« Le XXIème siècle sera-t-il africain? », un regard artistique sur l’Afrique d’aujourd’hui et de demain

« Le XXIème siècle sera-t-il africain? », un regard artistique sur l’Afrique d’aujourd’hui et de demain

ÉCRIT PAR Edia Lesage

A peine revenue de Drouot à la foire de Street Art, où elle présentait quatre artistes, Yosr Ben Ammar a accroché dans sa galerie au golf de Gammarth une exposition originale qui est le résultat d’un appel à candidature lancé durant l’été 2019 sous le titre «le XXIème sera-t-il africain?».

Les artistes étaient invités à présenter des œuvres s’inscrivant dans diverses thématiques africaines: décolonisation, instabilité politique, problème démographique, catastrophe humanitaire, défi de l’éducation, impératif écologique …

Il s’agissait aussi de montrer que l’avenir de l’Afrique se construit par la culture.

Pourquoi cette exposition et pourquoi ce titre? C’est celui d’un article récent que la galeriste a lu dans la revue «Jeune Afrique» sous la plume de Béchir Ben Yahmed, mais c’est aussi une question récurrente. Etant tunisienne et africaine, grande voyageuse, Yosr ben Ammar sait que l’Afrique a un énorme potentiel et cela lui tient à cœur de le montrer. Elle connaît l’Afrique également d’un point de vue artistique, et elle dit: «quand on va dans les foires où il y a des exposants africains, il y a toujours beaucoup d’habileté à contourner les difficultés, comme dans la vie de tous les jours».

Les foires et festivals artistiques sont nombreux, au niveau du continent. Ces manifestations sont anciennes ou nouvelles: Bamako, Dakar, Ouagadougou, Ségou, Marrakech, Rabat, le Caire, Abidjan, Alger … Beaucoup de grands collectionneurs africains, comme le congolais Sindika Dokolo, le sénégalais Oumar Sow ont encouragé les artistes. Le nigérian Yemisi Shyllon construit un musée privé à Lagos, à l’image de Othman Lazraq, fondateur du MACAAL à Marrakech .

«Ce qui m’a frappée» dit la galeriste, c’est que «lorsque j’ai reçu les œuvres des artistes tunisiens, beaucoup ne voyaient pas une Afrique apaisée» ( …) «Alors que l’Afrique est en pleine expansion et a une population dynamique et éduquée. Aujourd’hui, les échanges se font sud -sud. L’Afrique c’est l’avenir».

A l’image de la «houle», de l’artiste Najah Zarbout, toute l’Afrique se débat. De même dans le «camp» de Abdesslem El Felah on voit des enfants et des animaux domestiques qui s’ébattent, heureux, dignes d’une colonie de vacances insérée dans un paysage à la douanier Rousseau.

Abdesslem El Felah
Abdesslem El Felah

D’autres artistes ont pris le parti de l’Afrique éclatée comme celle de Asma Saïdane et Bachir Bacha ou de puiser dans son passé politique, comme l’œuvre de Nabil Saouabi, «boomerang» où la violence des hommes cohabite avec la luxuriance colorée du règne animal. Une Afrique plurielle, personnelle, solaire, terracota, une Afrique à lire de Mohamed Amine Hamouda, une Afrique en plein devenir …démontrant pour citer Roland Barthes que l’«art arrache le monde au hasard».

Nabil Saouabi
Nabil Saouabi

«Le XXI ème siècle sera-t-il africain?», inaugurée par coïncidence le soir de l’inauguration des Journées Cinématographiques de Carthage, est visible juqu’au 14 décembre .

On note que la galeriste Yosr Ben Ammar ouvre le 22 novembre une nouvelle galerie dans le Mall de Sousse. Comme elle le dit, «je ne fais plus de galeries dans les galeries (..) J’essaie de faire en sorte que la culture aille vers les gens, être là où ils sont» .

Ce sera une première exposition dans un mall à Sousse. Au programme: un siècle d’œuvres tunisiennes offertes au regard du public .

Quoi: Le XXIème siècle sera-t-il africain?

Quand: Du 26 octobre au 14 décembre 2019

Où: Galerie Yosr Ben Ammar au golf de Gammarth 

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