Jellel Gasteli, l’abstraction de la photographie

Jellel Gasteli, l’abstraction de la photographie

ÉCRIT PAR Khadija Hamdi Soussi

Né à Tunis en 1958, Jellel Gasteli est diplômé de l'École nationale de la photographie d'Arles. Il a vécu à Paris une vingtaine d’année, jusque récemment. Portrait de cet artiste considéré comme l'un des plus importants photographes du monde arabe.

À son retour au pays natal, Jellel Gasteli a porté un regard particulier à l’architecture et en particulier à celles des mosquées de Djerba et aux murs, qu’il dit, vouloir capter leur simplicité jusqu’à les réduire à des formes purement abstraites. C’est de là, qu’est née sa célèbre «série Blanche», qui donnent à voir des photos en grand format et en tirage argentique. Leurs multiples combinaisons géométriques tendent vers l’abstraction, au point qu’il devient difficile de distinguer le lieu capté ou le point du départ de l’artiste. Nous sommes face à une sérénité minimaliste et un dépouillement qui alterne entre l’ombre et la lumière, la droite et la courbe. Cette célèbre série a fait l’objet d’une exposition personnelle de Gasteli à Paris à l’Institut du Monde Arabe et fait aujourd’hui partie de la collection permanente du Guggenheim New York ainsi que plusieurs autres institutions prestigieuses.

La quête des murs mène l’artiste au Maroc où il décide de donner un écho photographique aux carnets de textes inédits du grand écrivain Abdelwaheb Meddeb, décédé à Paris en 2014. Ainsi, les déambulations de Gasteli sur les pas de Meddeb dans les ruelles de Marrakech et de Tanger, ont abouti à la série de photos «Les carnets de Marrakech et de Tanger, les photographies de Jellel Gasteli en hommage à Abdelwaheb Meddeb» dans laquelle le photographe a su mettre en lumière la fulgurance de l’émotion et la précision du trait de l’écrivain. Cette série a été montrée en mai dernier à l’Institut Français de Tunis et plus récemment dans le cadre de la biennale des photographes du monde arabe contemporain à Paris.

Les œuvres de Gasteli font partie de collections publiques, comme le Fonds National d’Art contemporain (Paris), l’Institut du Monde arabe (Paris), la Maison européenne de la Photographie (Paris), le Museum Kunst Palast (Düsseldorf),  la Sindika Dokolo Collection (Luanda) et le Ministère tunisien de la culture (Tunis)

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