Gabès, une ville en pleine effervescence artistique

Gabès, une ville en pleine effervescence artistique

ÉCRIT PAR Edia Lesage

L’image de marque de Gabès, autrefois celle d’une oasis maritime riche de son agriculture et de sa pêche, s’est fortement détériorée au cours des dernières décennies, à cause des rejets de ses activités industrielles (traitement des phosphates et cimenterie), au point de devenir synonyme de ville sinistrée par la pollution.

Dans ce contexte dégradé, le festival de cinéma de Gabès, le «Gabès Cinéma Fen» a, du 12 au 18 avril 2019, constitué une sorte «d’arrêt sur image». Cet évènement avait pour propos  de «mettre les cinémas arabes d’auteurs au centre d’une programmation de qualité, intégrant les cinémas d’auteurs du monde, ainsi qu’une série d’expositions d’arts visuels en rapport étroit avec l’univers du cinéma». Il comportait donc un vrai festival de cinéma, (directrice du festival : Fatma Chérif) avec son tapis rouge, ses vedettes internationales, ses films en compétition, ses rétrospectives et ses courts métrages (au total une cinquantaine de films d’auteurs dans trois salles dont l’ex siège du RCD magnifiquement reconverti en palais du cinéma sous le nom de l’Agora). Il comportait aussi des projections de films à El Hamma, à Matmata et à Mareth.

Il comportait également –et c’est son originalité – un ensemble de manifestations d’arts visuels (directeur artistique Malek Gnaoui) en lien avec l’univers du cinéma: vidéos sur les écrans de télévision de trois cafés du centre ville, sur un écran de plein air à l’Agora; exposition de peintures de Nabil Saouabi (mises en valeur dans un cadre magnifique : la partie incendiée de l’Agora), performance dansée au Casino («Curtains» de Amel Ben Attia avec Asmahan Tlig et Haythem Achour) et présentation de vidéos de neuf artistes dans neuf containers blancs déposés sur la corniche de Kazma comme s’ils avaient toujours fait partie du site (commissaire Amel Ben Attia) .

Il comportait encore un concert de musique de Farzit à la place Jara, une exposition /débat à l’ISAM (Institut Supérieur des Arts et Métiers) des meilleures photos des étudiants réalisées durant l’atelier de photographie instantanée (Polaroïd) organisé en décembre 2018 (direction Hichem Driss) et une conférence débat sur la médiation culturelle à l’Agora (Paul Ardenne). L’instigateur de la partie « fen », arts visuels, du festival est « la Boîte_ un lieu d’art contemporain », l’espace dédié depuis 2007 à la création contemporaine par le groupe Kilani qui organise régulièrement des expositions et des performances dans ses murs , «hors les murs» ou «hors Tunis».

Exposition des photographies des étudiants de l’ISAM Gabès

Avec le Gabès Cinéma Fen, le groupe Kilani faisait un cadeau somptueux à sa ville natale. Il montrait, une fois encore que le mécénat privé peut proposer des évènements culturels de très grande qualité, lorsque les moyens matériels et humains sont réunis et suppléer très efficacement l’effort des institutions publiques.

Pendant une semaine, Gabès la mal aimée était revenue au cœur de la Tunisie. On ne peut que souhaiter que ce festival de cinéma et des arts visuels se pérennise et consacre Gabès dans son nouveau rôle de cité de l’image.

Si vous désirez avoir un aperçu du contenu et des artistes qui ont participé au GCF Art Shows  cliquez ICI!

Plus d’infos ICI!

À découvrir aussi