Quand Abdelaziz Gorgi décorait les villas « Cacoub » de Skanès!

Quand Abdelaziz Gorgi décorait les villas « Cacoub » de Skanès!

ÉCRIT PAR Rania Lahmer

10 ans depuis la disparition de l’artiste Abdelaziz Gorgi, ses fresques décorent toujours de nombreux édifices publics en Tunisie, notamment les «Villas Cacoub». On vous dit plus sur ces pavillons contigus au Palais estival de Bourguiba à Skanès dont les façades sont ornées par les fresques de l’artiste!

Prolifique et très polyvalent, Abdelaziz Gorgi a marqué l’histoire de l’art en Tunisie par ses multiples œuvres puisant dans différents champs de création. Cet artiste exceptionnel s’est distingué entre autres, par ses fresques monumentales de céramique, dont certaines décorent jusqu’à aujourd’hui des édifices publics tels que bâtiment national de l’Office du Tourisme Tunisien (ONTT), le Palais des congrès de Monastir ou encore les Villas Cacoub qui se trouvent à proximité du Palais d’été de l’ancien président Habib Bourguiba à Skanès, près de Monastir.

Ces 5 villas sont l’œuvre de l’architecte Olivier-Clément Cacoub qui les a conçues dans le style moderne vers le début des années 60. Un style dans lequel s’inscrivent la majorité des édifices conçus pendant cette époque considéré comme la nouvelle ère de reconstruction.

Profitant d’une vue imprenable sur la mer et le paysage verdoyant orné de Palmiers de Monastir, les Villas de Cacoub témoignent des différentes caractéristiques de l’esprit architectural moderniste, à savoir les pilotis, le toit-terrasse et la sobriété des volumes. Cet aspect architectural épuré et neutre de ces édifices est ravivé par les fresques de Abdelaziz Gorgi qui décorent les façades tout en apportant de la couleur et de l’authenticité à ces édifices d’exception.

Actuellement délaissées et menacées de démolition, ces villas Cacoub hébergeaient pourtant autrefois les invités les plus prestigieux du président Bourguiba.

Sources d’informations: Association Edifices et mémoires     

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Abdelaziz Gorgi: Bientôt une grande expo-hommage!

Abdelaziz Gorgi: Bientôt une grande expo-hommage!

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

À l’occasion des 10 ans de sa disparition, sa fille et galeriste Aïcha Gorgi prépare une belle exposition-hommage au grand peintre Abdelaziz Gorgi dans le cadre de l'événement Talan. Ideo magazine vous en dit plus sur cet événement prévu pour décembre 2018.

L’œuvre de Abdelaziz Gorgi a marquée le patrimoine tunisien à tel point que son travail reste encore fondamental et ce, même 10 ans après sa disparition. Artiste prolixe, il a utilisé de nombreux médiums dont la peinture, la sculpture, la céramique, la mosaïque ou encore la tapisserie. Reconnu à l’échelle nationale et internationale notamment grâce à ses fresques et à ses œuvres reproduites sur des timbres, il a également su marquer ses pairs et influencer les jeunes générations.

//Aïcha Gorgi, une galeriste en quête des œuvres de Abdelaziz Gorgi

Pour l’anniversaire des 10 ans de la disparition de Abdelaziz Gorgi, sa fille, la galeriste Aïcha Gorgi souhaite «commémorer sa mémoire et approcher son œuvre dans la sérénité propre au travail de l’histoire» dans le cadre de l’exposition Talan. Prévue pour décembre 2018, cette exposition-hommage consacrée à l’œuvre multidimensionnelle de l’artiste sera aussi l’occasion d’initier un catalogue raisonné de son travail. Depuis un an, Aïcha Gorgi collecte des informations sur son père et ses œuvres et appelle tout un chacun à participer. Si vous posséder des éléments susceptibles de l’aider, vous pouvez la contacter sur cette adresse mail : archivesgorgi2018@gmail.com

Et si vous voulez en savoir plus sur Abdelaziz Gorgi, c’est par ici.

La page facebook de la galerie AGorgi c’est ici. 

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Ammar Farhat, ce grand peintre tunisien qui a cofondé l’École de Tunis

Ammar Farhat, ce grand peintre tunisien qui a cofondé l’École de Tunis

ÉCRIT PAR Inès Ben Azouz

Il y a 80 ans, Ammar Farhat réalisait sa première exposition collective. Depuis, ce grand artiste peintre a marqué le paysage artistique tunisien. Ideo magazine vous raconte son histoire.

Originaire de la vile de Béja où il est né en 1911 et dans laquelle une maison de la culture porte aujourd’hui son nom, Ammar Farhat fut un grand artiste tunisien qui a su laisser un fort héritage culturel.

//Ammar Farhat, naissance d’un peintre

Ammar Farhat a confié à son ami l’écrivain Ezzeddine Madani, « l’année 1935 fut un point de lumière pour moi. J’ai juré de devenir un peintre, pas plus. J’étais perplexe, je sentais en moi des choses étranges que je ne pouvais pas exprimer. J’étais angoissé, perturbé, choqué, je voulais respirer… Finalement, j’ai acheté une caisse de couleurs que je porte toujours avec moi. Je me suis promis d’être à la hauteur de ce métier, respectant l’art toute ma vie. » Savoir que ce peintre autodidacte s’est forgé sa place dans le paysage artistique tunisien grâce à son seul talent force le respect. Car c’est effectivement seul qu’il a appris l’art de la peinture. Passionné de musique, Ammar Farhat a aussi dessiné les portraits des musiciens de son époque comme Abdelhay Helmi. Il s’est également consacré à reproduire le monde rural et les médinas tunisiennes selon son regard empli de couleurs.

//Ammar Farhat et l’École de Tunis

En 1938, lors de sa première exposition collective au Salon de Tunis, il reçoit le 1er prix pour ses œuvres ainsi qu’un voyage à Paris où il s’enrichit culturellement en visitant les musées de la capitale française. Mais il ne s’est pas arrêté là. Avide de découverte et d’inspiration il a parcourut le monde, de Rome à la Suède en passant par la Russie. En 1949, il co-fonda l’École de Tunis, un courant artistique organisé après la seconde guerre mondiale aux côtés d’autres grands noms de la peinture tunisienne comme Abdelaziz Gorgi ou encore Pierre Boucherle. Reconnaissance suprême de son talent, il reçoit en 1983 le Prix National des œuvres plastiques.

De lui, Ezzedine Madani a écrit en 1978: «L’homme était grand, aux épaules larges, aux traits sculptés… Quand il marche, il a l’allure des prolétaires, comme s’il portrait le fardeau du monde. Pour cela, son dos s’est courbé légèrement. Quand il est assis au café avec ses amis, vous le prendriez pour Giacometti. Silencieux, exagérément silencieux, on dirait qu’il tient absolument à ce silence. Sa main monumentale qui a trituré la pâte dans sa prime jeunesse pour confectionner le pain, son poing puissant qui a boxé lors de rencontres sportives (Farhat a fait une petite carrière de boxeur et a été docker au port), aujourd’hui il vous serre la main chaleureusement, avec de brèves paroles, et un léger sourire, et beaucoup de sérénité… Ainsi est l’homme et l’artiste que j’ai côtoyé longtemps».

Si vous souhaitez en apprendre plus sur l’artiste Ammar Farhat, découvrez le film documentaire que lui a consacré le réalisateur Hammadi Essid en cliquant ici.

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