« Muslim Punk », la nouvelle exposition de Shadi Alzaqzouq à Paris

« Muslim Punk », la nouvelle exposition de Shadi Alzaqzouq à Paris

ÉCRIT PAR Edia Lesage

La galerie La La Lande a pour vocation d’exposer des œuvres d’art contemporain qui interpellent sur les questions qui traversent notre société. Poursuivant cette ligne, elle présente le travail de l'artiste Shadi Alzaqzouq.

Paris Calling © Stéphane Chatry

Shadi Alzaqzouk est un artiste palestinien au parcours atypique: né à Benghazi, en Libye , de parents enseignants qui s’étaient rencontrés au Caire , il part pour Gaza suite aux accords d’Oslo . En 2006, Il gagne un prix décerné par la fondation « Al Qattan » et le Consulat de France à Jérusalem. Il est invité pour une résidence de six mois à la Cité des Arts à Paris.

Son œuvre « Ligne rouge », 60 cartons exposés sur un mur qui forment eux-mêmes un mur qui rappelle le mur de la Palestine, symbolise les limites à l’intérieur desquelles le peuple palestinien survit , elle décrit aussi le sentiment d’enfermement. Les peintures ont été réalisées à l’intérieur des cartons.

Face au déclenchement de la guerre civile entre le Hamas et le Fatah à Gaza, Shadi Alzaqzouk décide de rester en France. Ses premières années à Paris sont difficiles, il se sent étranger. C’est seulement lorsqu’il s’installe à Saint-Denis qu’il a l’impression de trouver sa place, dans cette banlieue métissée où il est un étranger parmi d’autres. Il ne cesse de travailler et d’exposer en Europe, à Beyrouth, à Dubaï (où il sera censuré en 2007). Il intervient à l’Institut des Sciences Politiques à Paris le 22 mars 2013 en posant les questions relatives à la place de l’artiste « :que signifie être artiste et palestinien? Quelle est la place de l’art et de l’artiste dans la société palestinienne? Quelle liberté de diffusion, d’expression? Quelle censure? »

« Muslim Punk » témoigne du perpétuel « renversement » des œuvres de l’artiste , à cheval sur plusieurs monde, entre le « No Future », l’évocation de la spiritualité, la vie insouciante et légère, de la jeunesse . Paul Ardenne , écrivain et historien de l’art , la qualifie de « contradictoire , sans militantisme, sans revendication mais qui met le doigt sur ce qui constitue le point limite de toute problématique d’intégration, l’obligation de devoir choisir son camp . (…)  » . Faïza Lellou, sa modèle dans « méchant loup » dit:  » Cette simple photo pose des questions universelles, elle nous interroge tous. »

Ses œuvres sont riches de références , telle la photographie, en arrière plan de « read » qui fait penser à un tableau de la Renaissance, prise le 8 avril 2014 lors d’une session du parlement ukrainien par le photographe Valentyn Ogirenko pour Reuters. Elles interpellent sans tomber dans la provocation ni la caricature .

C’est que l’humour, cette « forme d’esprit qui consiste à dégager les aspects plaisants et insolites de la réalité, avec un certain détachement ». la traverse . Le vernissage joyeux , qui ressemblait à une fête , en témoignait.

L’exposition est à découvrir jusqu’au 16 mai 2019 à la galerie La La Lande, du mardi au samedi, de 14:00 à 20:00.27 – May 16, 2019

Plus d’infos ICI! 

 

 

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