Retour sur INTERFERENCE, le festival international d’Arts et de lumière à la Médina de Tunis

Retour sur INTERFERENCE, le festival international d’Arts et de lumière à la Médina de Tunis

ÉCRIT PAR Edia Lesage

On attendait avec impatience la seconde édition d’INTERFERENCE, festival qui, il y a deux ans, avait réussi à attirer pendant des heures un public attentif et conquis dans la Médina de Tunis, classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO mais peu fréquentée par les tunisois. Retour sur ce festival d'Arts et de lumière qui a émerveiller les tunisois le temps de quelques jours!

La première édition de ce festival biennal, dont les directeurs artistiques sont Aymen Gharbi et Bettina Peltz, avait drainé 16 000 visiteurs en quatre jours. Son objectif, qui était de faire redécouvrir les beautés architecturales de la médina de Tunis au travers d’œuvres lumineuses diverses et variées avait donc été atteint.

La seconde édition d’INTERFERENCE, du 6 au 9 septembre 2018, proposait à travers les travaux des artistes invités, d’explorer 40 sites situés dans la médina de Tunis. Elle se voulait plus intimiste, avec moins d’espaces publics et plus d’édifices prestigieux ou méconnus pour héberger des installations. Les visiteurs qui le désiraient pouvaient être pilotés par 200 guides volontaires et bénévoles, sourire aux lèvres ou chercher leurs itinéraires personnels sur une carte google map de la manifestation.Les directeurs artistiques avaient sélectionné près de cinquante artistes dont une dizaine de tunisiens.

La première réussite de ce festival, c’est le monde qu’il a attiré dans cette médina, objet de sacralisation et de répulsion, et aussi l’animation qu’il a crée dans ses rues, ses cafés, ses restaurants, ses ruelles peu empruntées. La médina était redevenue, pendant quatre soirées, un espace fréquentable et culturel.

Parmi les installations qui ont été le plus remarquées, on peut citer celles de Claire Fontaine, modeste écriture rouge sur les cadres oubliés des panneaux électoraux de la rue du Diwan «la dignité avant le pain». Wadi Mhiri et Houda Ghorbal qui ont habité le makhzen de Dar Romdhane Bey avec une installation quasi cultuelle en lumière noire et rouge. Scott Draves qui a recouvert d’un mapping mouvant et sonore le patio de la caserne Morjani. Mounal Jmal Siala qui a investi le patio de Dar Haddad à mi-hauteur avec une installation de fils selon un dessin géométrique conçu à partir de la rotation du carré et tiré peu à peu de l’obscurité par un éclairage gradué. Robert Shochacki qui a transformé l’espace de l’ancien musée lapidaire Sidi Bou Khrissan en jardin exotique rempli d’oiseaux et de rires d’enfants. Enfin, Detlef Hartung et Georg Trenz ont projeté sur la façade de l’hôtel de ville un voile d’images successives dessinant pour finir le drapeau tunisien.

Les installations de ce festival, intimistes ou grandioses, ont été très photographiées par les visiteurs et professionnels, ce qui a fait dire à Hamidedddine Bouali «Ce sont les photographies qui ont donné à INTERFERENCE tous ses sens…apparents, cachés ou interprétés!».

Bien sûr on peut penser à quelques améliorations pour la session prochaine (communication plus précise, repérages plus exacts, google map ne respectant pas toujours l’orthographe conventionnelle des lieux et des rues) mais on peut dire que cette deuxième édition a confirmé les promesses de la première et on attend l’édition 2020 avec impatience.

Plus d’infos sur INTERFERENCE ICI!

Instagram :#interference2018

 

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