Cacoub: ses 5 projets phares en Tunisie!

Cacoub: ses 5 projets phares en Tunisie!

ÉCRIT PAR Ons Larguech

Né à Tunis le 14 avril 1920, Olivier-Clément Cacoub marquera à jamais par son architecture l’histoire de la Tunisie moderne. Surnommé l’architecte du soleil, il est lauréat du Grand Prix de Rome en 1953. Retour sur ses projets phares en Tunisie!

1//Le palais présidentiel de Carthage 1967, une oeuvre phare de Cacoub

C’est à Carthage, au milieu des ruines de la cité romano-punique, à flanc de la méditerranée que le palais trône. Plus qu’une demeure présidentielle, le palais de Carthage est l’expression physique et architecturale du changement du pouvoir dirigeant. En effet, le terrain abritait, sous le protectorat français, la résidence du secrétaire général du gouvernement. Le palais est donc pensé comme une transformation et une extension de cette ancienne demeure. Les matériaux les plus nobles s’exposent dans un style architectural arabo-andalou; marbres, bois, orfèvreries, le complexe présidentiel se veut à la mesure des ambitions de Bourguiba. La construction s’étalera sur une durée de 9 ans, le bâtiment couvrira une superficie totale de 40 hectares. Ici Cacoub révèle une exubérance décorative puisée dans l’architecture orientale; Stuc sculpté, zelliges multicolores, moucharabieh et plafonds à caissons ouvragés en Muqarnas, le palais célèbre le savoir-faire local. L’architecture des lieux associée au mobilier et aux œuvres d’arts issues des quatre coins du monde confèrent une ambiance éclectique ou les temps et les cultures se croisent.

2//Le Palais présidentiel de Skanès (musée Habib Bourguiba) 1962

 

Le palais présidentiel de Skanès ou palais du marbre a servi jusqu’en 1987 comme résidence estivale pour le président Bourguiba. Il se situe dans le gouvernorat de Monastir, au bord de la mer. Il se compose d’une résidence principale pour le Président et de cinq «pavillons d’ambassadeurs» indépendants. Le bâtiment se révèle à nous comme un objet sculptural au milieu du parc qui l’entoure, à l’entrée, l’attraction majeure des lieux nous accueille : les fontaines musicales. La demeure se caractérise par une forme rectangulaire revêtue de marbre, simple mais imposante. Ici, Cacoub invente une architecture moderne proprement tunisienne; son modernisme puise son essence dans l’architecture arabo-musulmane de la Tunisie. En effet, le monolithe de marbre est percé par un patio en son milieu, la façade principale met en avant un claustra aux motifs revisités et la ferronnerie constitue l’élément décoratif essentiel de la demeure.  Outre Cacoub, plusieurs artistes ont contribué à la décoration du palais dont le plasticien Abdelaziz Gorgi et ses fameux panneaux de décoration en céramique.

3//La cité sportive d’El Menzah 1967

C’est à l’occasion des jeux méditerranéens organisés à Tunis en 1967 que la cité sportive voit le jour. Le projet relève d’une collaboration entre Cacoub et une équipe d’architectes et d’ingénieurs Bulgares dont bulgarproject. Le complexe est inauguré sous les acclamations d’une foule de 40 mille spectateurs: L’occasion parfaite pour la Tunisie de se révéler au monde sous un nouveau visage, celui du pays de l’indépendance et du progrès. Le complexe comporte un stade olympique, une salle couverte (palais des sports) et une piscine olympique. Les trois équipements se donnent en spectacle à travers leurs formes géométriques sculpturales à la fois imposantes et monumentales mais aussi simples et limpides mettant en avant les prouesses techniques du béton.

4//L’Hôtel-tour Africa 1971

Plus haut édifice de la Tunisie jusqu’à l’an 2000, L’Hôtel-tour Africa demeure jusqu’à nos jours un bâtiment emblématique ponctuant le paysage de la capitale. Située en plein centre-ville, sur l’avenue Habib Bourguiba, la structure de béton et d’acier a été pensée comme un point de repère majeur de la ville. C’est l’expression d’une Tunisie prospére et moderne. Dépourvu de toute ornementation, l’ensemble se compose de deux corps de bâtiments distincts: Une base de 5 étages en béton armé et une tour réalisée en charpente métallique et en murs rideaux : Des matériaux et des techniques à la pointe de la technologie de l’époque. Questionné sur cet édifice Cacoub répond: ’’ elle a bien marqué les époques, comme les églises gothiques ont marqué à chaque fois leur époque, comme les places royales ont marqué leur époque, eh bien cette tour a marqué son époque sans dépareiller.’’

5//Le mausolée de Bourguiba à Monastir 1963

Le mausolée se situe à Monastir, ville natale de Bourguiba, dans le cimetière de Sidi El Mézeri à côté du mausolée dédié au sein du même nom. Édifié pour abriter sa sépulture et pourtant construit de son vivant, Bourguiba le voulait glorieux voir divin afin de perpétuer le souvenir de son action. En réponse à cette requête, Cacoub imagine un monument construit dans un style architectural purement arabo-musulman. Pour y parvenir, il faut d’abord longer une allée longue de 200 mètres et large de 30 mètres; De loin, le mausolée se révèle déjà à nous, imposant de par ses minarets de 25 mètres de haut et son dôme doré luisant sous le soleil du Sahel. À l’intérieur comme à l’extérieur, le décor est opulent, chargé en marbre, stuc, céramique et bois sculpté, l’art et l’artisanat tunisiens y règnent en maitre.

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