activité d’enseignant au Politecnico di Milano, ainsi que ses recherches expérimentales et critiques qu’il avait commencées depuis près de cinquante ans. Ses projets sont régulièrement exposés à travers le monde.

À découvrir aussi
ideo

L’hôtel du Lac, la plus importante expression de l’architecture brutaliste en Tunisie

L’hôtel du Lac, la plus importante expression de l’architecture brutaliste en Tunisie

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Conçu en 1973 par l’architecte italien Raffaele Contigiani, l’hôtel du Lac est l’un des plus anciens hôtels en Tunisie. Cet édifice a révolutionné le paysage architectural tunisien durant cette époque grâce à sa structure emblématique issue du courant brutaliste.

Si aujourd’hui le bâtiment est vide, abandonné et sous la menace de la démolition, l’hôtel du Lac a connu autrefois son heure de gloire en tant que chef d’œuvre architectural annonçant une nouvelle ère pour la Tunisie. Cet édifice sous forme d’une pyramide inversée, témoigne de l’avant-gardisme du pays dans les années 1970. L’époque durant laquelle cet hôtel a connu son apogée, et a accueilli des invités internationaux de renom, ainsi que des hommes d’affaires, des politiciens et la nouvelle élite tunisienne. Parmi les célébrités qui ont séjourné dans cet hôtel on peut citer James Brown et son groupe.

// Une icône architecturale brutaliste des plus importantes

Construit comme une expression de la modernité et de l’indépendance de la Tunisie, l’Hôtel du Lac a effectivement réussi à générer un nouveau symbolisme architectural dans la ville grâce à sa structure brutaliste. Cette dernière a pu se rebeller des formes architecturales traditionnelles (La Médina de Tunis) et coloniales (Théâtre Municipal, la Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul) de l’Avenue Habib Bourguiba.

En plus du contraste qu’elle a pu créer avec l’architecture environnante, la structure de l’Hôtel du Lac est très fonctionnelle. Elle a effectivement été pensée pour utiliser le moins d’espace au sol, en étant une construction élevée. La forme pyramidale inversée a permis d’avoir plus de chambres avec vue sur les étages supérieurs.

L’intérieur de cet hôtel était aussi riche que son allure extérieure. On y trouvait des sols en linoléum, du mobilier ultra moderne et des matériaux des plus nobles.

Après l’âge d’or qu’a vécu cet hôtel, ce dernier a fermé ses portes en 2000 après des années de mauvaise gestion de la part d’une entreprise privée qui a racheté l’hôtel lors de la vague de privatisations des années 1990. Et après plus qu’une décennie de fermeture et d’abandon, ce chef d’œuvre brutaliste est aujourd’hui en péril depuis que la société libyenne «Lafico » a pris la décision de le démolir au profit d’un nouvel hôtel de luxe.

Une destruction qui risque d’effacer une part illuminée de l’histoire architecturale de la Tunisie, et de faire perdre un témoignage important d’architecture brutaliste au Maghreb.

À découvrir aussi
ideo

Le dernier voyage de Paul Andreu, star architecte

Le dernier voyage de Paul Andreu, star architecte

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Paul Andreu, star architecte de la génération de Renzo Piano et Richard Rogers vient de nous quitter. Il n’emportera pas cette fois-ci son «kit de survie» qui consistait en un bagage à main et un carnet de croquis, toujours prêts pour sauter dans le premier avion et y esquisser ses projets, dessiner et écrire.

Paul Andreu, courtesy Le Moniteur

La renommée de star mondiale de Paul Andreu repose surtout sur les aérogares dont il a été, avec le bureau de l’A.D.P (Aéroports de Paris) qu’il dirigeait, ou, sans l’A.D.P, un des concepteurs les plus marquants de la deuxième moitié du XXème siècle. On lui doit le hub de Roissy, le cylindre iconique inauguré en 1974 et ses extensions ultérieures.

Fils d’un professeur de mathématiques de Bordeaux, Paul Andreu a tout d’abord intégré l’Ecole Polytechnique (promotion 1958), puis a opté par goût personnel pour un double cursus à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (promotion 1963) et à l’E.N.S.B.A, section architecture (promotion 1969). Il intègre les Aéroports de Paris dès le début de sa carrière et en devient le Directeur de l’Architecture et de l’Ingénierie en 1979.

Donc, bien sûr, se succèdent de multiples aérogares (Abou Dhabi, Djakarta, Le Caire, Dar Es Salam, Brunei, Osaka, Nice, Bordeaux, Pointe-à-Pitre …). Mais bien d’autres projets: reprise problématique du chantier de l’Arche de la Défense après la mort tragique de son concepteur, Johan Otto Von Spreckelsen, le Grand Théâtre National de Pékin et à une toute autre échelle la mise en scène de théâtre et de ballet ainsi que la conception et l’agencement de boutiques. Paul Andreu et c’est son côté le plus attachant, avait un fort désir de pédagogie qui l’a conduit à de multiples interventions radiophoniques, à donner des conférences et écrire de nombreux livres.

Ce qui le motivait, dans les aérogares, c’était l’idée de concevoir un espace de transition le plus agréable possible où l’on puisse être soi-même entre l’arrivée à l’aérogare et le départ de l’avion et vice-versa. Un sas de sérénité qui pouvait se concevoir avant que les mesures de sécurité ne transforment ce moment de transition en période de stress.

Le 23 mai 2004, l’effondrement de la section de l’aérogare 2 E inaugurée un an auparavant met quasiment un terme à sa carrière hexagonale. «C’est une épreuve qu’il faut traverser sans s’en prendre aux autres et sans assumer des fautes que l’on n’a pas commises. Cet accident a bloqué tout mon travail en France. »

À l’opéra de Pékin, la transition entre la vie à l’extérieur et la fiction à l’intérieur se fait en passant sous un plan d’eau qui entoure la coque métallique de l’édifice. Il dira de cet édifice: «L’Opéra est devenu l’œuvre de ma vie, on ne repassera pas les plats».

Paul Andreu et c’est son côté le plus attachant, avait un fort désir de pédagogie qui l’a conduit à de multiples interventions radiophoniques, à participer à l’enseignement de l’architecture, à donner des conférences et à écrire de nombreux livres.

Paul Andreu était donc aussi un écrivain (il fut nominé pour le Goncourt du premier Roman). Il a écrit entre 1989 et 2010 onze livres dont «J’ai fait beaucoup d’aérogares: Les dessins et les mots», «L’Archipel de la mémoire», «L’Opéra de Pékin: Le roman d’un chantier», «La Maison», «La Grande Arche Tête Défense, Paris-la-Défense: Une architecture de Johan Otto von Spreckelsen», «Les eaux dormantes» ou il écrira: «Loin de la ville et du bruit, ne faisant rien que vivre, il peut retrouver la beauté du monde et sa musique tranquille : « Tout bouge ici pour peu que l’on reste immobile.  »

Sujet au trac, il voulait que ses bâtiments soient acceptés par leurs utilisateurs. « Ce que je cherche dans tout projet, c’est sa cohérence interne et son intelligibilité, mais en même temps sa relation avec l’extérieur. »

La liste des ouvrages est longue et les récompenses également. On pourra retenir son sens de l’amitié, sa simplicité, son sens de la transmission et sa pudeur.

 

À découvrir aussi
ideo

Maisons de Tunisie, le nouveau magazine officiel de l’Ordre des Architectes Tunisiens

Maisons de Tunisie, le nouveau magazine officiel de l’Ordre des Architectes Tunisiens

ÉCRIT PAR La rédaction

Ce 2 octobre 2018, Maisons de Tunisie est devenu le magazine officiel de l'Ordre des Architectes Tunisiens (OAT). Une belle histoire qui commence pour mettre en lumière les bâtisseurs de demain!

Fondé en 2009, le magazine Maisons de Tunisie offre à ses lecteurs la visite des plus belles demeures de Tunisie, leur fait découvrir les œuvres des plus grands artistes et accompagne leurs envies déco. Cette nouvelle année, Maisons de Tunisie élargit ses horizons grâce à un partenariat avec l’Ordre des Architectes Tunisiens (OAT). Ainsi toute l’actualité de l’OAT sera présente dans votre magazine!

Ce partenariat a été signé ce 2 octobre 2018 entre Ismail Ben Miled, Nexpresse (Femmes de Tunisie magazine, femmesdetunisie.com, Maisons de Tunisie magazine et La Gazelle de Tunisair) et Mohamed Marzouk, President de l’OAT, en présence de Henda Ayadi, directrice commerciale du groupe Nexpresse et Khadija Djellouli, rédactrice en chef de MDT.

 

 

À découvrir aussi
ideo

Batimaghreb Expo revient avec une 13ème édition à l’Hôtel Laico Tunis

Batimaghreb Expo revient avec une 13ème édition à l’Hôtel Laico Tunis

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Les 24 et 25 Octobre 2018, aura lieu la 13ème édition du salon de la construction et des technologies du bâtiment «Batimaghreb expo» à l’hôtel Laico à Tunis.

Le salon Batimaghreb Expo est une rencontre entre professionnels et amateurs du bâtiment et travaux public (BTP) organisé à l’hôtel Laico situé à l’Avenue Mohammed 5 à Tunis. Le salon réunira les industriels et les fournisseurs qui vont présenter leurs produits et solutions aux professionnels: Architectes, architectes d’intérieur, ingénieurs, promoteurs, constructeurs, bureaux d’études, entrepreneurs et autres. Cet évènement permet à ces derniers l’ouverture à de nouveaux marchés ainsi que le développement du portefeuille clients. Il permet également de s’informer sur les tendances du secteur des infrastructures et de la construction.

Des conférences animées par des experts tunisiens et internationaux, sous le thème «Les enjeux de la transition numérique et énergétique dans le bâtiment», seront programmées pour l’occasion. Des espaces Séminaires sont également prévus permettant aux fournisseurs de présenter leurs produits aux sociétés et aux potentiels clients présents. En plus des workshops techniques qui seront une occasion pour favoriser l’échange avec les visiteurs (clients, observateurs..) dans le cadre d’un entretien privilégié privé (tête-à -tête). Et ce, en leur expliquant d’avantage l’actualité de l’entreprise et en démontrant les solutions proposées aux problématiques liées au secteur du bâtiment.

Des rencontres B2B seront également organisées entre les fournisseurs tunisiens confirmés et les donneurs d’ordre du secteur. Ces derniers vont être des promoteurs, des bureaux d’études et de grands architectes tunisiens, mais aussi maghrébins et africains.

Batimaghreb Expo met en place également des solutions favorisant l’interaction entre visiteurs, exposants et experts comme les «Connect tools».

Pour en savoir plus sur l’évènement cliquez ICI!

 

 

 

À découvrir aussi
ideo

Quand les plus grands architectes du monde réalisent l’hôtel « Puerta America Madrid »!

Quand les plus grands architectes du monde réalisent l’hôtel « Puerta America Madrid »!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

L’hôtel 5 étoiles «Puerta America Madrid» a réuni les plus grands noms de l’architecture et du design, tels que Jean Nouvel ou encore Zaha Hadid pour sa conception. IDEO Magazine vous propose un tour dans l’un des hôtels les plus prestigieux et originaux d’Europe!

Le 1er étage de chambres et suites de l’hôtel conçu par Zaha Hadid, est semblable à un espace de science-fiction. L’architecte a eu recours à la ligne courbe fluide pour inviter les clients à une ambiance élégante et avant-gardiste. Celle-ci a opté pour la couleur blanche comme couleur dominante dans les différents espaces. Ce choix a illuminé ces derniers, éclairés déjà par de grandes fenêtres donnant sur une vue panoramique de Madrid. Ce registre linéaire et la teinte blanche, mêlent mobilier, murs et sol pour constituer une seule entité spatiale globale.

En montant au 12ème étage, nous découvrons une ambiance complétement différente. Jean Nouvel a choisi d’embarquer les clients dans un univers plus coloré en leur proposant un nouveau concept spatial. En effet, les «Suite executive de Jean Nouvel» offrent aux clients la possibilité de les composer spatialement, et ce grâce à la mise en place de panneaux mobiles. Jean Nouvel a également conçu les suites présidentielles et les suites Senior, toutes plus spectaculaires les unes que les autres.

En plus de ces deux architectes de renommée mondiale, plusieurs autres concepteurs internationaux ont été appelés pour projeter leurs visions. Nous pouvons citer Norman Foster, David Chipperfield ou encore John Pawson.

Ainsi, l’hôtel évoque une diversité d’ambiance incroyable. Les sept types de chambres répartis sur les étages et la variété des styles d’aménagement proposés, présentent une sorte de métissage permettant à «Hotel Puerta America Madrid» de se créer sa propre personnalité luxueuse et contrastée. Ainsi, vous pouvez y résider de nombreuses fois mais en vivant une expérience inédite à chaque fois.

Pour savoir plus sur cet hôtel, cliquer ICI!

À découvrir aussi
ideo

Conférence du grand architecte tunisien Ajmi Mimita à l’Université Centrale

Conférence du grand architecte tunisien Ajmi Mimita à l’Université Centrale

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Le 26 Septembre 2018 à 9h, aura lieu une conférence inaugurale de l’architecte DPLG Ajmi Mimita à l’école Polytechnique de l’Université Centrale sous le thème «Une certaine idée de l’architecture et de l’urbanisme pour la Tunisie de demain».

Durant cette conférence, l’architecte Ajmi Mimita retracera ses trente années de carrière impressionnante. Ainsi, comme le dit l’architecte, il va pouvoir grâce à ce rendez-vous transmettre son savoir et son expérience aux étudiants en architecture pour que ces derniers sachent être utiles pour la Tunisie. De cette manière, ces jeunes architectes pourront avoir «Une certaine vision de l’Architecture à travers l’œuvre de Ajmi Mimita», tel est d’ailleurs l’objectif de la conférence.

L’architecte a réalisé des projets à succès à l’échelle nationale et internationale.Parmi les projets marquants de Ajmi Mimita, nous pouvons citer le grand palace d’Asie Centrale ou encore le projet situé à Ashgabat (la capitale de Turkménistan)  réalisé à l’occasion de l’organisation du grand sommet des pays de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) en mars 2010. Nous mentionnons également le théâtre en plein air de Djerba, de grands hôtels comme celui de Aziza Hammamet, El Mahari Yasmine Hammamet, le Concorde aux berges du lac et l’ambassade de Tunisie à Riadh, capitale de l’Arabie Saoudite (en collaboration avec Wassim Ben Mahmoud).

À découvrir aussi
ideo

Le musée du Qatar signé Jean Nouvel ouvrira ses portes fin mars 2019!

Le musée du Qatar signé Jean Nouvel ouvrira ses portes fin mars 2019!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

Fin mars 2019, le Qatar sera sous les projecteurs grâce à l’inauguration de son Musée National conçu par l’architecte français Jean Nouvel.

Depuis quelques années, le Qatar a commencé à mettre en pratique une stratégie culturelle ayant pour objectif de s’imposer comme pôle culturel dans la région, mais aussi dans le monde. Une ambition qui pourrait être réalisable vu le travail qui s’enchaine au niveau du développement culturel et muséal du pays. Pendant ces dernières décennies, des projets de musées grandioses émergent de plus en plus. Ainsi des édifices conçus par de grands architectes internationaux (le plus grand musée d’Art islamique de la région, « MATHAF », le premier musée consacré à l’art moderne arabe) sont en train de voir le jour.

Le dernier grand projet est celui du Musée National de Qatar qui a été confié à l’architecte français Jean Nouvel dont l’inauguration est prévue pour fin mars 2019. L’édifice est situé à l’extrémité sud de la corniche de Doha (capitale du Qatar).

Jean Nouvel s’est imprégné de la culture et de la géographie très particulière du Qatar pour concevoir ce bâtiment. En effet, la plus grande superficie du pays est entièrement habitée par le désert, ainsi l’architecte s’est inspiré de la Rose des sables pour créer la forme du musée (les disques en béton). L’idée était de mettre en valeur l’identité culturelle et le patrimoine naturel du pays. Selon les propos de Jean Nouvel ; le musée a été conçu de sorte à «faire ressentir le désert et la mer» à la fois.

Après le musée du Louvre d’Abou Dhabi, inauguré fin 2017, Jean Nouvel signe ici  l’un des principaux chef- d’œuvres architecturaux de cette décennie.

À découvrir aussi
ideo

Gordon Matta-Clark, un anarchitecte au jeu de paume

Gordon Matta-Clark, un anarchitecte au jeu de paume

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Du 05 juin au 23 septembre 2018, le musée parisien du jeu de paume accueille «anarchitecte», une exposition dédiée au travail de l’artiste-architecte Gordon Matta-Clark. Ideo magazine vous en dit plus sur cet événement.

L’exposition «Anarchitecte» réunit près d’une centaine d’œuvres de Gordon Matta-Clark et explore ainsi l’importance du travail de l’artiste et de son regard sur l’architecture post-moderne. Photographie, film et gravure sont autant de témoignages de l’impact de la culture urbaine contemporaine sur notre époque moderne tel qu’il est vu par le travail critique de Gordon Matta-Clark.

// Gordon Matta-Clark, anarchitecte de l’urbain

C’est après son installation à New-York que Gordon Matta-Clark commencera à produire une série d’œuvres in situ. À travers cette démarche, il procédait ainsi à une dissection anatomique du paysage urbain en découpant les structures des bâtiments. À cette époque, le sud du Bronx connaît un fort déclin économique suite à l’exode massif de la classe moyenne vers la banlieue. Les bâtiments abandonnés deviennent ainsi le terrain de jeu de Gordon Matta-Clark. Ce qui donnera naissance à une de ses séries les plus iconiques: «Bronx Cuts».

// Gordon Matta-Clark, visionnaire de la culture urbaine

Influenceur avant l’heure, il semblerait que Gordon Matta-Clark ait compris très tôt l’importance de ce qu’on appelle aujourd’hui le «street-art» dans la culture urbaine. Il a en effet très vite remarqué la tendance qui est née de la prolifération des graffitis. En réponse à l’expansion urbaine, le graffiti est devenu pour la jeunesse le moyen d’exprimer sa rébellion contre le conformisme, et par extension contre l’autorité et le travail de l’architecte. De plus, Gordon Matta-Clark n’a pas seulement remis en cause les notions de module et de répétition de l’architecture moderniste. Sa méthode du «découpage», influencera toute une génération d’architectes comme Frank Gehry, Peter Eisenman ou encore Daniel Libeskind.

Pour en savoir plus sur cette exposition, c’est par ici. 

À découvrir aussi
ideo

Jacques Marmey, le plus tunisien des architectes français

Jacques Marmey, le plus tunisien des architectes français

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

Pour ceux qui ne connaissent pas l’architecte Jacques Marmey, certains de ses bâtiments ne vous seront pas inconnus tel que le lycée de Carthage présidence. À l’occasion des 30 ans de sa disparation, ideo magazine vous fait découvrir cet amoureux de la Tunisie et de son architecture.

Les débuts de Jacques Marmey

Né à Marseille en 1906, Jacques Marmey étudie l’architecture à Lyon puis aux beaux-arts de Paris. Tombé très tôt amoureux de l’Afrique du Nord, il s’envole dans les années 1930 pour le Maroc où sous la direction d’Henri Terrasse, il est chargé de la restauration des biens des Habous de la médina de Fès. Il y réalise notamment l’extension de la madrasa (médersa) Seffarine-Mohammed V, aménage le quartier et l’université Qarawiyyin (Karaouine) et la place Seffarine.

Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) Pièces personnelles : vue du Roi du Maroc décorant Jacques Marmey, n.d. (cliché anonyme). (21-01. Doc. P-21-001-005). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»

Jacques Marmey, un des architectes de la reconstruction tunisienne

C’est en 1943, qu’il est appelé en Tunisie par l’architecte Bernard Zehrfuss, chargé de la reconstruction de la Tunisie et directeur du service de l’Architecture et de l’urbanisme en Tunisie. Il y construira jusqu’à sa mort en 1988. Se liant d’amitié avec les architectes Paul Herbé et Michael Patout, Jacques Marmey réalise avec eux de nombreux projets. Durant sa longue carrière en Tunisie, il construit plus d’une centaine de réalisations, dont notamment des bâtiments civils tels que le Lycée de Carthage Présidence (1949-1957), le lycée de Menzal Bourguiba, l’école de Porto- farina, le contrôle civil régional à Bizerte ou encore le Mémorial Americain à Carthage (1948-1957). Des œuvres architecturales encore en fonctionnement de nos jours.

Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) 1949-1957. Lycée, Carthage (Tunisie) : vue ext. (21-50. Doc. P-21-050-031). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»
Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) 1945. Ecole, Porto-Farina (Tunisie) : vue ext., n.d. (cliché anonyme). (21-43. Doc. P-21-043-008). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»

Jacques Marmey, architecte des villas tunisiennes

En 1947, à la dissolution du service de l’Architecture et de l’urbanisme, chargé de la Reconstruction, il installe son agence à Sidi Bou said et en devient même l’architecte conseil en 1963. C’est à partir de cette période que Jacques Marmey se lance dans la construction de nombreuses villas, qu’elles soient à Hammamet, à Tunis, à Sidi Bou Said, à Carthage ou à Gammarth, son style est particulièrement reconnaissable. Il en construira presque une cinquantaine durant sa carrière.

Fonds Marmey, Jacques (1906-1988) 1945-1948. Villa Dar Patout, Sidi Bou Said (Tunisie) (avec Paul Herbé et Michaël Patout, arch.) : vue d’une entrée donnant sur le patio (cliché Marc Breitman). (21-45. Doc. D-21-045-016). Crédit photo IAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle»

Le style Jacques Marmey

Entre tradition et modernité, le style de Jacques Marmey se définit comme une relecture de l’architecture traditionnelle tunisienne que l’on appelle également architecture vernaculaire. Très empreint de l’architecture moderniste de Le Corbusier, Jacques Marmey le réadapte en Tunisie. Ainsi, on retrouve dans son dessin des jeux d’ombre et lumière, les murs blancs épais et le rythme des voutes et des arcades si présents en Tunisie. L’exemple le plus évident de son style architectural est certainement le lycée Carthage présidence où les rampes qui rappellent l’architecture moderne sont mariées au briques de Tozeur et au rythme des grandes arcades blanches et épurées.

 

À découvrir aussi
ideo

Junya Ishigami, l’architecte qui sublime l’espace, expose à la fondation Cartier

Junya Ishigami, l’architecte qui sublime l’espace, expose à la fondation Cartier

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Freeing Architecture, la première grande exposition personnelle de l’architecte Junya Ishigami. Cet événement initialement prévu du 30 mars au 10 juin 2018 est prolongée jusqu’au 9 septembre, victime de son succès!

Figure majeure et singulière de la jeune scène architecturale japonaise, Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Junya Ishigami est l’auteur d’une œuvre conceptuelle et poétique dans laquelle le paysage tient une place prépondérante. À l’occasion de l’exposition Freeing Architecture, conçue spécialement pour la Fondation  Cartier, l’architecte dévoile une vingtaine de ses projets architecturaux en Asie et en Europe à travers une série de maquettes de grandes dimensions, accompagnées de films et de dessins documentant leurs différentes étapes de conception et de construction. Dialoguant avec le bâtiment iconique de Jean Nouvel, cet événement est également la première exposition personnelle de grande envergure que la Fondation Cartier pour l’art contemporain consacre à un architecte.

Junya Ishigami, l’architecte qui puise son inspiration dans la nature

«J’aime penser l’architecture librement, avoir une vision la plus souple, la plus ouverte, la plus subtile possible, pour dépasser les idées reçues sur l’architecture. » Junya Ishigami

Portrait de Junya Ishigami. Photo Renaud Monfourny.

Dans ses œuvres architecturales qu’il compare volontiers à des paysages, des nuages ou des forêts, Junya Ishigami fait disparaître la frontière entre environnement extérieur et espace intérieur. Né en 1974 dans la préfecture de Kanagawa, au Japon, Junya Ishigami appartient à la jeune génération d’architectes japonais qui a émergé dans les années 2000 dans le sillage de Toyo Ito et Kazuyo Seijima. Formé à l’université des Beaux-Arts de Tokyo, Junya Ishigami fait ses armes en tant qu’architecte au sein de l’agence SANAA avant de fonder junya.ishigami+associates en 2004. Semblant s’affranchir des contraintes et des règles de l’architecture, son œuvre est rapidement reconnue pour sa singularité et couronnée par de nombreux prix. Parmi ses projets de grande envergure, figurent la construction en 2008 de l’Institut de technologie de Kanagawa; la restauration et la transformation en musée-jardin du musée polytechnique de Moscou depuis 2011; et la conception en 2014 de la House of Peace pour la ville de Copenhague, un immense bâtiment en forme de nuage reposant sur l’eau conçu comme un symbole de paix.

www.fondationcartier.com

À découvrir aussi
ideo

La Cité de la culture ou le non-sens architectural

La Cité de la culture ou le non-sens architectural

ÉCRIT PAR Khadija Djellouli

À l’heure où l’on célèbre les nouveaux musées du 21ème siècle à l’instar du Louvre d’Abu Dhabi signé jean nouvel ou bien encore le musée Yves Saint Laurent à Marrakech réalisé par Studio KO, la Tunisie inaugure sa cité de la culture. Certes le programme est ambitieux et prometteur. Mais revenons à l’architecture, ce langage intrinsèque, qui permet en quelques lignes, en quelques volumes d’exprimer la dimension de toute une ville.

On se promène dans cette capitale et on aperçoit ce globe de verre, première vision de la Cité de la Culture. Quel signification symbolique peut-on lui attribuer? la Tunisie détient le monde entre ses mains? Ou a-t-on voulu créer tout simplement un repère dans la ville, une initiative louable mais pourquoi ce globe de verre maintenu par des poteaux longilignes et ennuyeux et dont la fonction programmatique reste encore inconnue à ce jour. Ce qui voulait passer ici pour peut-être une prouesse architecturale, s’apparente malheureusement plus à une sculpture grossière et dont les proportions ne s’harmonisent pas.

Voilà que l’on s’approche et à notre grande surprise, une enceinte délimite cette cité. C’est bien la première fois qu’un espace public de type culturel se pare d’un rempart alors que sa vocation est d’être ouvert aux citoyens. Oui, c’est vrai cela se faisait encore au temps du moyen-âge pour se protéger des invasions barbares mais il ne semble plus d’actualité dans les villes d’aujourd’hui.

Pour ne citer que quelques exemples, le centre Pompidou et sa fameuse place, le musée Guggenheim de New-York ou encore la Tate Modern de Londres. Il était bien au contraire indispensable de créer une place, un espace d’échange et de célébration! De plus, pourquoi remettre sur ces murs d’enceinte ces rayures, plus évocatrices d’une prison que d’un lieu ouvert.

Place du Centre pompidou

On s’étonne maintenant des couleurs employées et des motifs des façades. Un jaune et un vert qui on peut le dire, s’apparente plus du mauvais goût, car oui les goûts et les couleurs se discutent, bien évidemment. Ou du moins ils correspondent à une époque. Il semble que ces couleurs évoquent l’esthétique des bâtiments voisins. Drôle de manière de penser une architecture avant-gardiste et de ne pas pouvoir se détacher du passé. On se passera de commentaires sur les rayures horizontales qui tassent le bâtiment et qui n’évoquent comme dit précédemment qu’une prison.

Façade Cité de la Culture / Bâtiments administratifs Avenue Mohamed V

Les façades se parent d’un vitrage réfléchissant, ne laissant rien percevoir de ce qui se passe à l’intérieur. Une belle promesse de transparence, qui résume bien l’état d’esprit de cette nouvelle cité. L’entrée fortement inspirée de l’arche de la défense à Paris fait référence à ces grand portiques des années 1980. Encore un signe d’une architecture audacieuse!

Arche de la Cité de la Culture / Arche de la défense

Nous voici à l’intérieur. À en croire les vidéos, il y a une certaine fierté à présenter ce hall décoré de palmiers et de néon violet, certainement cette initiative était pour évoquer un symbole de la Tunisie ou peut-être d’exprimer la continuité d’un extérieur mais cet espace par ses proportions et sa décoration s’apparente plus à un mall où l’on s’attend à trouver 50 boutiques.

Hall Cité de la Culture / hall Mall à Dubai

Il faut réaliser l’enjeu d’un tel édifice! Il est le symbole d’une civilisation, d’un pays! Il sera visité espérons le, par des tunisiens mais également nos visiteurs. Quelle image allons-nous véhiculer? Une Tunisie qui manque d’ambition, une Tunisie qui n’a pas encore mis le pied dans ce nouveau siècle. Car oui cette architecture est datée, elle correspond plus à une architecture des années 1970-1980, à l’instar de ses bâtiments voisins le long de l’Avenue Mohamed V. Mais si l’ambition était de noyer cette cité dans le paysage de ces banques et bureaux, le pari est réussit mais ce n’est pas la vocation d’un bâtiment culturel . Il se doit bien au contraire de se démarquer et de marquer un point d’orgue dans la ville. C’est cela l’architecture, du moins celle que l’on enseigne. La Tunisie mérite aujourd’hui un bâtiment à la hauteur de son potentiel.

À découvrir aussi
ideo