L’îlot de Chikly, un patrimoine culturel et environnemental à faire connaître et à préserver

L’îlot de Chikly, un patrimoine culturel et environnemental à faire connaître et à préserver

ÉCRIT PAR Amine Rouissi

Décrété réserve naturelle par le ministère de l’Agriculture en 1993, l'îlot de chikly est le refuge hivernal d'une cinquante espèces animales. Outre cette grande biodiversité et son importance écologique, ce bout de terre témoigne d'une histoire richissime qui renvoie à plusieurs civilisations. Un précieux patrimoine culturel à faire connaître tout en veillant à le préserver des ravages du tourisme de masse.

Connu principalement pour abriter le fort Santiago, l’îlot de Chikly surprend tous ceux qui s’attardent pour explorer les études qui lui sont réservées. En effet, ce bout de terre a tous les atouts d’un trésor historique légué par des civilisations successives et d’une merveille naturelle par sa remarquable biodiversité.

L’îlot de Chikly s’étend sur 3,5 hectares dans la partie nord du lac de Tunis. Il est relié au cordon littoral par une chaussée de 8,5 kilomètres partant du déversoir du lac, entre Le Kram et La Goulette, et orientée est-ouest. Plusieurs mois de fouilles menées depuis l’année 1995 ont révélé des vestiges et mosaïques remontant aux époques punique, byzantine, romaine, espagnole et ottomane.

Fort Espagnol du l’îlot de Chikly – © IssamBarhoumi

Par ailleurs, le fort Santiago est à lui seul le symbole de la succession de plusieurs civilisations sous nos cieux. Se dressant au centre de l’îlot, cette construction fut initialement une citadelle romaine avant d’être le théâtre des travaux commandés par le gouverneur espagnol de La Goulette, Luys Perès de Varga, entre 1546 et 1550. Suite à sa démolition lors de la bataille de Tunis entre ottomans et espagnols, le fort est restauré en 1660 par le dey de Tunis Hadj Mustapha Laz (1653-1665)3 puis transformé en lazaret sous le règne de Hammouda Pacha (1782-1814), pour mettre en quarantaine les voyageurs revenant de pèlerinage.

Après de longues décennies de dégradation depuis 1830, le fort a été restauré, dans le cadre de la coopération tuniso-espagnole par des équipes mixtes. En parallèle, c’est l’ensemble de l’île qui est finalement déclaré patrimoine culturel national en décembre 1993 devenant ainsi une propriété du ministère de la Culture.

Cet emblème de la diversité biologique entre faune et flore, jouit du statut de réserve naturelle par arrêté du ministère de l’Agriculture du 18 décembre 1993. Cinquante-sept espèces hivernent sur le lac, se réfugiant principalement à proximité du fort, les populations les plus importantes étant celles des flamants roses et des aigrettes garzettes, ainsi que de diverses espèces de goélands et de faucons9. De mars à septembre, l’îlot est un sanctuaire ornithologique, du fait de la présence massive d’oiseaux migrateurs.

 

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