Où en est la loi sur le mécénat culturel en Tunisie? Retour sur la table ronde organisée par la galerie AGorgi

Où en est la loi sur le mécénat culturel en Tunisie? Retour sur la table ronde organisée par la galerie AGorgi

ÉCRIT PAR Edia Lesage

Le samedi 23 mars 2019, à la galerie A.Gorgi, s’est tenu un échange de points de vue sur le financement de la culture, particulièrement intéressant. Retour sur cette rencontre!

La table ronde, organisée par Aïcha Gorgi sous le titre: «la création artistique actuelle, l’hier et l’ailleurs» réunissait un public concerné autour d’un panel distingué: Wafa Belgacem, fondatrice d’un cabinet conseil «Culture Funding Watch», Nadia Jelassi, artiste, directrice de l’école doctorale des beaux arts et commissaire de l’exposition «Gorgi-Pluriel», Aïcha Gorgi, directrice de la galerie A.Gorgi, Hakim Ben Hammouda, économiste, ancien ministre des finances, Mohamed ben Soltane, artiste et enseignant à l’ISBAT, Hédi Khelil , historien de l’art, Mourad Sakli ,musicien, fondateur d’un cabinet d’expertise culturelle «Altissimo Consulting» et ancien ministre de la Culture .

Sur l’invitation d’Aïcha Gorgi, Nadia Jelassi a lancé les discussions en disant: «la loi sur le mécénat culturel, on ne la connaît pas on aimerait en savoir davantage et (…) est ce qu’un texte de loi est suffisant pour faire fonctionner le mécénat?».

Mourad Sakli et Hakim Ben Hammouda ont rappelé la genèse de la loi sur le mécénat passée dans la loi de finances complémentaire de 2014 (article 49 §5 bis), ils ont convenu que cette loi était méconnue et très peu médiatisée. En 2015 , le Ministère de la Culture avait édité une plaquette bilingue sous le titre «le mécénat culturel en Tunisie , guide pratique du mécénat culturel à l’usage de tous» . La discussion s’est engagée sur ce point et sur les moyens à mobiliser en remarquant que le mécénat avait toujours existé et que la loi venait donner un cadre légal à une pratique existante. Finalement, l’argent du mécénat, c’est de l’argent public, puisqu’il est distrait du volume des impôts. Dans la loi tunisienne, la totalité des montants des sommes consacrées au mécénat est déductible des revenus imposables: les mécènes peuvent bénéficier d’un abattement fiscal de 100% non plafonné sur l’assiette imposable.

Plaquette sur le mécénat culturel

Mourad Sakli a ajouté: «la loi a été faite pour qu’un petit commerçant puisse aider un jeune de son entourage ou de sa famille, avec une somme de 1000 dinars tunisiens, pour financer l’achat de matériel, par exemple». A ce jour, deux-cents projets ont été labellisées «projets culturels» par la commission ad hoc du ministère de la Culture depuis la promulgation de la loi ce qui les rend éligibles au mécénat.

Les participants ont regretté que la Loi dite du 1% (1% du montant du coût de chaque grand projet public doit être consacrée à une œuvre d’art intégrée au projet) ne soit pas appliquée depuis des années.

Les participants ont également noté qu’une mauvaise interprétation des articles du Code du Patrimoine concernant la protection des œuvres d’art ait abouti à l’impossibilité d’exporter des œuvres d’artistes tunisiens .Ceci ne permet pas de constituer une cote des artistes tunisiens sur le marché international .Les participants ont convenu de continuer la réflexion sur le thème de la médiatisation du mécénat. Le mot de la fin a été donné par Nadia Jelassi : «le mécénat ne doit pas seulement soutenir des projets il doit aussi aider à la production de savoirs».

Aïcha Gorgi a promis que cette table ronde serait la première d’une série sur le thème du financement de la culture.

La vidéo complète de la table ronde est disponible sur le lien suivant :

Publiée par Galerie AGorgi sur Samedi 23 mars 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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«Trans/Mission», la nouvelle exposition de Mohamed Ben Soltane à la galerie AGorgi!

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ÉCRIT PAR Edia Lesage

L'artiste Mohamed Ben Soltane expose depuis le 10 mars 2019 à la galerie AGorgi à Sidi Bou Said. Retour sur cette nouvelle exposition intitulée «Trans/Mission»!

«Transmettre».

Voilà un mot qui, il y a quelques années, était passé de mode. Aux yeux de beaucoup, il sentait bon le conservatisme, la frilosité patrimoniale, en des temps de progrès, de nouveauté, depuis que les années 1970 avaient célébré l’innovation et la rupture avec les générations précédentes.

Mohamed Ben Soltane ne craint pas de reconnaître ses influences, lui qui avait longtemps pensé par sa connaissance de l’histoire de l’Art que «tous les tableaux avaient été peints» et qui tout petit faisait des mosaïques dans l’atelier de son père.

Sa carrière d’artiste commence par la photographie et le classement des signes apposés sur les murs de la ville partant du principe que la vie et la ville étaient une œuvre d’Art. C’est ainsi que son projet d’inscriptions pariétales a été élu meilleur projet pour la Tunisie dans une exposition méditerranéenne qui regroupait dix-sept pays, à Rome en 2006. Une carrière internationale démarre.

Lorsqu’on lui demande un hommage à Abdelaziz Gorgi après son décès, il reconnaît ses filiations multiples et il dit: «rendre hommage à Gorgi c’était aussi rendre hommage à mon Père ainsi qu’à tous les artistes qui ont précédé. On ne peut faire d’Art que dans la continuité». Et il ajoute: «Je leur doit beaucoup».

On a dit de lui qu’il y avait dans ses œuvres l’atmosphère de Gorgi, la couleur de Sahli et le dessin de Mohamed Ben Soltane ». En effet, il a son style bien à lui, nourri de sémantiques diverses et verticales.

Cette exposition illustre le point de vue de l’artiste qui lutte contre l’oubli en proposant des œuvres singulières dans lesquelles nous croyons voir des réminiscences et des clins d’œil.

«Trans/Mission» cherche à montrer que c’est par le biais de la filiation qu’une histoire de l’art se tisse. Ignorer nos anciens, ne pas leur donner les égards et la visibilité qu’ils méritent, voiler leurs œuvres aux regards des jeunes générations c’est annuler toute possibilité d’écrire une histoire de l’art authentique, qui invente son langage pour dire son discours propre ».

Les dessins de Mohamed Ben Soltane. (c)Aïcha Gorgi

Mohamed Ben Soltane participera le 25 avril, à la foire d’Art Contemporain «Art’ Vancouver». Le thème en est: «Relier. Inspirer. Éduquer», ce qui est bien dans sa philosophie.

Plus d’infos sur la galerie AGorgi ICI! 

 

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Trans/missions: la nouvelle exposition de Mohamed Ben Soltane à la galerie AGorgi !

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ÉCRIT PAR Rania Lahmer

À partir du 10 Mars 2019, la galerie AGorgi accueille la nouvelle exposition de l’artiste chercheur Mohamed Ben Soltane, intitulée «Trans/missions». On vous dit plus sur cette expo et sur cet artiste prometteur de la scène artistique contemporaine!

Après avoir obtenu une maitrise en Marketing, l’artiste tunisien Mohamed Ben Soltane a décidé de changer de vocation en poursuivant des études à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Tunis (ISBAT) clôturées par une maitrise en Arts Plastique, un master en sciences et techniques des arts et une thèse de doctorat menée depuis 2007 s’intitulant: «Artistes d’Afrique en Occident: Raisons et Enjeux d’une reconnaissance». Ben Soltane a également intégré l’Unité de Recherche : Pratiques Artistiques Modernes en Tunisie.

Entre volet théorique et volet pratique, l’artiste a réussi à forger un parcours impressionnant et un style artistique singulier, difficile à classer. Le quotidien est sa plus grande inspiration. Il puise son art dans des scènes de tous les jours, qu’il met en valeur et renouvelle avec des jeux d’ombre, de lumière et de textures, et des couleurs fraiches. Il n’hésite pas à explorer de nouveaux modes d’expressions. Son œuvre mêle effectivement dessin, graffiti, vidéo, photographie, installations, bande dessinée et bien d’autres formes et supports de création.

Ses projets artistiques lui ont déjà valu de nombreuses récompenses, tels que le 2ème prix du concours ATB Challenge avec la Bande Dessinée « L’artiste l’immigrant » en 2010 et le 1er prix du concours ATBChallenge (Arts et Culture numériques), organisé par l’Arab Tunisian Bank en 2006.

Mohamed Ben Soltane a participé à de plusieurs expositions à l’étranger (Allemagne, Espagne, Algérie..). À partir du 10 Mars 2019, il débarque à la galerie AGorgi pour une nouvelle exposition qui s’intitule «Trans/missions».

Plus d’infos, ici! 

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Abdelaziz Gorgi: Bientôt une grande expo-hommage!

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ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

À l’occasion des 10 ans de sa disparition, sa fille et galeriste Aïcha Gorgi prépare une belle exposition-hommage au grand peintre Abdelaziz Gorgi dans le cadre de l'événement Talan. Ideo magazine vous en dit plus sur cet événement prévu pour décembre 2018.

L’œuvre de Abdelaziz Gorgi a marquée le patrimoine tunisien à tel point que son travail reste encore fondamental et ce, même 10 ans après sa disparition. Artiste prolixe, il a utilisé de nombreux médiums dont la peinture, la sculpture, la céramique, la mosaïque ou encore la tapisserie. Reconnu à l’échelle nationale et internationale notamment grâce à ses fresques et à ses œuvres reproduites sur des timbres, il a également su marquer ses pairs et influencer les jeunes générations.

//Aïcha Gorgi, une galeriste en quête des œuvres de Abdelaziz Gorgi

Pour l’anniversaire des 10 ans de la disparition de Abdelaziz Gorgi, sa fille, la galeriste Aïcha Gorgi souhaite «commémorer sa mémoire et approcher son œuvre dans la sérénité propre au travail de l’histoire» dans le cadre de l’exposition Talan. Prévue pour décembre 2018, cette exposition-hommage consacrée à l’œuvre multidimensionnelle de l’artiste sera aussi l’occasion d’initier un catalogue raisonné de son travail. Depuis un an, Aïcha Gorgi collecte des informations sur son père et ses œuvres et appelle tout un chacun à participer. Si vous posséder des éléments susceptibles de l’aider, vous pouvez la contacter sur cette adresse mail : archivesgorgi2018@gmail.com

Et si vous voulez en savoir plus sur Abdelaziz Gorgi, c’est par ici.

La page facebook de la galerie AGorgi c’est ici. 

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