Retour sur l’exposition «L’Être Carré» à la Musk and Amber gallery

Retour sur l’exposition «L’Être Carré» à la Musk and Amber gallery

ÉCRIT PAR Edia Lesage

«Une lune carrée dans un ciel rond s’apprête à renaître dans une mer profonde» (Michela Margherita Sarti, commissaire d’exposition).

Et si nous commencions l’année avec la Musk and Amber Gallery? Ce lieu précieux nous propose, depuis le 14 décembre de l’année dernière une exposition singulière, qui y a passé le jour de l’an.

Cette exposition, préparée depuis mars 2018 et qui réunit «sept filles et un garçon» ou sept fées et un prince charmant dans un château enchanté exigeait des artistes de se contraindre à un format: le carré, à des dimensions précises, ainsi qu’à des encadrements identiques, des baguettes blanches.

Pourquoi le carré? Le carré est inhabituel il est difficile à utiliser, c’est une figure centrée, symétrique dans toutes les directions et à ce titre il attire immanquablement l’œil vers son centre. C’est cet aspect inhabituel et difficile à utiliser qui plaît à Michela Margherita Sarti , qui l’utilise assez fréquemment. Pour l’exposition, Le carré est une référence aux quatre éléments, c’est aussi «un défi que d’arriver à le remplir» dit-elle.

Cette difficulté du format ajoutée à la difficulté du thème imposé, «l’être», sont les deux éléments qui ont assuré l’homogénéité de l’exposition bien qu’elle ait réuni des artistes de style, de facture et de tempérament très différents. C’est aussi le format originel d’instagram , réseau social utilisé par près de deux milliards de personnes ainsi que celui du grand retour du polaroïd .

Amira Mtimet ne s’y est pas trompée avec des œuvres particulièrement riches et graphiques, où le trait et la perspective renvoyaient aux formats et aux thématiques des réseaux sociaux.

Houda Lajili a mis en scène des personnages en situation aux accoutrements chamarrés dans des intérieurs colorés

Nesrine Elamine, avec sa série «naturalia», offre à voir des œuvres qui combinent le trait fin et délié des personnages avec les grisailles graphiques des végétaux, feuilles et fleurs.

Najah Zarbout s’est livrée à un exercice de virtuosité graphique suggérant des cordes enroulées, déroulées, tournant autour du centre du carré, utilisant parfaitement le dispositif.

Héla Lamine propose des monochromes à l’encre noire qui sont construits de la même manière : un portrait réaliste ou non, se détachant sur un fond qui au premier abord apparaît végétal et qui en fait est constitué d’une multitude de personnages en souffrance.

Rania Warda avec ses gravures sur cuir, reprend les motifs indiens des mandalas, tracés circulaires habituellement inscrits dans des carrés, qui sont utilisés comme aide à la méditation par l’hindouisme et le bouddhisme.

Michela Margherita Sarti a choisi de présenter au centre de ses carrés son medium habituel, la princesse poupée, qui est entourée de décors exotiques à la Frida Kahlo à laquelle elle fait référence

Samir Makhlouf est le prince charmant de cette exposition féminine: architecte, peintre, écrivain et poète, il nous plonge dans son univers onirique avec son sourire habituel, délié de toute contrainte terrestre.

Les artistes: Amira Mtimet, Hela Lamine, Houda Ajili, Michela Margherita Sarti, Najah Zarbout, Nesrine Elamine, Rania Werda et Samir Makhlouf.

Commissaire d’exposition : Michela Margherita Sarti

Plus d’infos que la Musk and Amber Gallery ICI!

 

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