Le centre Pompidou consacre la première grande rétrospective à l’artiste avant-gardiste, Dora Maar

Le centre Pompidou consacre la première grande rétrospective à l’artiste avant-gardiste, Dora Maar

ÉCRIT PAR Amine Rouissi

Connue pour être l'une des amantes de Picasso, Dora Maar est surtout une artiste qui a consacré sa vie à la recherche esthétique. En juste reconnaissance à son talent d'artiste, le centre Pompidou lui réserve depuis le 5 Juin une rétrospective jusqu'au 29 juillet. Une aubaine pour replonger dans les traits de son univers!

Si la presse l’associait systématiquement à Picasso en relayant une fable d’une passion destructrice, Dora MAAR a été reconnue au début des années 1930 pour son talent de photographe. Elle fut l’une des rares femmes surréalistes à arracher la reconnaissance de ses contemporains masculins.

De son vrai nom, Henriette Théodora Markovich, elle a profité de l’émancipation féminine après la première guerre mondiale pour suivre des études de photographie. Son engagement politique pour les idées de gauche aidant, elle saisissait des instantanés qui ont suivi la crise financière pour rapporter la misère de la condition humaine.

Portrait Dora Maar

Une trajectoire qui ne l’a pas empêchée de partir à la découverte des méthodes surréalistes où elle expérimentait le hasard objectif. Munie de son appareil, elle errait de cliché en cliché jusqu’à ce que l’image captée produise un sens et un choc. Son travail demeurait inspiré d’une quête continue d’illumination.

Par ailleurs, elle signait en 1936 une des oeuvres emblématiques du mouvement surréaliste : le portrait d’Ubu. Un personnage étrange qui semble flotter dans un liquide sombre. Une image troublante où l’inquiétude côtoyait l’étrangeté et la fantaisie avec intensité.

Sa rencontre et fascination mutuelle avec Picasso a marqué un tournant crucial dans sa vie artistique et personnelle. En reprenant les pinceaux, son oeuvre picturale puise essentiellement dans l’art abstrait. A l’image d’une existence qui bascule dans la dépression, elle dépeignait des paysages avec une palette majoritairement sombre.

Se réfugiant dans la religion, Dora MAAR a privé le public de l’essentiel de ses oeuvres dès le début des années 1960 jusqu’à sa mort. En exposant des centaines de ses réalisations, le centre Pompidou à Paris travaille à corriger cette omission et raviver la mémoire d’une véritable icône du surréalisme.

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